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FIN ET EMPLOI DE CETTE SEMAINE

Vous étant fortifié dans les bonnes et saintes résolutions que vous avez prises contre toutes les difficultés de la vertu, par la considération des souffrances de Jésus-Christ crucifié, qui est le but de la troisième semaine, il vous reste encore un écueil à éviter, qui est l'attrait du plaisir que vous {rouvez dans les créatures. Pour cet effet, il faut dans cette dernière semaine, vous proposer Jésus-Christ glorifié, et apprendre de lui quelle est la vraie joie des saints qui font profession de le suivre, et celle qu'ils espèrent de posséder dans le ciel durant toute l'éternité, afin de vous dégoûter de toutes les vaines joies qui ne viennent pas de lui.

PREMIÈRE MÉDITATION

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« Entrez dans la joie de votre Sei= gneur. » Marre., 25. 23.

PREMIER PRÉLUDE. — Montez au ciel en esprit, et vous présentant devant Jésus-Christ glorifé, contemplez la gloire de ses plaies, d’où sortent mille rayons de lumières, qui réjouissent tous les sainis.

DeuxiÈue PRÉEURE. — Demandez-lui la grâce de concevoir quelle est la joie qu’il donne dans le ciel à ceux qui l’aiment, afin de renoncer désormais à tous les vains plaisirs de la terre.

LE G.-— T. le 9

0 mn

PREMIER POINT

La joie des saints est d’être tout à Dieu et de n'être qu'à Dieu. Demandez-leur ce qu'ils aiment ? Ils vous répondront : Rien que Dieu. A quoi ils pensent? A Dieu. Ce qu'ils font ? Tout pour Dieu. La raison est que Jésus-Christ, qui est la béatitude des corps et des esprits glorieux, remplit toutes leurs puissances, il ne saurait y entrer autre chose. Ils sont tout pleins de Dieu qui les possède absolument. O heureux état! 6 l'excellente joie ! Ne voulez-vous pas être désormais tout à Dieu? tout à Jésus-Christ ?

DEUXIÈME POINT

La joie des saints est d’être hors du monde, élevés au-dessus de toutes les grandeurs de la terre, et ainsi étant si près de Dieu, la créature ne leur est rien. Ils se moquent de la folie des mondains qui prisent tant les richesses et les plaisirs périssables ; toutes les couronnes du monde et tous les contentements de la terre ne seraient pas capables de les tenter, tant ils sont remplis de l’estime de Dieu et contents du bien infini qu’ils possèdent. Imitez ces âmes bienheureuses ; dites souvent : Le monde ne m'est rien, je ne suis plus du monde, hors de Dieu tout m'est indifférent. Si votre cœur n’est plus dans le monde, ou sile monde n’est plus dans votre cœur, vous jouirez d’un grand repos.

TROISIÈME POINT

La joie des saints est de ne pouvoir perdre Dieu, parce qu'ils sont impeccables. Ce bonheur procède de deux causes. La première est la claire vue de Dieu; la seconde, l'amour béatifique qui remplit leur cœur et, n'y laisse point de vide.

De là vient qu'ils aiment Dieu par une heureuse nécessité, et l’aimant nécessairement ils ne peuvent plus pécher. Heureux état, où la conscience jouit d'une perpétuelle tranquillité ! O0 mon Dieu! plus de péchés; plutôt mourir que de vous offenser.

QUATRIÈME POINT

La joie des saints est d’être exempts de toute peine aussi bien que de tout péché, et néanmoins ils portent dans l’éternité le souvenir perpétuel de leurs offenses passées et en conservent la haine, quoiqu’elle soit sans tristesse et sans douleur; de sorte qu'on peut dire qu’ils sont en quelque façon en état de pénitence perpétuelle; mais c’est une pénitence pleine de joie, comme elle est pleine d’amour, qui a tout le bien de la pénitence et n’en a pas la peine. Aimez Jésus- Christ, et vous trouverez les fruits de la pénitence plus doux que toutes les vaines joies des sens; ne perdez jamais le souvenir de vos péchés, n’en perdez jamais le regret, et si vous ne pouvez pas ici-bas vous exempter de la douleur, tirez de la douleur même le sujet de votre joie, et que ce soit pour vous une douce consolation d’endurer quelque chose pour satisfaire à Dieu, et pour payer la peine de vos déréglements et de vos infidélités.

