CONVENTIONS ENTRE DIEU ET L’AME
Après la sainte Communion ou après le saint sacrifice de la Messe.
1. En m'’éveillant au matin, et disant Gloria Patri, et T'ilio, Spiritui sancto, mon intention est d'offrir pour salut à la très-sainte Trinité tout l'honneur et le respect que lui rendent les saints à leur entrée dans le ciel, et toute la gloire que toutes les créatures lui rendront à jamais, me réjouissant intimement du beau jour de son éternité.
II. Au temps de mon repos, mon désir est de m'’unir à l’état des bienheureux, qui se reposant sans cesse dans la contemplation de la divine beauté, l’aiment sans interruption et sans fin. Je désire encore prendre part aux louanges que lui chantent les familles religieuses durant la nuit, et je les lui offre comme si elles partaient de mon cœur et de ma bouche.
IL. Quand je ferai le signe de la croix, mon désir est de renouveler ma créance sur tous les mystères de la foi, de mettre en fuite tous les esprits de ténèbres, de renoncer à toutes leurs tentations, et de prendre pour ma défense les armes de Jésus-Christ crucifié, pour me préserver de tout péché.
IV. Quand je frapperai ma poitrine en disant le Confteor, je prétends vous offrir tout l’océan d’amertume où votre Fils s'abima dans le jardin des Olives, toutes les douleurs de sa bienheureuse mère au pied de la croix, toutes les larmes des plus saints pénitents, et d’enfoncer dans mon cœur l'épée de douleur qui a percé leur âme et qui en a fait mourir quelques-uns, désirant comme eux d’être martyr de la pénitence.
V. Quand je me confesserai de mes péchés, je souhaite que mon âme se plonge dans le sang de Jésus-Christ, que le prix de ses souffrances et de sa mort me soit appliqué, que je meure totalement à mes défauts, et que l’abîme des miséricordes divines se déborde sur moi pour les noyer.
VI. Quand j'assisterai à la messe, mon intention est d’offrir à Dieu le sacrifice de son Fils, autant de fois qu’il lui a été offert et qu’il le sera jusqu'à la fin du monde.
VII. Quand je m’approcherai de la sainte table, ma prétention est en m'’unissant à mon Dieu, d’imiter le plus parfaitement qu'il se peut l’union de la personne du Verbe avec notre humanité, celle de la bienheureuse Vierge avec son Fils, lorsqu'elle le conçut dans son sein, et enfin celle des bienheureux dans le ciel, afin de l'aimer et de le glorifier autant qu’il est possible.
YHL. Quand je ferai ma lecture spirituelle, ou que j'entendrai la parole de Dieu, mon désir est de présenter à mon Dieu la vie de Jésus-Christ et celle des martyrs avec la mienne, pour soutenir les vérités de la foi, pour éteindre les hérésies et pour étendre la religion et le culle divin par toute la terre,
IX. Toutes les fois que je baïserai les plaies du crucifix, je désire m'offrie en victime à son amour, prêt à lui sacrifier autant de vies, si je les avais, qu’il y aura jamais d'hommes et d’anges dans le ciel et sur la terre.
X. Toutes les fois que je regarderai quelque image de Jésus-Christ et des saints, je prétends m'unir au regard dont ils contemplent la divine essence et à l'amour qu’ils lui portent, comme si j'avais leur œil, leur cœur et leur amour. Et de plus, je les prie d'imprimer en mon âme leur portrait, qui me serve à chasser les fantômes des créatures qui me pourraient porter au péché.
XI. Quand je prendrai de l’eau bénite en entrant dans l'Église, mon désir est d'accompagner la bienheureuse Vierge sur le Calvaire, pour y être arrosé du sang qui découle des plaies de Jésus-Christ.
XII. Quand je converserai avec le prochain, je désire, ô mon Sauveur, imiter votre sainte conversation et celle de la sainte Vierge et de saint Joseph, afin que je répande partout le baume de votre sainteté et de votre bon exemple.
XUL. Quand j'irai aux champs prendre quelque honnête divertissement, je désire entrer en esprit dans le paradis, et y recréer mon cœur des mêmes délices qu'ont ressenties les saints qui y ont été ravis durant leur vie.
XIV. Quand j'entendrai quelque blasphème ou que le nom du péché frappera mon cœur, je désire convertir, s’il élait possible, en amour de Dieu toute la haine des réprouvés, tous leurs blasphèmes en louanges et tout l’enfer en paradis.
XV. Ma vie se passant en respirations et aspirations, mon désir est d'attirer en moi autant de fois que j’aspire la vie des trois personnes divines, afin que je vive intérieurement de la vie de mon Dieu, que mon esprit le contemple, comme le Père éternel se contemple lui-même; que ma mémoire lui raconte ses grandeurs, comme le Verbe en fait l'expression,
et que mon cœur l’aime de l'amour du Saint-Esprit. Et quand je l'aurai attirée, mon désir est en respirant, de l'inspirer à mon prochain par exemples, par paroles, par travaux ef par tous les moyens qui seront en mon pouvoir.
O doux Jésus ! Ô bienheureuse Vierge ! Ô glorieux protecteur de ma vie ! voilà les conventions que je fais pour me lier à vous, souhaitant ardemment, Ô mon Dieu! si toutefois il était possible, que toutes mes pensées, paroles et affections, que tous les actes de mes sens soit intérieurs ou extérieurs, et tous les mouvements de mon corps et de mon âme, vous rendent autant de louange et d'honneur, autant d'amour et et de joie, autant d’actions de grâces et de conjouissances que vous en méritez, et que vous en recevez, el que vous vous en rendez vous-même dans l'éternité. O mon Dieu! vous savez les secrets de mon cœur, il est à vous, je vous le donne avec tous les moments de ma vie, pour gages de mes intentions que je voudrais pouvoir renouveler autant de fois que je respire, il ne reste plus que l'agrément que vous en ferez. J'espère que votre bonté ne me le refusera pas; puisqu’elles ont été conçues en votre présence et par le secours de votre grâce. Amen.