LE GUIDAGE PAR SENSATION TACTILE
Ce mode de guidage utilise également les propriétés magnétiques de certains corps étrangers. La méthode consiste à mobiliser plus ou moins énergiquément le projectile grâce à un champ magnétique extérieur produit au moyen d’un électro-aimant puissant. La mobilisation du projectile peut produire deux effets : provoquer une sensation plus ou moins douloureuse ressentie par le blessé, une déformation tégumentaire, une poussée ou une sensalion de trémulation que perçoit le chirurgien explorant la région soumise au champ magnétique. Deux
méthodes donnent ces résultats.
La méthode de l’électro-aimant. — On utilise ici un gros électro-aimant allongé, puissant, analogue à ceux employés en ophtalmologie, par exemple, et monté de préférence sur un support articulé. L’électro-aimant est ici excité par du courant ‘continu, |
Au cours de lapplication pratique deux phénomènes peuvent alors survenir comme nous l'avons vu : un élément subjectif, la douleur plus ou moins vive : un autre élément objectif: un soulèvement des
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téguments palpable ou visible (ce dernier phénomène ne serait d’ailleurs perçu que pour une profondeur de l’éclat inférieure à 4-5 centimètres( Albert Weil). Ce soulèvement, visible parfois à jour frisant seulement, peut aller jusqu’à une élévation conique accentuée et revêt des formes différentes tenant à la profondeur du projectile, à sa forme, son volume, le genre de tissu où ilest inclus (Léorat). En général,soulèvement en cône pour un corps souscutané, en mamelon s’il'est intra-musculaire (Rollet).
Ajoutons que ces résultats ne son! pas les seuls qu'ilsoit possible d'obtenir, car l’électro-aimant peut servir simultanément au guidage et à l'extraction, méthode particulièrement intéressante lorsqu'il s’agit d'intervention pour extraire des projectiles intra-cérébraux suivant la technique de A. L. Rocher.
L'électro-vibreur de Bergonié. — Ici on utilise également un puissant électro-aimant, mais alimenté, cette fois, par un courant alternatif ; dans ces conditions un corps magnétique situé dans le rayon d'action de l'instrument entre en vibration sur place.
L’électro-aimant cylindrique, allongé, est maintenu en son milieu par un étrier attaché à un support tel que tous les déplacements et toutes les orientations peuvent être données à l'axe magnétique et, cela, sans efforts considérables, grâce à-un contrepoids équilibrant les parties mobiles. Un coupe-circuit bipolaire à rupture brusque et un
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amperemètre apériodique forment petit tableau sur , le support mural de l’instrument.
La source électrique alternative provient d’un secteur où d’une permutatrice fournissant du courant à 110 ou 220 volts efficaces avec un débit minimum de 30 ampères.
L’exploration du blessé se fait en approchant aussi près que possible, mais sans contact, le noyau de léléctro de la région que l’on désire explorer ; lorsque le courant passe et qu’il existe un projectile magnétique, la trémulation qu’il éprouve est perçue par la palpation légère ou profonde au niveau du pôle de la bobine ; c’est là une première indication de repérage que l’on peut obtenir plus ou moins précise, mais qui devient tout à fait précieuse pour guider le chirurgien au cours même de l'extraction : en explorant au doigt la plaie opératoire débarrassée de tout instrument magnétique (bistouri, pince, etc) il perçoit, lors de l'excitation de l’électro-aimant, une -vibration émanée d’un endroit où est situé l'éclat
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qu’il recherche : la bonne direction est ainsi donnée autant de fois qu ‘il est utile, ;
Ajoutons qu'il n’est pas nécessairé d’user de courant alternatif pour exciter l’électro-vibreur, du cou-. rant continu interrompu peut convenir (Bergonié). Cette utilisation du courant continu interrompu au moyen d'uninterrupteur de radiographie est d’ailleurs signalée comme très avantageuse, donnant plus de sensibilité au guidage el pouvant même mettre en évidence du plomb (Perreau).
L’électro-vibreur n'est pas d’ailieurs le seul type d'appareil de son genre, un autre modèle dû à Picquet et Egal vise le même but tout en étant plus léger et consommant moins de courant électrique.
La méthode vibrante, bien particulière, comme on le voit, est une méthode expéditive ettrès commode, renseignant sur la situation du projectile avant même qu’on ne soit à son contact immédiat, la sensibilité est d’ailleurs grande, mais elle est aussi fonction de la taille du métal étranger, de son incrustation plus ou moins lâche, surtout de sa profondeur qui limite le champ d'action de l’électro-aimant (sensibilité décroissant en fonction du carré de la distance). Si bien qu'il n’est pas possible d'atteindre tous les projectiles.
Mais il existe cependant un autre inconvénient très grand : seuls ou à peu près, les corps magnétiques (ler, acier, fonte, nickel) peuvent relever de ce genre de guidage ; à côté de ce fait il faut aussi signaler la nécessité d'écarter de la plaie, au moment de l'exploration, tous les instruments magnétiques, ce qui peut constituer parfois un ennui, à moins d'utiliser des objeis de cuivre ou établis avec des aciers spéeiaux à grande résistivité électrique et insensibles à l’électro-vibreur (Bergonié).