‹ Le groupe de Médan:Chapitre 13 sur 57 · I. 17 décembre · texte numérisé non relu

I. 17 décembre

seigner n'avait pas changé depuis le moment où l'un de ses amis l'avait montré habile" à tirer de ceux qui l'entourent la notion des choses qu'il ignore.

Cette notion, il la reproduisait souvent telle quelle xians ses livres, car les renseignements qu'il recevait lui étaient surtout agréables lorsqu'ils se trouvaient être « dans le sens où il les désirait ».

Le D"" Cabanes, voulant rendre hommage à sa bonne foi, n'a pu que constater : « Il n'a jamais trompé personne sans être sa propre dupe^ »

« En effet, il n'était pas assez savant pour être sceptique », observe M. Henri Massis ^. Cela explique comment il fut amené à se retrancher (c'est sa propre expression) derrière Letourneau, Darwin et Claude Bernard 5. Et nous avons vu, dans la superbe thèse du D*" Henri Martineau, que son souci de paraître savant nuit plus qu'il n'ajoute à son exactitude 4.

C'est ainsi que la combustion spontanée d'Antoine Macquart, le vieil ivrogne qui brûle à côté de sa pipe et dont il ne reste à peine qu'un petit tas de cendres fines, est, d'après M. Martineau (page 167) un stratagème discrédité. Au cours du procès de la comtesse de' Goerlitz, en 1850, des expériences scientifiques démontrèrent que le corps humain contenant 75 i 80 pour 100 d'eau ne pouvait ni s'enflammer spontanément, ni brûler sans combustible. La réfutation scientifique de M. Martineau s'appuie sur les constatations faites par les experts au cours de ce procès et

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