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toutes les applications thérapeutiques que l’on fit du gui jusqu’à cette époque. Il rapporte qu'il l’expérimenta au cours de l'épidémie de coqueluche qui sévit à Boulogne en 1855; après en avoir obtenu quelques bons résultats dans les premiers jours de l’application chez certains malades, il a constaté que, même à doses fortes (jusqu’à 6 grammes de poudre trois fois par jour), le médicament n’agissait plus. Mais il fait bien remarquer qu'il était en présence de complications d’affections catarrhales fébriles permanentes et que, dans ces conditions, le demi-insuccès qu'il obtint ne pouvait en rien diminuer l'importance d’autres faits qui subsistaient en faveur de l'emploi du gui dans cette névrose, dit l’auteur.
En 1874, dans le British Medical Journal, Dixon signale un cas d’empoisonnement par le gui; le sujet qui en fut la victime avait sa sensibilité notablement diminuée et était comme en état d'ivresse, avec des hallucinations. Son pouls était bondissant, sa respiration stertoreuse, ses pupilles dilatées et fixes.
Dans les New-Preparations de 1878, Long considère le gui comme un abortif très puissant et supérieur à l’ergot de seigle. Il compare d’ailleurs l’action de ces deux médicaments. Sous l'influence du gui, les contractions utérines sont intermittentes et nee au travail physiologique; au contraire, le seigle ergoté amène des contractions utérines avec exacerbations. Et il ajoute : « Le gui est tellement préférable à l’ergot au point de vue de la promptitude et de la sûreté de son action que je l’ai employé exclusivement pendant onze ans. » Il conseille également l’emploi du gui contre certaines ménorragies, les hémorragies post partum et les hémoptysies. C’est vers la même époque que Payne l'utilise dans plusieurs cas d'inertie utérine. Parmi les 11 cas où il l’a essayé et qu'il rapporte dans un article du Medical Neros, de Louisville, nous relevons : 4 cas d'insuffisance de contractions utérines: 4 cas de métrorragies; À épistaxis et 3 hémoptysies chez des tuberculeux. we
Dans un article du Practitionner de 1881, le Docteur Park
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cite un district des mines de la forêt de Dean où il utilisa, avec plein succès, une teinture de gui préparée par lui contre certaines affections cardiaques. [1 va même jusqu'à le proposer comme un excellent succédané de la digitale.
Dujardin-Beaumetz, en 1885, signale dans son Dictionnaire de thérapeutique qu’on n’emplôie plus guère que l’écorce de oui pulvérisée. Après avoir indiqué les principales indications de son emploi, il se demande quel est le mode d'action de ce médicament; premier souci, semble-t-il, de connaître quel est ou quels sont les principes actifs de la plante.
En 1893, le Docteur Howard cite, dans le Medical News de Philadelphie, 2 cas où le gui se montra comme un ocytocique merveilleux.
Nous voyons donc que, au cours du xix° siècle, des vertus thérapeutiques nouvelles furent reconnues au gui; mais, dès lors, les auteurs commencent à avoir le souci de connaître par quoi et comment il agit et de l’expérimenter tant chez l’homme que chez l’animal.
Dès 1901, dans un article du Journal des praticiens, le Docteur Deguy note les bons effets qu’il a obtenus de l'emploi du gui dans l’albuminurie.
Mais si, au cours des siècles, le gui fut tour à tour prôné et délaissé par les médecins, les empiriques,’ eux, le conservèrent toujours parmi « leurs remèdes ». C’est ainsi que Lesson constate que le gui pris en infusion est très en honneur dans la Saintonge : « Les paysans le recueillent soigneusement. Tous les jours cette herbe est employée dans les affections les plus graves, souvent même de préférence au traitement du médecin. J’ai vu prescrire le gui dans des cas d’empoisonnement et pour combattre l’hydropisie, ainsi que diverses affections chroniques. »
Sensiblement, à la même époque, un vieux manuscrit inédit fut publié dans un numéro du Journal des débats de mai 1908. On y voit le gui faisant partie d’une mixture bizarre bien connue sous le nom « d’eau d’hirondelle composée ». Voici quel en était le mode de préparation : « Il faut
prendre vingt hirondelles de la première nichée (les petites comme les grosses sont bonnes), que vous partagez toutes vives par-dessus le dos; une poignée de mélisse citronnée, une chopine de vin blanc; deax onces ‘de crâne humain, non inhumé, mais d’un homme mort de mort violente ou subite: une once de gui de chêne. On passe le tout par l’alambic et vous en tirez de l’eau dont le malade prendra une cuillère à jeun les quatre derniers jours de chaque lune. » La composition de cette mixture présente quelque analogie avec celle de la poudre antiépileptique de Guttele : mélange de pivoine, de dictame, de gui, d’arroche, de corail rouge, d'hyacinthe, d’ongle d’élan, de crâne humain, de muse et de feuilles d’or. On administrait cette poudre à la dose de 10 centigrammes à 2 grammes. Ainsi voyons-nous que la superstition est loin d'être éteinte, même à notre siècle; aussi devons-nous y penser avant de nous moquer des croyances de nos ancêtres les Gaulois.
C’est tout à fait par hasard que le Docteur René Gaultier, au cours d’un voyage en Sologne, observe tout le bien que l’on pouvait tirer de l’emploi d’une drogue qu’une « commère » distribuait dans cette région pour le traitement des hémorragies des tuberculeux. Ayant observé la réussite de cette thérapeutique dans un cas où tout traitement ordinaire avait échoué, il décide de l’expérimenter. Apprenant que le gui était à la base de cette mixture, il décida de l’expérimenter lui-même. C’est ce qu'il fit dans le service du Professeur Dieulafoy. En même temps, il étudia, au Laboratoire de physiologie de la Faculté, l’action du gui chez l’animal.
C’est de cette époque que datent tous les principaux travaux — vraiment scientifiques s’entend — sur le gui, aussi bien en France qu'à l’étranger. ù
Nous arrêtons ici cet historique thérapeutique, réservant pour les chapitres suivants la description des expériences, tant physiologiques que cliniques, faites, sur l’homme et l'animal, avec l'extrait et les diverses préparations de gui,
Lacosre. 3