I . Notes. La première édition des Soirées
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Je ne désire que la tranquillité et une modeste aisance. Mais c'est un rêve, je ne vois devant moi que luttes.
J'ignore de quel côté soufflera l'ouragan, mais je sens comme une tempête sur ma léte.,.
Emile Zola {Lettres à Césanne 1860).
Avant d'entrer dans le cabinet de travail du directeur, le typographe frappa à la porte, attendit un instant et, comme personne ne répondait, il entra, étala sur la table, placée au milieu de la pièce, une morasse et une affiche jaune, puis il referma la porte du bureau et regagna son imprimerie.
Ce bureau, ils ''l'ont bien connu tous ceux qui, entre 1898 et 1900, fréquentèrent le journal V Aurore. C'était, au troisième étage, une grande pièce éclairée par trois fenêtres, à l'angle de la rue Montmartre et de la rue du Croissant. On y entendait tout l'aprèsmidi le cri des camelots. Sur un panneau, juste en face de la table du directeur, M. Ernest Vaughan, se trouvait la grande composition d'Eugène Carrière, une femme à l'aspect de fantôme qui se dégage d'un horizon rougeoyant. Pour tout ameublement, la table directoriale, un fauteuil américain et six chaises. Sur le parquet, près de la porte, la collection reliée du journal.
■là, M. Ernest Vaughan arriva avec quel- . Il avait été retenu au Palais jusqu'à près res pour arrêter les premières dispositions 1 procès qui allait s'engager le mois suivant. ue, la veille, — 21 janvier 1898 — , ; gérant responsable du journal, avait reçu,
Zola, auteur de Tarticle publié le 13 du is sous le titre : J'accuse, une assignation i la charge de l'an et de l'autre, les passages
contenant « l'imputation de faits «ie nature tteinte à l'honneur du gouvernement mili- 'aris », délit de diffamation prévu par les
et 60 du Code pénal.
lit promis de répondre à cette assignation.
s avaient été donnés à l'imprimerie pour ticle — qui devait compléter le sensationnel ~ fût composé sans retard en même temps he destinée à l'annoncer. Aussi, dès son ns même prendre le temps de retirer sa
de poser son haut de forme, M. Ernest ■egarda-t-il sur la table la morasse et l'afEche pf^raphe y avait posées en son absence.
uite il eut un sursaut devant ce texte :