II. — Le qui dans la science botanique
On peut affirmer que les mystères de la naissance du gui sur les arbres, ainsi que l’existence de sa plus belle parure. au moment de la plus mauvaise saison de l’année, époque à laquelle toutes les autres plantes donnent l'impression de la mort, ont toujours aiguillonné «le désir de savoir » du botaniste.
Dans son Encyclopédie sur l’ensemble des faits et récits qui relatent toutes les connaissances humaines des nations de l'Antiquité classique sur l’histoire naturelle, Caius Plinus Secundus informe ses lecteurs que lon peut comparer le gui au lierre, et il ajoute : « Il faut penser que le gui n'est pas le fruit d’un arbre, mais plutôt une des plantes les plus merveilleuses indépendamment de ses fruits; car 11 faut savoir qu'il y a certaines plantes qui ne naissent pas dans la terre, mais seulement sur les arbres et qui, n'ayant point d'habitation propre, se logent chez autrui; le gui est de ce nombre. »
Puis, après avoir fait l'énumération des plantes parasites
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et de leurs habitats, le grand naturaliste continue en ces termes : «Mais, pour en revenir au gui, il en existe trois sortes : celui qui croît sur l’abies et le larix et qui est appelé stelis dans l’île d'Eubée; celui que les Arcadiens appellent Hyphear, et le qui proprement dit, qui croît sur le quercus le rouvre, le prunier. sauvage et le térébinthe...; celui qu'on appelle adasphear croît abondamment sur le quereus. » Il fait ensuite allusion aux propriétés purgatives du gui, ainsi qu'à son emploi pour l’engraissement des bestiaux. Nous voyons par là que les paysans des Vosges ont été largement devancés.
Le botaniste herbaliste anglais John Parkinson a résumé dans quelques-unes des pages de son Theatrum Botanicum l’état où se trouvait l’ensemble des connaissances scientifiques sur le gui aux environs de l’an 1640, année où parut son ouvrage. L'’extrait qui va suivre peut, en toute vérité, intéresser la curiosité de certains lecteurs, car l’auteur y indique les différentes appellations attribuées au gui dans le langage de la plupart des nations : «Il est nommé 1ë% par Dioscoride, ainsi que la glu qui en est extraite, et £ux par Theophraste; en latin, Viscus ou Viscum:; en Ara:bie, Debach, Dabuch et Hale; en Italie, Vischio; en Espagne, Mordago; en France, Guy; en Germanie, Mistel, Eichenmistel et Vogellium; en Allemagne, Marentacken, et nous, en Angleterre, Misselto. »
Depuis, bien des traités de botanique ont vu le jour, et, à l'heure actuelle, tous les auteurs sont d'accord pour classer le gui parmi les Lorenthacées. Le genre Viscum album (ou gui blanc) serait bien, comme l’avaient remarqué les anciens auteurs, une des rares espèces que l’on rencontre dans nos pays européens. Et nous verrons qu'on a cherché à expliquer plus scientifiquement que ne le faisaient les anciens botanistes ‘les différences que l’on a pu constater entre les diverses variétés de ce parasite.
Cette boule de gui, gracieuse par sa forme, ses branches et ses feuilles fragiles, dont pas mal de paquets jonchent les