GUlOfi DE Là J£UMJ&3S
observerez ma loi : celai qui garde me» commandements est celui qui m'aime véritablement.
Si vous voulez donc, mon Gis, aimer votre Dieu comme vous le devez, il faut qo^ vous accomplissiez ses préceptes avec toute la fidélité dont vous êtes capable.
£t comme Dieu est votre souverain Seigneur, il fant que vous l'aimiez souverainement , il faut que vous le préfériez à toutes choses, que vous Tatmiez par-dessus tout.
Il faut donc que votre cœur soit disposé à sacrifier et à perdre toutes les choses de ce monde plutôt que d'offenser ce grand Dieu, pioiôt que de manquer au service et à L'obéissance que vous lui devez.
O Dieu I ô amour sacré ! ô source du véritable amour ! faites-moi , je vous en conjure, la gckce de vous aimer comme vous venez de me le dire; faites-moi la grâce de vous aimer, et de vous^ ainser de telle manière , que pour vous je méprise toutes les choses de. la terre.
Faites-moi la grâce de vous aimer, et de fuir, par amour pour vous , avec la plus jrive horreur» le péché que vous détestez souverainement
Faites-moi la grâce de vous aimer, et d^viter» par amour pour vous, les péchés, même les.
plus I^ers, parce qu'ils vous déplalent.
Faites-moi la grâce de vous aimer« et de m'appiiquer, par amour pour vous « à la pratique
^ toqtes le; vertus qui peoTeot ose rendre sgréiMe è vos yeax.
mon Dieu ! ô mon amoar ! faites-moi la gîte de TOUS aimer en vérité dès ma plus tendre jéaoésse , afin que je vieillisse dans votre amour, et qu'enfin j'aie le bonheur de vous
^mer étérneUemént dans te séjour de votre
gloire.
De rimitatiOQ de Notre-Seigneur JésuMIhrist.
i. C'est pour vous, mon bien-aimé, que j'ai voulu être enfant : c'est pour vous apprendre à vous sanctifier dans l'enfonce ;
C'est- pour vous que j'ai passé de cet âgé à l'adolescence : c'est pour vond gagner par met exemples , quand vous y seriez parvenu.
Je suis descendu près de vous, et nie suis abaissé jusqu'à devedir enfont , et passer, comme vous, de renfonce à la jeunesse, pour vowi^ inculquer la sagesse comme maître , et voa»f "exciter conime modèle. - ^ ^
J'ai vécu comme les enfonts, j'ai parlé coname les enfonts , «fin que dès l'âge le plus tendl^e
70 GCIDE BE U JKÎ5ES&K.
viNM apprmez à me saine, Si marcher tv nNi traces » et à retracer dans ? oire tendmie Im f erUw de b mieoiie.
Car je safais que mon père prédestme emu qo*3 prévoil deroir defenir semblables à moi; je safais qo'U les josiifiera et les ^orifiera.
Moi qui sois votre mahre , je sois le FDs do Très-Haot , le Fils do Dieo trois lois saint, saint comme loi ; et foos qoi êtes moo dîsdple, foos serez à coop sûr parbît , si voos imitez YOtre maître.
.Soofenez-voas donc de la manière dont j*ai veto ao milieo des hommes dès mon enfance.
$OQ?enez-voo8-en , afin qo'à mesore que ¥Oqs croîtrez en âge , i^oos croissiez aossi en sagesse aux yeox de Dieo et des hommes.
2. J'étais par excellence dooi et bombléde ccMir; connu d'abord de Marie et de Josepb seulement; inconnu et ignoré des autres booH mes : apprenez donc à éviter les sociétés nombreuses et les tumultes du mmide, pourrons appliquer il plaire ^ Dieu dans le silence et le recueillement
Je fréquentais assidûment le temple , j'y re»dais avec, ferveur mes hommages k mon Père éternel, j'y écoutais avec attention et homiifté les leçons et les explications des docteurs, quoique je fosse leur maître.
iXpprcnez à rechercher avec empressement et
à recevoir avec une religieuse avidité les instrac- UoDs 61 les exhortation» par lesqoellea tob pasieora s'efforcent de Vons apprendre et de fùOB incoiqiier la science dn salât.
J*étai8 soumis à Marie , ma mère , et 9i Joseph t son époux , quoique je fusse leur Dieu.
