SUR LES EXERCICES SPIRITUELS DE S. IJGNACE. XXII
rendue plus criminelle que les démons et que plusieurs réprouvés qui n’ont pas commis tant de péchés ni tant de fois abusé des grâces du ciel, qu’elle a de beaucoup accru les mauvaises inclinations de la nature corrompue qu’elle avait contractées par le péché d’origine, qu’elle n’est plus qu'un ulcère envenimé, d’où le pus découle sans cesse et souille toutes ses actions, qu’elle mérite que toutes les créatures se soulèvent contre elle, qu’elle est digne des peines de l’enfer, pour avoir osé, n'étant rien, se révolter contre son souverain Seigneur , dont la grandeur est infinie.
De là naît encore en elle un désir efficace de faire pénitence, une forte résolution de mortifier toutes ses affections déréglées, et un propos sérieux de s'abstenir de toutes les choses mondaines qui la peuvent porier au mal, ou l'empêcher de faire le bien, vu principalement qu’elle s’est rendue indigne de tous les plaisirs, de tous les honneurs et de toutes les commodités de la vie.
De là l'amour de Dieu qui commence à s’allumer par la considération de sa bonté, qui daigne la regarder si favorablement, quoiqu'’elle en soit tout-à-fait indigne.
De là les larmes d’une contrition amoureuse, qui va crois- . sant de plus en plus.
De là ce repos, cette paix, et cette tranquillité de conscience, dont la douceur la dispose à mettre tout son contentement en Dieu seul, qui se montre si bon, si patient et si miséricordieux en son endroit.
De là cette vigilance, cette circonspection, cette vue continuelle de ce qu’elle a été, de ce qu’elle est, et de ce qu’elle doit être à l’avenir pour répondre à tant de bienfaits, en corrigeant tous ses défauts, et réglant sa vie selon la volonté divine (1).
Ce qui nous montre elairement combien il est utile, mème
(1) In colloquio 3, exercitii.