‹ Le Gui Dans L'Histoire Et La ThérapeutiqueChapitre 31 sur 44 · KOLO · texte numérisé non relu

KOLO

Mr

IT, — Préparations employées et posologie.

On a utilisé, pour le traitement, le gui de chêne, de peuplier, de pommier ou de robinier. Le gui de chêne ne paraît pas posséder de propriétés particulières, en dehors de sa rareté sur cet arbre. ; |

Nous avons vu que les Anciens employaient surtout le bois de gui. Depuis ie début de notre siècle, on a commencé par employer la poudre de gui et les différents extraits.

La poudre de qui : c’est une poudre obtenue par le broiement des feuilles et des jeunes tiges de la plante; on l’emploie en cachets ou en pilules, à la dose de 1 g. à 1 g. 50.

Les extraits divers furent, sans contredit, les formes sous lesquelles le gui fut le plus employé. Les extraits sont « le produit de l’évaporation, jusqu'à un degré déterminé, d’une solution obtenue en traitant une substance végétale par un véhicule vaporisable, tel que l’eau, l'alcool, l’éther » (Codex).

Pour le gui, on a fabriqué soit des extraits aqueux : extraits de sucs végétaux des anciens Codex; soit des extraits alcooliques, fluides, mous ou fermes; soit des extraits éthérés.

Ces extraits peuvent ensuite être administrés, soit en pilules, soit sous forme liquide : solutions-sirops, pris par gouttes ou par cuillerées. La forme pilulaire fut d’abord la plus employée. Les premiers expérimentateurs fabriquèrent euxmêmes des pilules dosées à 9 g. 04 ou 0 g. 05; mais, depuis l'apparition de la « guipsine », tous les auteurs s’adressèrent à cette excellente spécialité. La dose d'extrait prescrite sous forme de pilules dosées à 5 centigrammes a varié, suivant les auteurs, de 3 à 25 pilules. Actuellement, on prescrit également l’extrait de gui sous forme de sirop.

Mais on n'a pas tardé d'associer le gui avec d’autres agents hypotenseurs :

soit d’origine végétale : ail, crataegus; soit de nature chimique; soit d’origine glandulaire,

EE obtenant ainsi des complexes hypotenseurs

phyto-thérapiques; phyto-chimiques; phyto-opothérapiques.

Aux extraits de gui dont nous venons de parler, on peui associer le groupe important des extraits non officinaux qui semblent avoir suscité le plus de recherches depuis quelque temps. Nous trouvons dans ce groupe :

Les Energétènes, nouvelles préparations galéniques, « sortes de sucs végétaux frais, préparés spécialement à l’abri de l'air, sous l’action de la chaleur, par l’action de dissolvants neutres appropriés (pas l’alcool), de façon à assurer leur conservation indéfinie » (Byla). Byla a préparé un grand nombre d'énergétènes et, en particulier, celui de gui.

— les {ntrails, appelés ainsi par Boulanger-Dausse. Ce sont des extraits physiologiques végétaux, c'est-à-dire « des extraits dans lesquels les diastases, ayant été détruites dès le début, n'ont pu produire de modifications dans le végétal; le complexe est, pour ainsi dire, surpris, stabilisé, conservé tel quel » (Perrot et Goris).

Is diffèrent des extraits ordinaires, en ce que leur origine est une poudre végétale de composition semblable à celle de la plante fraîche; en ce qu'ils sont obtenus entièrement à froid; en ce qu'ils sont débarrassés de produits inutiles et représentent, inaltéré, le complexe primitif soluble dans l’eau. qui existait dans la plante vivante.

Quelle est la valeur thérapeutique d’une telle forme pharmaceutique ? Pour l'intrait de gui (Dausse), l’expérimentation clinique de Laubry, d’une part, et de O‘Hare et Lymann V. Hoyt, d'autre part, semblent démontrer que l’action des intraits est plus faible que celle des extraits.

— les Dialysés, obtenus par diffusion au travers de membranes semi-perméables de nature végétale ou animale. Seuls, les corps solubles dans l’eau peuvent dialyser; il n° a donc, dans les dialyses, que des substances directement

assimilables par notre organisme. Le Professeur Golaz a mis au point une technique spéciale de préparation, utilisée pour la fabrication du « Viscum Zyma », qui a servi, en particulier, aux essais cliniques de J. Tobler; nous l’avons utilisé chez quatre de nos malades. Il est intéressant de signaler que toutes les parties de la plante : feuilles, tiges, baies, en. trent dans la composition de cette préparation spéciale.

Nous, pouvons également citer la macéralion où l’infusion de gui dans du vin blanc. La dose de plante fraîche est de 40 grammes pour 1 litre de vin blanc; on prescrit 100 à 150 grammes par jour de cette préparation.

Nous avons, enfin, les solutions physiologiques injectables variables suivant les auteurs et contenant entre O0 8. 05 et 5 g. 20 de principe actif par centimètre cube, dont on pratique une ou deux piqûres par jour. On peut s'adresser à la voie sous-cutanée ou intramusculaire. Laubry est le seul, semble-t-il, à avoir pratiqué des injections intraveineuses d'intrait Dausse. Actuellemént, rien ne s’opposerait à l’utilisation de cetté voie, puisque, d’après les dernières constatations de Niccolini, le principe hypotenseur résisterait à la stérilisation à l’autoclave.

Les doses de principe actif administrées sous les différentes formes que nous venons d'examiner correspondent à des valeurs allant de 0 g. 45 à 1 g. 25 de plante fraiche.

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