Apprenez « mon fils, à ebéir avec crainte et fidélité à vos parents et à vos maîtres ; apprenez à vous abstenir avec le plus grand soin de toute espèce d'indocilité , de résistance , de murmure et de mépris à leur égard.
A mesure que je croissais en âge, je croissais aussi en sagesse; non pas que ma sagesse prit de véritables accroissements, puisqu'elle a toujours été infinie.;
Mais je me plaisais à faire éclater de jour en jour différents degrés de cette sagesse, afin de vous servir de modèle.
Apprenez donc à appliquer, à mesure qu'elles se développent, les facultés de votre âme 1 l'étude de la sagesse et à la pratique des vertus par lesquelles on honore le Seigneur;
Afin que vous croissiez aussi eo perfectfon à mesure que vous croissez en âge.
Apprenez à faire chaque jour des progrès , non pas dans le mal et dans le vice , comme cela n'est, hélas! que trop ordinaire , mais dans la connafssance et la pratique dn bien.
Dès ma tendre jeunesse , je me suis appliqué au
travail ; dès la flear de l'âge je me suis dévoué à one vie dore et pénible : je m'exerçais à k fiaiiencc dans l'adversiié , je me plaisais di souffrir avec le silence et la soumissioD de l'agMiii que Ton tond.
Imitez-moi, mon ûls, aimez le travail , livravous-y avec ardeur , et je serai moi-mêoie votre récompense.
Marchez à ma suite » et portez avec paiience votre croix ; faiies-vous violence ; mépriseï ks fausses délices de ce monde; supportez avec patience toutes les peines qui vous surviendroot; combailez avec courage contre le mond^, la chair et le démon.
Résistez avec force et avec constance aux charmes trompeurs de la concupiscence.
3. Seigneur Jésus, qui avez bien voulu élre homme , et vous appeler ûls de Tbommç, pour me donner l'exemple et m'appreudre par tous les détails de votre conduite quelle doit ôtre la mienne t
Allumez, je vous en conjure , dans mon ccear le feu de votre charité , aûn qu'en étant rempli, je m'efforce avec une sainte ardeur de vous imiter, et de plaire ainsi à votre Père éternel.
Je veux , ô mon bon l\Xaître , je veux désormais avoir toujours vos divins exemples devaot les yeux , afin de les suivre en tout.
Je me les rappellerai dès le matin , et eq ou-
r.DiOE m U JEUNESSE.
f rant les yeox à la lamière , je me dirai k luoimêm^ :
Jêsas , à son réveil, disait à son Père céleste : Me voici , ô moa Dlea , prêt à faire votre volonté.
Je voos offre , Dien de mon cceur, je voas consacre de même tous les travaux de cette journée.
Je me k» rappellerai^ vos diviâs exemples»
quand je commencerai ma prière. Je me dirai ï moiHmême : Mon Sauveur passait les nuits en oraison, et n'abandonnait pas môme ce saint exercice lorsqu'il était en proie aux douleurs de l'agonie.
Ô qn*il était pieux et recueilli dans la prière ! Goorage » mon ftme : prions » à l'imitation de Jésq9 , prions avec toute la piété et toute la ferieajt dont nous sommes capables.
Je me lès rappellerai pendant mon travail. Je penserai , divin Sauveur, que vous avez travaillé vous-même; qu'épuisé de fatigue, vous avez cherché du repos en vous asseyant sur le puits qui était proche de Samarie.
Animé par votre exemple, je dirai. à mon âme : Portons, comme Jésus, le poids du jour et de la chaleur, faisant le bien pendant que Boas es avons le temps , et le Seigneur nous récompensera selon la valeur et le nombre de no» bonnes œuvres.
Gaide de la Jeunesse, 5
n (CIM M Li JimSél.
Hd«l
■îi ^ Marie ce i jQMpb ; ia «té ipi*![k b nort; sosneis-lM , mm CMnne loL
Je ne les rappellerai daas les peiaci d ka adverâtés, daas les opprobres cf les hoHiîitions, me disait oMN-aiêflM : Le Fib 4e DioB asooflert, il a été sooiBeié , lagdK, riiicili , et ii*a pas onrert la boodie.
Coorigf , 6 mon âoie! sopporte co bu m o Jém a supporté » résigoe-ioi comme Jésos s'esl'rési* goè.
n état nooooeoee même , et ta B*es qs*iiae pécberesK ; sooflre et garde le nleace.
