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ont je ne sais quoi de divin. Or, si cela est véritable, qu'y a-t-il de plus près de Dieu que celui qui est dans le sein du Père éternel, et qui est un autre lui-même? qu'y a-t-il de plus rare que celui qui est unique (1)? et enfin, que peut-on s'imaginer de plus majestueux que celui qui marche à la tête de toutes les créatures, devant toutes les grandeurs mortelles, devant toutes les puissances invisibles et visibles, devant tous les êtres qui le suivent de si loin, qu'il y a entre deux un intervalle infini qui les sépare. Rendez donc avant toutes chosés, hommage à la naissance du Verbe; adorez-le dans son éternité, regardez-le comme l'Ancien des jours, non moins ancien que le soleil qui le produit. Recevez avec honneur ces paroles sacrées : In principio erat Verbum (2), vous souvenant qu’elles sont venues du ciel, selon le témoignage de saint Jérôme, parmi les tonnerres et les éclairs, pour montrer qu’il ne les faut méditer qu'avec de grands sentiments de respect.
Cette crainte respectueuse ne doit pourtant rien diminuer de la tendresse ni de la force de votre amour; car si sa naissance est éternelle, sa charité l’est aussi. Il vivait dans l’éternité infiniment heureux et suffisant à lui-même; il jouissait du trésor de son essence et de ses perfections souveraines sans avoir besoin de vous, et néanmoins il vous aimait dès lors et vous portait dans son cœur ; il projetait votre création, votre rédemption et votre salut ; il traitait avec son Père et avec le Saint-Esprit de son incarnation, de sa vie, de sa mort, et sa bonté l’obligeait , parmi les délices de sa béatitude, à penser aux moyens de participer à vos misères. Comment pourriez-vous donc vous empêcher de l'aimer, puisqu'il vous a aimé si longtemps avant que vous le puissiez reconnaître, avant même que vous le puissiez savoir ? N’estil pas juste que vous soyez fidèle à répondre aux mouvements
(4) Joan. 4.48. — (2) S. Hieron, prologo in Matth.
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DEUXIÈME BETRAITE. 485
de son amour, puisqu'il a été si généreux à vous prévenir. Pensez donc à lui durant les années de votre vie qui sont si courtes, puisqu'il a pensé à vous dans son éternité. Regrettez
le temps non-seulement que vous ne l'avez pas servi, mais -
que vous l’avez offensé par tant d’infidélités. Il n’a jamais été un moment sans vous aimer et penser à vous : ne rougissezvous point de passer vos plus belles années dans l'oubli de ses bontés et dans le mépris de sa grandeur? Verbe éternel, je vous adore comme l’ancien des jours, et je vous aime de tout mon cœur comme le premier et le plus ancien de mes amis. Hé ! que j'ai mal employé le temps de ma vie, puisque je l'ai passé sans vous aimer? Beauté ancienne et toujours nouvelle que j'ai si tard connue, comment puis-je réparer une telle perte? Sera-t-il temps de commencer à-vous servir quand il faudra cesser de vivre ? Non, je ne veux plus différer à me donner à vous. Je me rends, mon Dieu, à votre amour, et je ne veux plus vivre dans le temps que pour apprendre à vous aimer dans l'éternité.