‹ Le groupe de Médan:Chapitre 26 sur 57 · A THÉODORE DE BANVILLE · texte numérisé non relu

A THÉODORE DE BANVILLE

POUR l'envoi d'un livre en vers de sa façon

Je me croyais aux antipodes De votre pensée, et voici Pourtant que je reçois vos odes, Car vous daignez prendre souci Du naturaliste endurci Séduit par tout érysipéle.

Devinant que parfois aussi Je vais où la rime m'appelle.

J'aime après Todeur des iodes

De l'hôpital et du moisi

Les délicates périodes

Et le charme du mot choisi.

Non ! je n'ai jamais rétréci

L'Art à ma petite chapelle ;

A l'occasion, comme ici,

Je vais où la rime m'appelle. *

Méprisant les rythmes commodes Et la strophe lâche, coucicouça, j'ai suivi les méthodes De Taïeul Villon. Tant pis si J'ai plus peiné que réussi ; Mais on remuerait à la pelle Le papier par mes vers noirci !

Je vais où la rime m'appelle.

ià^\

HENRY cèARD, PESSIMISTE RÉSIGNÉ

Envûi.

C'est Henry Céard, de Bercy, Maître du métier qu'il épêle.

Qui vous dit humblement : Merci.

— Je vais où la rime m'appelle ',

:y Céard a été élu le 29 avril 1918 à l'Acancourt en remplacement de M""' Judith ar 6 voix contre 3 à Georges Courteline.

is logique- Ne fut-il point un certain temps ■s du Grenier d'Auteuil ? N'a-t-il pas pré&cé lu plus jeune des deux frères en 1885 ? Et, premier testament d'Edmond de Concourt ît-il pas exécuteur testamentaire, conjoin- :c Aphonse Daudet ?

ladresse d'un reportage éloigna Céard de i'Auteuil n, peut-on lire dans les Notes sur Uphonse Daudet. Oui, mais n'y aurait-il :hose encore ?

vril 1882, Raymond Deslandes, directeur ille, refusait l'adaptation, feite parM. Henry Renée Mauperin. Par la suite, 'Deslandes it et semblait vouloir risquer la repréi condition que la pièce aurajt un dénoue- ■eux et que Renée ne mourrait pas, mais Henry Denoisel.

d en référait de cette décision à Concourt:

;ptait, ou presque, la fin proposée. M. Céard

DS les notes un sonnet en vers de quatorze syllabes eures de Guerre, du même auteur.

cependant résistait ; des modifications nouvelles étaient apportées au texte, on essayait d'autres dénouements qui^ successivement, étaient écartés; finalement, la pièce ayant été refaite ainsi sept fois sur les indications de Concourt, la pauvre Renée Mauperin, un peu fatiguée, montait trois ans plus tard sur la scène de TOdéon (direction Porel, débuts de M"« Cerny).

Ici se place une histoire de vasque qui a son importance. Edmond de Concourt voulait, dans un décor approprié, une vasque avec de Teau pour baigner les yeux de M""* Bourjot; les romanciers ont de ces idées lorsqu'ils se transportent à la scène.

Cette vasque, M. Porel la refusait et l'adaptateur n'était pas loin d'approuver M. Porel. On fit donc croire à Concourt au cours des répétitions qu'il aurait sa vasque, puis on la supprima pour la « première ». D'où, grande fureur de Concourt, qui attribua la chute de Renée Mauperin à cet incident, tout simplement.

On retrouvera cette anecdote, à la date du 20 novembre 1886, dans le Journal des Concourt déposé à la Bibliothèque nationale.

D'autre part, M. Raymond Poincaré, alors qu'il défendait, en qualité d'avocat, la fondation Concourt contre les héritiers naturels, a parlé des « surprises d'une collaboration suivie d'une touchante réconciliation devant le monument Flaubert, à Rouen ». Que les curieux de la petite histoire littéraire suivent cette piste à partir de l'année 1886 et de la chute de Renée Mauperin à l'Odéon.

.'.. Edmond de Concourt ne se demanda pas si la frêle jeune fille avait été faite pour le théâtre. Il maudit le malheureux qui avait exposé Renée Mauperin à cette chute et

Henry Céard fut rayé de la liste et de la confiance blessée du maître ' .

Céard continua à se montrer extrêmement déférent pour l'auteur de La Faustin dans les maisons où il le rencontra. Il accepta de prononcer un discours au banquet du 28 février 1895, mais ne reprit jamais le chemin de la maison d'Auteuil. Il y rentra seulement en 1896, dix'ans plus tard, le jour des obsèques.

sr ♦

De tous les écrivains naturalistes qui approchèrent Gustave Flaubert et qui tous, plus ou moins, subirent Tinfluence du maître de Croisset, Guy de Maupassant et M. Henry Céard furent certes les admirateurs les plus ardents.

On sait quelle affection Flaubert accordait à Maupassant qui considérait son maître comme un père d'élection. La reconnaissance émue que, par affinité, M. Henry Céard a vouée à. l'auteur de rÉducation sentimentale est peut-être moins connue. Et pourtant, il suffit de parcourir l'œuvre de M. Céard pour relever les traces de cette filiation.

A Paris, entre ses voyages, il (le D»* Laguépie de Terrains à vendre) avait fréquenté chez Técrivain (Gustave Flaubert) quand, les dimanches d'été, le demi-jour des persiennes fermées égalisant tous les visiteurs, réunissait les débutants et les maîtres dans une intimité d'art accueillante et cordiale... Laguépie s'enorgueillissait de connaître par cœur toutes les oeuvres du romancier et du

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