Je me les rappeBerai dans bms repas, pensant qœ Toos afes jeûné, qoe toos avex été abreoTé de Gel et de YÎnaigre.
Mon 5me , m'écrîerai-je » fîfODs sobrement; gardons les règles de la tempérance.
Je me les rappellerai dans la confersation ; et me MmYenant que personne n*a pa vons reprocher un seul péché , que îos discours étaient .toujours assaisonnés du sel delà sagesse, soyons, dirai-je li mon âme , soyons saints dans tontes nos conversations.
Je me les rappellerai dans mes confessions ; et
GUIDE DE U JEUNESSE. 7ô
«oauit qae tous aies pleuré but le monl des Dlif es les péchés des hommes , péchés qni tous toiieni absolameot étrangers ; pensant que, pour lesexfMer, yoos avex été crucifié surledalvaire , j'elciterai mon âme à la pénitence.
Je lui dirai : Soyons pénétrés de donlenr, ô mon âme , et pleurons avec des larmes amères m péchés personnels 9 péchés dont nous nous sommes nous-mêmes rendus coupables.
Je me rappellerai vos exemples, ô Jésus!
brsque j'irai prendre mon repos; je penserai qoe foos avec dormi vous-même, que tous •Tes pris du repos pour renouveler vos forces homaines , afin de les employer au service de votre Père céleste.
C'est dans h même intention que je me livrerai 4iu sommeil ; je dormirai pour servir ensuite QHm Dieu avec plus d'ardeur.
Jésus ! tandis que vous n'avez pas eu oà reposer votre lête sacrée , tandis que vous êtes demeuré attaché à une croix , n'ayant d'autre ippui que les clous dont vos pieds et vos mains éudent percés , vous me permettez de profiter tïïù Ut commode: que vous êtes bon ! que vous êtes indulgent à mon égard !
Sur le point d'expirer, vous vous écriez : Mon Père , je remets mon esprit entre vos mains ; ce Kra &iï prononçant les mêmes paroles que , ce* dam an tommeil , je vous recoipmandçrai mon âme.
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£5- 3Hme-<<39fr-.VI«iUK
'je *2!ti. Ht iûtti A
iMnmaoRix «foi vwmc «iomi te jour, ei fcs rajpefiacz cC Dnr qfc fimL K fMf atci fa léniriDê raAisnr votre père , i» fMi MNMiiwe 4 fa vigintt dt fotre
GUlDfi DE LA JEUNESSE 77
mère » yous serez couvert d'opprobres et accablé de misère ;
Et si TOUS portez i'aodace jasqo'à tenr dooner des malédictioDS » votre lomière , ainsi qo'il est écrit, s'éteindra au milieu des ténèbres; c'est-^dire que vous serez livré à l'horreor des ténèbres de l'enfer et anx désolations de la mort éternelle.
. Et si vous vous permettiez de vous nuMpier de votre père , de mépriser la mère qui vous porta dans son sein , vous mériteriez , comme le dit l'Ecriture , que les corbeaux crevassent vos yeoxt et que les aiglons dévorassent vos chairs ; vous mériteriez de devenir la proie du démon même.
Et si vous aviez la dureté d'abandonner votre père , Dieu vous regarderait avec indignation ; et s'il vous arrivait de donner à votre mère des sujets de colère , ce souverain Maître voas couvrirait de malédictions.
2.. G mon bien-aimé ! si autrefois un méchant fils , un fils obstiné et rebelle, qui , osant enfreindre la loi de Moïse , n'écoutait pas le» ordres de son père et de sa mère , ne profitait pas de leurs remontrances et de leurs corrections , persévérait , malgré leurs défenses , dans la débauche et le libertinage ; si , dis-je , un tel fils devait être lapidé par tout le peuple de la ville , et moorir sous les coups afin qn'Israèi fût délivré de son^'pernicieox exemple ,
Qoeis sopplices ne mérite pas un fib qui , 8008 la loi de grâce, bravant l'Esprit saint même, qol en est i'anteor, ose manquer de respect et d'obéissance à son père et à sa mère ? il mérite à coup sûr des châtiments bien plus rigoureux encore.