CINQUIÈME POINT

La joie des saints est de ne plus pouvoir mourir. Ils regardent la mort d’un œil victorieux et triomphant, et, goûtant les contentements d’une vie infiniment délicieuse, ils sont assurés de ne les perdre jamais. Si vous aimez parfaitement Jésus-Christ, vous participerez à ce bonheur, vous verrez venir la mort ayec un visage assuré, avec une joie glorifiée, parce qu’elle vous apportera les nouvelles de votre immortalité. Oh ! que c'est un grand repos de ne pas craindre de

mourir, et d'être prêt à partir du monde au premier signal de la volonté de Dieu!

SIXIÈME POINT

La joie des saints est de trouver une admirable facilité dans la pratique de toutes les vertus. Tout ce qui nous est si pénible durant cette vie, leur est agréable. Ils pardonnent avec joie les injures qu'ils reçoivent des pécheurs. Ceux qui ont été ennemis sur la terre, sont parfaits amis en cet état. Hs louent Dieu sans cesse et sans ennui; ils volent avec une allégresse non pareille à tout ce qui regarde son service. Soyez fervent amateur de Jésus, vous porterez joyeusement votre croix, vous ne serez jamais triste, et la peine de la vertu se changera pour vous en plaisir et en douceur.

SEPTIÈME POINT

La joie des saints est d’être toujours en la compagnie de Jésus-Christ, et de vivre sous la douceur de son empire. Ils sont heureux de le voir, de lui parler et de recevoir ses caresses : aussi l’aiment-ils si ardemment, que le ciel sans lui leur serait un enfer, et l’enfer avec lui serait un paradis. Oh! qu'heureux sont ceux qui sont favoris de Jésus-Christ! Voulezvous être du nombre ? N’êtes-vous pas résolu de vivre et de mourir auprès de lui et dans sa chère compagnie, de le suivre partout, de vous employer courageusement à son service, de le faire connaître, aimer et servir de tout le monde, et de lui gagner tous les cœurs s’il est possible ?

HUITIÈME POINT

La joie des saints est que Dieu est leur trésor. Il n’y a point de lieu où la pauvreté évangélique soit mieux gardée

que dans le ciel, car Dieu possède tout en commun. Les saints ne possèdent que Dieu, et ils possèdent tout en Dieu ; ils sont dans un parfait dénûment de touies les créatures ; mais cette riche pauvreté leur fait trouver en Dieu un trésor inépuisable. Ils n’ont besoin de rien, parce qu'ils sont contents de Dicu. Ils sont indépendants de tout, parce qu'ils n’ont besoin de rien, et n’ayant rien, ils ont tout, parce qu'ils trouvent toutes les créatures en Dieu. Oh! qu'heureuse est l'âme qui peut dire: Jésus-Christ est tout mon trésor, je

trouve en lui tout ce qui m'est nécessaire.

NEUVINME POINT.

La joie des saints est de voir Dieu et de trouver en cette vue des délices inestimables. Qui à vu une fois la beauté de Dieu, ne trouve plus que des laideurs sur la terre. Dieu seul lui plaît, et lui plaît de telle sorte, que tout autre plaisir ne lui est que de l’absinthe. Oh! si vous étiez souvent en la présence de Dieu, que cette vue vous donnerait de satisfaction et de calme. Il est toujours occupé de vous, el vous pensez si rarement à lui. Ce sera votre félicité de le voir un jour, et maintenant c’est votre peine et votre croix d'y penser. D'où vient cet étrange déréglement ?

DIXIÈME POINT

La joie des saints est de faire tout ce qu'ils veulent. Ils ont l’accomplissement de tous leurs désirs, parce qu'ils ne désirent que ce que Dieu veut, et Dieu ne veut rien qu'ils ne fassent. Quand est-ce que vous serez parvenu à ce point de vous conformer en tout aux volontés de Dieu, et de faire mourir tant de désirs inutiles, qui troublent la paix de votre âme, et rendent votre vie aussi épineuse qu’elle est imparfaite et désagréable à Dieu ?

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