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et prend de la Formocarbine, thérapeutique qui n'amène aucune amélioration.
Le lendemain, les douleurs se précisent; elles siègent :
l° À Ja partie supérieure des grands droits: douleur constante, sans paroxysmes, à type de courbatures, n'empêchant pas le sommeil ; exacerbée par le toux, le rire et la pression, elle s'atténue au contraire quand le malade se penche en avant en relâchant ses muscles.
2° Partie sous-costale des obliques: douleur plus profonde, avec des « élancements », constante mais avec des paroxysmes à gauche où elle remonte à un travers de main sur le thorax.
Le 25-1-53 apparaît une autre douleur dans les masses musculaires paravertébrales, s'étendant sur 30 cm. environ et présentant son maximum à hauteur du milieu des omoplates.
Le lendemain, seule la douleur entre les omoplates persiste, mais violente au point de réveiller le patient la nuit. Elle persistera deux jours encore puis disparaîtra progressivement.
Pendant cet épisode d'une dizaine de jours, le malade a présenté de la température, des céphalées, de l'asthénic et de l'anorexie qui a entraîné un amaigrissement notable.
Dans les selles prélevées le 30-1-53, un virus présentant toutes les caractéristiques des virus C. fut isolé. Le sérum du malade prélevé le même jour, montra la présence d'anticorps
fixant le complément en présence de l'antigène groupe À, typenl.
B.. Claude, 21 ans, matelot sans spécialité.
Le malade se présente à la visite le 2-10-1952 avec une température de 37°8 et se plaignant de myalgies du trapèze, du deltoïde antérieur, du biceps et du pectoral gauches. L'examen ne révèle d'autre signe qu'une douleur de ces masses musculaires à la pression.
Ces douleurs persisteront environ une semaine, ne s'accompagnant d'aucune atteinte de l'état général hormis un léger fébricule.
Les selles prélevées le 2-10-52 montreront la présence d'un virus C.
Un échantillon de sang recueilli le 2-10-52 ainsi qu'un deuxiè-
me le 5-12-52 furent testés le même jour en présence des trois
sl
añtigènes À, types 1, 2 et 3. Alors que le premier sérum était entièrement négatif, le deuxième montra des anticorps du type 3 à un taux élevé.
Un cas de myalgie des membres inférieurs, observé à l'Hôpital Maritime Sainte-Anne de Toulon, nous a été transmis par M. le Professeur PENNANE'ACH, à qui nous voudrions exprimer ici notre profonde gratitude :
J.. Yves, 23 ans, matelot infirmier.
Ce malade est entré dans le service des contagieux le 5-3-52, avec le diagnostic de « Syndrome douloureux des membres inférieurs ». Le 1-3, le malade présente une angine érythémateuse et une température de 38°. Le 4-3, au cours de son travail, installation progressive d'une myalgie des membres inférieurs, accompagnée de douleurs lombaires et de céphalées.
À l'entrée dans le service, le sujet se plaint de douleurs dans les masses postérieures des deux cuisses et précise qu'il ne s’agit nullement de douleurs à type de crampes, calmées par le repos. À l'examen, on note une rougeur diffuse du pharynx, de l'herpès péri-labial et sur le pavillon de l'oreille gauche ; la pression des masses musculaires du mollet réveille une vive douleur. Pas de troubles moteurs ni trophiques, pas de douleurs articulaires, pas d'hyperesthésie cutanée. Les réflexes sont conservés, l'état général est bon, la température de 37°7, le pouls à 90.
L'examen des différents appareils ne révèle rien d'anormal. Examens complémentaires :
— Vitesse de sédimentation, 42 mm.
— Glycémie, 1,07 gr.
— Pas de glucose dans les urines.
— Ponction lombaire: Liquide clair, 1,8 éléments par mm, Alb. 0,27, CI. 7,14, Glucose 0,74.
— Hémogramme : Hématies, 5.220.000. Leucocytes, 12.400 (83 % de polynucléaires neutrophiles).
La température, du 8 au 15 mars restera en dessous de 37°. Le 11-3-572, le malade ne souffre plus et marche sans difficulté. Un électro-diagnostic pratiqué le 18-3, ne montrera aucun signe de R.D. des membres inférieurs. Il faut noter qu'il ny a pas eu de myalgies épidémiques signalées dans la région.
Re AR NES
Un seul échantillon de sang fut prélevé le 10-3-52 et montra un fort pouvoir neutralisant pour la souche À, type 1, ainsi que des anticorps fixant le complément à un taux élevé en pré-
sence de l'antigène À, type 1.
Nous devons à l'obligeance du Docteur G. DESSE, un grand nombre d'observations, parmi lesquelles nous n'avons choisi que quelques cas présentant un intérêt notable, du fait des parti-
cularités cliniques ou de la qualité des examens pratiqués.
Voyons d’abord, trois cas inédits où une biopsie musculaire a
pu être exécutée :
P... Hervé, employé à l'hôpital de Douarnenez.
En mars 1952, et après avoir ressenti des douleurs sourdes de la fesse gauche depuis quelque temps, le sujet présente des douleurs violentes siégeant dans les masses musculaires lombaires et s'étendant à la fesse et au quadriceps gauches ainsi qu'à la loge antéro-externe de la jambe. Ce sont des douleurs atroces, empêchant tout mouvement, « Jamais je n'ai souffert ainsi », prétend le malade. Elles s'accompagnent d'une hyperesthésie considérable, le moindre contact provoquant des contractures, à un point tel qu'il fallut endormir le patient pour pratiquer une ponction lombaire. Bientôt apparaît une amyotrophie considérable de la fesse gauche, qui persistera ainsi que les douleurs, pendant plusieurs mois. Quand nous avons vu ce malade en août 1952, il présentait encore une chute du pli fessier et se plaignait d'une faiblesse générale de son membre inférieur gauche. Ses réflexes sont toujours demeurés normaux et il n'a jamais présenté de signe de Lassègue.
Examens complémentaires :
Une ponction lombaire pratiquée le 29 avril 1952, montra un liquide clair avec 1,6 éléments par mm, mais 0,66 gr. d'albumine. Une deuxième, le 1°" mai, présenta 2,2 éléments par mm*, Alb. 0,30, CI. 7,21 et glucose 0,64.
Un examen électrique ne montra aucune réaction de dégénérescence.
Les selles et le sang du malade furent prélevés le 21 mars en même temps qu'était pratiquée une biopsie musculaire. Ce muscle, ainsi que des extraits de selles, inoculés à des souriceaux, révélè-