3. C'est donc avec justice que le Dieu des vengeances, le Dieu qui est par excellence le juste Juge 9 le Dieu fort et terrible , a coutume de faire éclater sa colère contre les enfants de oette espèce , en les livrant tantôt à la misère , tantôt à la maladie ou à d'autres malheurs , tantôt enfin à une mort subite et prématurée.
Oui , c'est avec justice que le Seigneur les frappe souvent , dès cette vie même , avant de les condamner aux châtiments étemds de l'autre.
. U. Craignez ce souverain vengeur, mon bienaimé ; craignez les coups de sa colère, à laquelle personne ne pourrait vous spustraire.
Craignez Dieu, et honorez vos parents; obéis- SM-leur, c'est une justice que vous devez au Seigneur lui-même , et c'est le moyen de vous rendre agréable à ses yeux.
Respectez-les , et qu'il ne vous arrive jamais de leur manquer, soit par vos paroles , soit par vos manières.
Respectez-les , et écoutez avec humilité et docilité leurs ordres et leurs avis. Empressi»-
GDIDI UK LA JËlNKSSi:. VJ
¥008 d'eiécater poDCtuelIement ce qo'ili tous prescrîvcrat
Aimez-les , et n'oubliez pas qae , sans eox , vous n*eDS8iez jamais va le jour.
.Aimez-lea, et payez leurs bienfaits par une reconnaissance aussi tendre que Tamour dooi ils vous ont. donné tant de marques.
Obéissez-leur comme à Dieu lui-même » qui vous donne ses ordres par leur bouche , et sachez qu'il ne vous serait permis de leur résister que lorsque ce qu'ils vous commanderaient serait manifestement contre la loi du Seigneur.
Soolagez-fes, chargez- vous de leur vieillesse « pourvoyez à leurs nécessités temporelles et spiriluelh»; et, s'il arrive que leur grand tge aflbiUisse leur raison , soyez indulgent k leur égard , et ne les méprisez pas.
5. Gravez » mon fils , ces principes dans le fond an votre cœur. Honorez vos parents » et vous aurez part è mes bénédictions les pins prédeuseH; et la fidélité avec laquelle vous aurez observé mon commandement vous sauvera.
Yotre piété à. l'égard de votre père et de votre, mère vous fera vivre de longs Jours , et lorsque vous serez mort, votre mémoire sera en bénédiction.
Et moi , mon bien-aimé , et moi , an jour de mon jugement , je vous adresserai ces conso* Jantes paroles : Venez , enfant heureux et ehéi*!
m fîllOE UC LA JEUNESSE
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de mon Père céleste ; venei. bon et fidèle fils, INirtîcîper aa bonheur kernel de votre Dîea.
0e l'obéissance et de la sounission à regard des sapérieurs.
1. Toute paissance Tient de moi» nranbienaimé. Il est donc vrai qae cenx qni tous sont préposés tiennent do Créateur même l'antôrîté qu'ils ont sor vons.
Il est donc vrai que» si tous leur résistiez, ce serait à l'ordre même que j'ai établi que tous rébisteriez.
J'ai placé au-dessus de tous les pasteurs de l'Eglise ; honorez-les, et soyez-leur soumis.
J'ai placé au-dessns de tous votre père et votre mère ; honorez-les , et obéissez à leurs ordres.
J'ai donné autorité à tos maîtres sur vous ; écoutez- les , et faites ce qu'ils vous commandent.
Craignez le Seigneur, mon bien-aimé , et respectez toutes les puissances que j'ai établies sur vous , et ayez soin de leur rendre la soumission que vous leur devez.
2. Si j'ai donné à ceux qni sont an-dessos de TOUS Faotorité sur vous , ç*a élé poor quila veiHaasent sur toos , pour qa'ib procorawent ▼otre bien temporel et spirituel, et il faudra qu'ils me rendent compte de vous.
De votre côté, vous rendrez certainement anssi compte au Seigneur, qni est le juste juge» de votre obéissance à leurs ordres.
Et pourquoi faudrait*il qu'ils fussent vos maîtres, si vous ne deviez. pas leur être jaoumis?
Pourquoi faudrait-il qu'ils vous commandassent , si vous n'étiez pas obligé de leur obéir 7 Pourquoi devraient-ils vous donner des avis , si V008 ne deviez pas les suivre 7 Pourquoi enfin devraient-ils vous diriger, si vous ne deviez pas leur être docile 7
3. Obéissez-leur donc, et faites-le avec humilité , non pas seulement lorsqu'ils ont les yeux sur vous , et comme de vils esclaves , mais dans la simplicité de votre cœur ; obéissez- leur, non pas comme à des hommes , mais comme à Dieu même.
