II. POINT
Secondement, les larmes de Jésus-Christ étaient des larmes de compassion, son cœur était extrêmement tendre aux sentiments de la misère des hommes. Il ne pouvait voir un
(4) Joann., 11, 25. — (2) Luc., 49, 41. — (3) Joan, 11, 36.
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pauvre malade qu'il n’en fût touché, comme un bon père ne peut voir sans en être ému, son fils unique malade à la mort. De là vient que les lépreux, les aveugles et les paralytiques, et tous les misérables qui s’adressaient à lui et qui savaient la tendresse de son cœur, n’usaient point d’autres traits pour le blesser que de celui de la miséricorde. Servez-vous de ces armes pour combattre sa juslice et attirer sa clémence sur vous; dites-lui souvent avec le sentiment de vos misères : Jésus, Fils de Dieu, ayez pitié de moi (1); Jésus, mon bon maître, faites-moi miséricorde.
III, POINT
En troisième lieu, les larmes de Jésus étaient des marques du saint mépris qu'il faisait de toutes les vanités du monde. C’est par cette raison qu’il pleura à la vue de Jérusalem, parmi la joie publique et les acclamations du peuple. Il en connaissait l’inconstance, il en savait les dangers et les écueils, où tant d’âmes font naufrage : voilà le sujet de ses larmes. Il était venu au monde avec un profond mépris des plaisirs, des richesses et de la gloire du siècle, il en voulut sortir avec le même sentiment, pleurant l’aveuglement des hommes qui en font tant d'état et qui s’oublient de la gloire du ciel et du salut éternel. Ah ! monde trompeur et inconstant, si les hommes {e connaissaient, ils auraient plus de sujet de pleurer que de se réjouir. Esprits idolâtres du siècle, que vous me faites pitié ! si Jésus pleure la vanité du monde, pourquoi lé suivez-vous avec tant de passion ? S'il déplore son inconstance, pourquoi vous y arrêtez-vous? S'il montre par ses pleurs et par ses soupirs le mépris qu’il en fait, pourquoi l’estimez-vous ? Ou condamnez votre aveuglement, ou accusez la sagesse éternelle, et dites que le Fils de Dieu s’est mépris.
(4) Luc, 18, 38.