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Lettre à Antony Valabrègue, 8 janvier

îiicontre avec M. de Villemessant devait feire

isque en effet de ne rien comprendre au véri- .ractère d'Emile Zola — ou tout au moins à irtie du caractère que chacun de nous tient sèment cachée et qui ne se révèle, à notre insu, de soudaines manifestations, — si l'on néglige ice décisive que prit, sur le romancier, M. H. emessant, directeur de ÏÉvimnwnt, puis du C'est à l'école de cet étonnant maître du jourqui enseignait que l'on doit chaque jour r le public par quelque chose d'inattendu, la prit conscience de lui-même.

e Villemessant, qui venait de reprendre VÊvéexposait dans ce journal, à la date du ji i86é, ce qu'il entendait réaliser; son pro- ; n'était pas dénué d'une certaine force grandie qui devait &ire impression sur Zola, alors tt dans le journalisme et tout heureux d'être, aagnie de Vallès, de SchoU, de WoîfF, de Méry, 3orateur de Villemessant.

le je veun faire, disait celui-ci, est une besc^ne de ;'est le travail d'Argus double de Briarée, il y faut IX et cent bras. Cent yeux pour tout voir et cent ir tenir la plume et siéoographier ce que les cent

ce même article, Villemessant présentait Emile un des cent bras, à ses lecteurs :

nque à VËvénemeiil, pour être aussi complet que

son genre le comporte, le département de la critique li ' raire... Le compte rendu des livres jouit, à tort ou à son d'un renom de fastidiosité... J'espère que les habit de l'Événement n'auront rien à craindre de semblable, me suis adjoint, pour ce travail, un jeune écrivain i versé dans tous les détails de la librairie, homme d'es| et d'imagination et dont les livres, rares encore mais exi lents, ont fait sensation dans ia presse ; nommer M, Eu

Zola, ce n'est point révéler un inconnu à nos lecteur Mon plan, concerté de plein accord avec mon nouv rédacteur, est une nouveauté... Guetter ie livre à sa s tie et même avant, si c'est possible, l'apprécier impar lement, succinaement, maïs avec le développement q mérite ; en détacher, s'il y a lieu, un fragment, une pa un alinéa, ainsi que nous agissons pour une scène de médie, un couplet, un bon mot ou un lazzi de vau ville ; se tenir au courant des nouvelles spéciales — b être le chroniqueur amusant de la bibliographie (que gros mot ne vous fasse pas peur), — voilà le rôle M. Emile Zola. Simon nouveau ténor réussit, tant mie s'il échoue, rien de plus simple : lui-même m'anno qu'en ce cas-là, il résiliera son engagement et je raie emploi de mon répertoire. J'ai dit.

Le « nouveau ténor b débuta le lendemain, i" févr: Pour sa rubrique, Les livres d'aujourd'hui et

demain, il demande la permission d'écrire vingt lig

de préface.

J'ai mission de donner au jour le jour aux lecteurs l'Événement les nouvelles littéraires, j'ai mission de 1 avant tout le inonde, - les quelques cent mille pages s'impriment, chaque mois, à Paris et de parier de toi les publications avant même qu'elles ne paraissent aux lages des libraires*. Il est de toute nécessité que les lecU de l'Événement n'aient pas à attendre les comptes ren Deffou:! et ZiviE. 3

ands journaux et qu'ils sachent la veille quels !s ils doivent acheter le lendemain... je suis tcrrîit indiscret et j'écoute aux portes, j'ai la ferme în de dire tout ce que je saurais et j'invite les qui auront quelque chose à cacher i ne pas parler moi. Et, maintenant, qu'il me soit beaucoup parparce que je lirai beaucoup de sottes choses, je ne pondre de l'égalité de mon humeur.

s ce premier article, Emile Zola parle du Voyage ie de Taine , « ouvrage hors ligne », dit-il coirime première indiscrétion, il annonce les de l'auteur, ses futurs voyages, ses travaux sur ice politique et littéraire de demain.

oyage en Italie, ainsi que la plupart des ouvrages le, était édité chez Hachette et c'est dans cette où il avait été employé quelque temps, que lit naturellement allé chercher la documentation premier article bibliographique, février r866, Zola s'explique de nouveau sur ntions ; il ne craint pas d'insister ; il s'affirme mme celui qui devait cherciier à étonner son et, en même temps, à lui plaire ; ntends faire ma petite besogne sur la volonté et le seul bon plaisir du public, écrit-il. Puisque is chargé d'un travail ingrat, dit-on, je désire ne travail qu'autant que les lecteurs y trouveront agrément. Si je ne craignais de me poser en mou petit pied, je prierais les abonnés de VÈvénevoter, le 28 février, pour mon maintien au trône mon abdication et je me conformerais aux volon- :rutm.

diriger cette rubrique, tout d'abord quoti- Émile Zola sut. mettre à profit ce qu'il avait

appris chez Hachette, les secrets de la librairie, la manière de lancer un livre, de faire monter le tirage ; il s'était créé des relations dans le monde des éditeurs et cela lui permettait d'obtenir communication de leurs' nouveautés. Villemessant, satisfait de son rédacteur, lui confia la critique des Salons. En souvenir de son aaijtobiographique Confession de Claude, publiée Tannée précédente, Zola signa Claude cette série d'articles qui comprMid la défense de Manet et dont le retentissement dépassa jusqu'aux prévisions de 'M. de Villemessant.

Le ténor avait réussi. Le romancier allait naître.

La grande notoriété ne devait lui venir que plus tard, après une courte incursion dans la politique ^ aux côtés de Glais-Bizoin (déc. 1870). Néanmoins, comme il le dit par la suite à Edmond de Concourt :

Jamais il n'avait été si heureux que dans ce temps, si misérable qu'il était; il n'avait pas douté, un instant de ses succès futurs. Il se glissait dans sa cervelle de débutant littéraire la pensée de la conquête de Paris ».

Zola romancier, critique ou auteur dramatique, se révèle sous ce même aspect dans les préfaces, lettres ou manifestes qu'il écrivit depuis la publication de la Confession de Claude jusqu'au troisième évangile : Vérité et au recueil d'articles : La Vérité en marche.

Un jour, dit-il, dans la préface de La Confession de Claude, j'ai songé enfin que notre âge a besoin de leçons.

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