Obéissez avec plaisir, non pas précisément parce que votre docilité plaira à vos supérieurs, mais parce qu'elle plaît au Seigneur que vous devez aimer de tout votre cœur.
Obéissez promptement et sans délai, vous réjouissant de faire la volonté de vos maîtres, et de ne pas suivre votre volonté propre , qui vous
a2 CUIDE DE U JEUJIISSE.
•ntnlnerait dans beancoop de butes , oomme i/ n'arrif e que trop ordiBairemeot
O mon fila I ai voua Tooa appUqoei à obéir parfiiiteiDeot , voua remporterez à coop sâr de grandea victoires.
4. Souveoez-voosqu'aiitrefoia le aage Saiomon ne crut pas pouvoir demander au Dieu dlaraêl quelque chose de meilleur qu'nn cœor dodle «
Pensant que, s'il obtenait cette grâce, il aurait non-aeuiement l'avantage de se bien condoire » maia celui de gouverner et de joger avec sagesse tout le peuple de Dieu.
Ainsi « mon fils, si vous êtes docile « vsas n'aurez pas seulement le bonheur de marcher vous-même dans la voie de la justice , mais voos y entraînerez les autres par votre eiemfdieyel vous les y dirigerez.
Considérez» mon bien-aimé , les jeunes gens qui sont vraiment dociles et obéissants ; ce sont ceux-là que vous voyez se distinguer de tons les autres par leur piété, leur sobriété, ieiir modestie , leur pureté , leur ardeur pour le travail, leur douceur, enfin par toutes les vertus.
Dites donc fréquemment an Seigneur, comme le lui disait Saiomon : Donnez-moi , mon bien» douncz*moi un cœur docile.
GCIDB DE LA JBUNBSSK. 83
xvni
De remploi da temps e( d« travail.
1. Faites le bien, moa bien-aiiiié, Undb que fons en afes le temps; la irait irriver»
bieBtôC, et foos ne poorrez plos rien faire.
TraniUex fidèlement pour l'amoor de moi, et je serai moi-même votre récompense.
▼ont êtes né pour le travail , comme FoiMan est né pour voler ; et si vous vous abandonnes k la paresse, vous méritez par Hi même le sort de ce serviteor inutile qui fut jeté pieds et maina liés dans les ténèbres extérieures, daioa ces ténèbres où il n*y aura qne pleurs et grincements de dents.
Yons êtes un arbre que j'ai planté dans a»
vigne pour porter de bons fruits.
Et si vous n'en portez pas , je vous maudirai comme ce figuier infructneux dont le dessèchement vous est rapporté dans l'Evangile.
Enfin vous serez coupé et jeté au feu.
S. Le temps est un talent que je vous ai confié , talent précieux dont le bon usage vous rendra digne de mon amitié;
Talent précieux, dont vous me rendrez le
H'i ('l'll)E OR LA JEU!(E8SE.
compte le plus rigooreox ao joor du jugemefit; M TOUS en avez abusé, oo si tous D*aYci pas so le faire valoir, vous serez condamné.
Car je suis , vous le savez , on maître sétère qui demande compte même d'une parole oiseuse.
3. Qu*aurez-Y0us à me répondre « lorsque je Yous interrogerai pour entrer en jugement avec vous , et vous rendre selon vos œuvres?
Lorsque , vous rappelant et comptant toutes les années de votre jeunesse , je vous dirai : Quel fruit en avez-vons retiré?
Lorsque je vous ferai ce reproche r Quelle faveur ai -je dû vous faire que je ne vous aie pas faite?
Je vous avais créé pour me servir, je vous ai conservé , et j'avais multiplié vos jours pour que vous multipliassiez vos bonnes oeuvres ;
Et vous, vous les avez perdus , ces précieux jours, vous les avez consumés dansToisiveté, dans de puérils amusements, dans de vaines conversations , dans des jeux inutiles.
