Voir Événement, 28 novembre
HENRV CÈARD, PESSIMISTE RÉSIGNÉ
és sur une plage bretonne, autour des gués locales, cinquante-neuf personnages, un perroquet composent un raccourci de : ses tares, ses héroïsmes et ses faiblesses. lenus chercher, en ce coin d'Armor, le Slalbar et la cantatrice M"" Trénissan ?
sion nouvelle. Ou plutôt, ils sont venus irer laborieusement la désillusion qui ; les imaginatife, lorsqu'ils ont l'imprunfroater l'œuvre d'art avec la pensée qu et les espoirs surhumains qu'elle suscita.
î plus, le rêve s'écroule à l'épreuve des
iteuse a voulu incarner Yseult : elle lème pas son propre idéal, elle se sent i sa volonté, plus basse que son rêve.
r, a essayé de ne pas demeurer, comme n simple bourgeois. Mais son talent ne le es fetigues et des écœurements et il finit travailler que par devoir, sentant chaque aidûment les défauts de la besogne entre-
i de la misère Je leurs individus, ils sans grand amour. Et c'est, vécue en comifinie désillusion, à laquelle le respect reliart conduit les intelligences sincères qui, nt d'une manière désintéressée, ne lui ni loyer d'honneur, ni gain de renommée nt -innocemment de lui la satisfaction l'esprit. Rendu plus exigeant pour lui- 'exalte seulement pour se mieux convain- [àiblesse et se torturer davantage de son se contenter jamab ».
Son infiimité à se contenter jamais. Voilà le « motif » de cette incertitude éternelle qui, pareille à celle de Flaubert, n'attend plus rien des hommes ni des Dieux. De ce roman se dégage l'atmosphère de résignation et de tristesse humoristique qui, chez M. Céard, semble inséparable des instants les plus heureux. Livre aussi dépouillé d'artifices littéraires que Bouvard et Pécuchet et ne comportant ni thèse, ni moralité, c'est uniquement par la Représentation fidèle des caractères ef du cadre qu'il s'impose.
Littérateur exceptionnel, M. Henry Céard accumula assez de sujets, d'intrigues, de n copie » pour alimenter toute une vie de nouvelliste prospère dans ce volume, écrivait M. Paul Reboux'. Et l'aspect seul de ce livre (775 pages) découragera les profanes, c'est-à-dire ceux auxquels les écrivains sont redevables des tirages impor tauts et des grands succès.
Il faut bien croire que les profanes sont nombreux, car le tirage de Terrains à vendre ne put même pas atteindre, jusqu'ici, le troisième mille d'Une belle journée. Mais l'auteur est patient; ce n'est pas un homme de vingt-quatre heures.
M. Henry Céard le reconnaît lui-même de la meilleure grâce du monde : « Des livres de désenchantement spéculatif, des romans sans la moindre intrigue apparente, n'ont aucune chance de succès. Malheureusement, poursuit-il en souriant, il n'y a que ceux-là qui m'amusent à écrire! Je continue