‹ Le guidage pour l'extraction des projectiles: Contribution à l'étude de quelques instruments utilisés pendant la guerre de 1914-1916Chapitre 9 sur 33 · PLANCHE I · texte numérisé non relu

PLANCHE I

Compas de Massiot

Réglage terminé

Se . $ RS. Ce Re

sur l'arc, l’inclinaison du compas se font au gré du chirurgien pour amener l'index au point d’attaque qu'il décide. |

Orientations de lPindex

Cet instrument simple a des avantages appréciables : encombrement assez faible et poids réduit ; mais surtout il est précieux opératoirement, car il laisse perticulièrement grande latitude pour la voie d’abord à choisir, s'adaptant facilement aux exigences anatomiques de cheminement en permettant des tra-

jets parfois très éloignés de la plus courte distance géométrique. Mais nous lui reconnaitrons aussi quelques inconvénients : l'assemblage de certaines pièces fait par soudure à létain ne permettant pas un. flambage prolongé pour la stérilisation ; le prolongement extérieur des deux tiges-repère sur une même ‘ligne : elles dépassent latéralemenl le champ opéra- * toire assez loin parfois, buttent contre le plan de la table d’opération, exigent dans certaines conditions une orientation inhabituelle du blessé, enfin cer-

La

taines applications sont incommodes à la racine de la cuisse notamment, |

Néanmoins ce compas est, en général, facile à employer, vite réglé, il a rendu de très bons services ; personnellement nous avons eu l’occasion de l’utiliser à de nombreuses reprises à l’entière satisfaction des chirurgiens pour qui nous l’avons réglé ; sur une centaine de guidages nous‘n’avons eu aucun échec,

et, parmi les plus difficiles extractions, nous citerons les suivantes :

ke Schrapnell intra-tibial localisé dans l'extrémité inférieure de l'os en son centre, entrée de la balle par la face externe du membre, fracturant le péroné. Extraction par la face interne de l’épiphyse avec trépanation profonde de 2 centimètres.

II. Balle allemande de fusil entrée par le creux poplité, localisée sous le plateau tibial interne : extraction par trépanation de la face postéro interne de l'os.

III. Éclat d'obus de la grosseur d’un haricot inerusté dans la lame vertébrale gauche de la troisième dorsale, extraction sans tâtonnement. (Ces trois extractions faites par le D' Lerat de Nantes.)

IV. Trois éclats de grenade de la grosseur d'une lentille entrés par la face supérieure de l’épaule droite, éche-

lonnés de hauten bas entre l’omoplate et la cage thora-

cique, abordés par le creux axillaire, guidage direct

sans fausse route. (Extraction par le D: Piet, de Denain.) V. Petit éclat (grain maïs) profondément situé dans la racine

de la cuisse gauche (7 em. de profondeur), extraction

LA

remarquablement rapide, l’éélat est trouvé presque instantanément à l'extrémité de l’index.

VL. Petit éclat du coude droit (grain de millet) situé derrière la cupule radiale, extra-articulaire (chez un sujet infecté à gros œdème du coude); l'extraction, tentée d’abord sans guidage, échoue, On applique immédiatement le compas qui indique une bonne direction suivie ; mais avec profondeur insuffisante (il s’en faut de 3 millim.), on trouve aussitôt le métal.

VII. Balle de shrapnell située au-devant de la symphyse sacro-iliaque droite (1 em. 5 en avant) (localisation géométrique d’une part, par méthode stéréoscopique d'autre part). Tentative d'extraction par voie sous-péritonéale latérale : l'index dons sur la balle, mais cette dernière, très adhérente, est laissée en place pour cause de difliculté anatomique avec hémorragie inquiétante.

VIII. Grain de blé métallique situé dans l’espace intercondylien du fémur gauche, au contact de l'os ; extraction immédiate au fond du creux poplité.

IX. Balle de mitrailleuse localisée dans le flanc gauche du corps de la D ur (localisation par’: 1° méthode radiosco-: pique géométrique ; 2° déplacement d'images radiographiques et fils croisés ; 3° stéréo-radiographie). Voie d’abord : postéro-latérale gauche avec résection costale, la balle trouvée mi-incrustée dans l'os au bout de l'index (ces guidages faits avec le D' Morisetti, de Paris).

Terminons enfin en disant que le procédé de repérage et réglage du compas indiqué par son constructeur, se faisant par méthode radiographique

longue, peut être très avantageusement remplacé par

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