‹ Le groupe de Médan:Chapitre 32 sur 57 · Lettre inédite · texte numérisé non relu

Lettre inédite

z. Phrase soulignée dans la lettre d'Alexis,

l68 PAUL ALEXIS, l'ombre d'ÉMILE toLA

physique ; ceci est aussi nécessaire que cela. Tout se tient dans mon œuvre, se répond et une chose découle des autres. Tant pis, ou tant mieux y si des sots se scandalisent : ils sont légion... Puissie^-vous dire vrai ! Dans tous les cas, mon œuvre est ce qu'elle est : je la veux ainsi. Couper cette scène, ça déflorerait tout, comme si vous enle^ie^^ le gros numéro qui termine l'Éducation Sentimentale. Non, mon cher : au nom de Flaubert, à qui M™^ Meuriot est dédiée, je vous jure que j* ai raison et qu*il vous donnerait tort...

Voire...

Mais que dit cette scène ?

Elle montre le jeune Gustave, précoce, de goût perverti et ressemblant « à celui qui n'ayant jamais bu que des vins frelatés ferait le dégoûté devant un cru naturel ». Devant les exigences de Gustave, M""* Meuriot reste d'abord étonnée : « Son mari en. seize ans de mariage ne lui en a jamais autant demandé. Cependant, avec des répugnances, elle consentit à essayer ».

Suivent les dix lignes qui désolaient l'éditeur.

Après cjuoi M""* Meuriot, se détournant, le visage dans son mouchoir, se sauve dans le cabinet de toilette.

Il est bien vrai qu'il n'y a là aucune audace de mots; mais Alexis allait peut-être un peu loin lorsqu'il jugeait cette scène aussi nécessaire à son livre que la visite chez la Turque dans VÉducation sentimentale. L'utilité en est contestable et vraiment « ce n'est pas là ce qu'il a eu de meilleur... »

En somme, un homme tourmenté d'une tendresse

PAUL ALEXIS, l'ombre d'ÉMILE ZC

autant charnelle que cérébrale, un optim chanté qui poursuit, à coups de passade; sentimental et qui vit surtout pour la ri sa satisiàction.

Mais dès qu'une nouvelle déconvenue h calmé pour un temps, à sa table de trava mieux que personne la vanité de cette encore qu'un peu déprimé par cet abattem logique qu'amène la satiété,, il réussissait ment à faire la part des instincts et des dans le drame humain de tous les jours.

Ses romans, aussi bien que son théâtre velles, ne sont souvent que l'étude des successives d'un personnage. Ses livres se < rarement sur les questions d'argent, sur U matérielles de la vie, choses qu'il traite et comme en passant, mais plutôt sur spontanées, ces passions en feu de gestes involontaires qui, devançant tou ment, bouleversant toute logique, font naî tudes, provoquent le drame, révèlent à fo:

tère.

Ce réaliste, ce conteur fentaisiste sen ■ avoir prévu les théories scientifiques M. Théodule Ribot sur les rapports des des sentiments. D'autre part, son grand de montrer, comme le conseille Henry actions des hommes, leurs motifs d'action.

Hennique a pu dire justement : a Paul I s'en douter, était surtout un stendhalien

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