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Rappelons que Maupassant, Henni que et Huysmans s étaient

rencontrés à la République des Lettres de Mendès. Et c'est chez Zola qu'ils avaient fait connaissance de Céard et de Paul Ale»s.

Dbffoux et Zavie. 5

Quand il eut terminé Boule-de-Suif, d'un élan spontané, avec une émotion dont ils gardèrent la mémoire, enthousiasmés par cette révélation, tous se levèrent et le saluèrent en maître ' .

Aussi bien, suivant le témoignage de M. Henry Céard, « Maupassant ne s'était point fait exceptionnellement remarquer, ni au journal F Ordre ( dirigé par Dugué de la Fauconnerie ), ni au Journal officiel où il rédigeait de temps en temps quelques comptes rendus de livres ».

a L'idée ne nous venait pas qu'il pût avoir un jour du talent », déclara Zola, le jour des obsèques. Même aveu chez Jules Lemaître. Le critique de la Revue bleue se reprocha même, au cours d'une conférence, d'avoir « connu Maupassant pendant plusieurs années sans avoir l'idée de lire une ligne de lui » .

Et Alphonse Daudet écrivait : « Si ce gars normand à la forte encolure, au teint fleuri de gros cidre, m'eût consulté, comme tant d'autres, sur le bien de sa vocation, je lui aurais répondu sans hésiter : n'écrivez pas ^. »

Revenant au Maupassant personnage de roman, il faudrait bien tenter ici d'esquisser un peu son caractère, ses façons d'être.

Contradictions des témoignages! Paul Alexis le voit « hardi, exubérant » ; Zola le montre « muet, réservé » ; « beaucoup de politesse, aucune expansion », dit M. Pol Neveux : « gai, bon garçon, con-

1. Henry Céard, Événement, lo juillet 1893. Notes. La vraie Boule de suif,

2. Guy de Maupassant (Bibliothèque des écoles, Henri Gautier, édit.).

GUY DE MAUPASSANT ROMANCrER DE SOI-MÊME 67

teur d'hktoires cocasses », affirme J.-K. Huysmans '.

« Jamais Maupassant ne travaillait devant le inonde », nous dit un jour Amédée Boyer ; « il n'était nullement gêné par la présence d'une ou de plusieurs personnes dans son cabinet », écrit M. de Porto-Riche.

Il n'y aurait donc lieu de retenir, comme trait de caractère se rapportant aux réunions de la rue Clauzel, que l'anecdote suivante sur laquelle tous les témoignages concordent. Mais, au fait, est-ce bien'un trait de caractère?...

Le 17 de la rue Clauzel était une maison habitée en grande partie par des filles. Il n'y avait guère que Maupassant comme locataire d'apparence sérieuse-

Lorsque, le vendredi très régulièrement, les cinq camarades se trouvaient danS le petit appartement, il arriva plusieurs fois que Maupassant, à la fin de la soirée, feisaît entrer chez lui quelques-unes de ses voisines, retour de leur travail.

Maupassant se plaisait alors à provoquer chez lui certain état qui, même pour l'adulte le mieux constitué, ne peut se répéter à volonté et au sujet de quoi un maître du xvi* siècle se plaignait de ne disposer que d'une « capacité rare et incertaine », — Maupassant ne connaissait ni cette rareté, ni cette incertitude. Malheureusement il ne les connut jamais*. D'où son mépris pour les défaillances de son ami, M.E..,:

« Il a quarante ans, il est fort comme un abatteur

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