III. POINT
Le moyen de faire cet accord consiste en quatre points, qui sont autant de marques d’un amour parfait, qui est effectif et affectif. |
La première est quand le cœur étant blessé d'amour, soupire fréquemment après Dieu, et que le corps se mortifie en même temps ou souffre d’être mortifé.
La seconde, quand l’âme est si étroitement liée à Dieu, qu'elle y pense sans cesse et que le corps se lie en même temps au travail pour servir Dieu.
La troisième, quand l’âme languit si elle ne brûle d'amour, et que le corps languit s’il n’est occupé pour Dieu.
La quatrième, quand l’âme tombe en défaillance, ne trouvant rien dans la créature qui la puisse contenter, et que rien ne peut empêcher que le corps ne se consume au service de Dieu.
Faites ici réflexion sur votre intérieur et sur la disposition de votre cœur.
Souvenez-vous que ces saints religieux du désert ne sont pas parvenus à une si grande union avec Dieu en suivant leurs inclinations, mais en se mortifiant dans les choses les plus saintes ; et bien qu'ils eussent un grand goût à chanter les divins cantiques, à lire, à prier, à goûter Dieu, ils ne le faisaient pas pour se contenter eux-mêmes ; au contraire, ils se
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privaient volontairement de ces exercices paisibles, paur s'abandonner à des œuvres de travail fort pénibles. Il est vrai que Les âmes religieuses trouvent de grandes douceurs parmi les austérités et les rigueurs de la sainte religion ; c’est principalement à elles que le Saint-Esprit départ ses précieux dons ; mais pourtant elles n’y doivent chercher que le service de Dieu et la mortification de leur humeur, de leurs passions et de leurs mauvaises inclinations, autrement elles n’y trouveront jamais la consolation qu’elles prétendent. Et pour cela il faut avoir un courage invincible, pour ne se point lasser de combattre avec soi-même, parce qu’il y a toujours quelque chose à refaire ou à retrancher.