Vos parents s'épuisaient de sueurs et de fatigues pour pourvoir aux frais de votre éducation;
Et vous demeuriez les bras croisés, vous prolongiez mollement votre sommeil au-delà des justes bornes, vous faisiez des courses qui n'étaient propres qu*à vous dissiper, ou vous restiez daus Tinactioii ;
El conramant ainsi hiotileineot le prix des
soeurs de ? os parents , toos vous rendiez aossi
coupable à leur égard qae ceux qui les eossent
' déponlllés par le vol, on qui leor eussent caosô
la mort par des violences.
Yos oôattres veillaient sur vons , ils ? oos donnaient lenrs soins , ils se consumaient d'efforts pour procurer votre aTancement dans la sagesse et dans la science ;
Et vous» vous étiez semblaUe à un tronc inutile , à un hpmme qui n'entend rien , à une terre qui, absorbant en vain la pluie dont elle est arrosée , ne porte pas de fruit : vous ne croissiez ni en science , ni en sagesse.
O mauvais serviteur! ô enfant prodigue! ô disdple paresseux! rougissez et soyez couvert de confusion.
Tous n*avez pas travaillé ; vous n'aurez pas de récompense ; vous n'avez point porté le poids do Jour et de la chaleur, vous ne recevrez pas le salaire ; votre partage sera avec le serviteur inutile : retirez-vous de moi , maudit !
Vous* êtes certainement digue d'être jeté dans le feu qui a été justement préparé pour les pécheurs.
Car l'oisiveté à laquelle vous vous êtes abandonné vous a fait commettre une multitude de crimes.
Vos iniquités se sont multipliées , vous avez
M. irTuiK m L& joaessL
4lO
de joMCiSBi caifcigli dai kscsien, pvce qa'ib B*oat p» onpiofè cobum ii le detaiott les améode leur
lean pbâMcf, kon ffmiif iiwnli inetilei; qo^flsfOBsiottiriKDtctfoatreodefllsage, afia qw foos ne dwr^adicx pas après mire Bort, arec en daas ce liea de toormeota.
Insensés que nous a? oos été ! s'écrient-ib ; que sont defeoos ces beores, ces jours que nous avons perdus dans l'inaction, ces moments^ préctenx dont le manvais usage nous a précipités dans ces flammes?
Ah I si nous eussions été sages : ah 1 si nous eussions su prévoir l'avenir de l'éternité ; si noa^ eussions bien employé le temps qui nous était accordé ,
Combien de péchés nous eussions évités , que do bonnes œuvres nous eussions faites, que de degrés de gloire nous eussions mérités, de quelles récompenses ne jouirions-nous pas maintenant; quel serait notre bonheur !
Qui pourrait nous faire recouvrer une de ces
GUIDE Pfi LÀ JEUNESSE. 87
«liées perdiMS? a?eG qoelle ardeor nous rem* pfarierioos à ta pratique do bien • quel soin noue imioos de profiler de tontes les heures do jonr» de tous tes instants, de chaque heure, pour répirer te temps perdu I
Ah I DMlheur li nous t ce serait en ?ain que nom solliciterions maintenant une sente heure t éUirneBement elk nous serait refusée.
5» O jeune homme I ô mon bten-aimé I Dieu TOUS les accorde encore aujourd'hui , les années, les jours, les heures.
Emptoyei donc, emplo|;ex avec te plus grand soin, te temps qui vous est donné , et efforcezvous, en faisant tout le bien dont vous êtes capable , d*assnrer votre salut.
Empteyes le temps , et pensez que celui qui De s'occupe pas ne mérite pas même de manger. Employez le temps; et quand vods voos sentirez porté à la paresse et à l'oisiveté , imaginezvous entendre votre Dieu , le souverain Père de famille qui vous appelle à l'ouvrage , en vous disant ce qu'il disait autrefois aux ouvriers qu'il appelait à sa vigne :
Pourquoi demeurez-vous oisifs? hâtez-vous d'aUer k ma vigne.
Employez le temps , et souvenez-voos que si Voos travaillez avec zèle, Dteu , témoin de votre Videur, vous récompensera au centuple.
Employez te temps , et ayez continuellement
88 r.UlDË DE LA JEUNESSE.
devant les yeux Jésas-Ohrist , votre Saatear, qoi, dès sa tendre jeunesse, s'appliquait ao ti'avail, et s'occupait sans cesse à faire ce qn*il savait être agréable aux yeux de son Père.
Employez le temps, et imitez ces hommes que l'avidité du gain rend actifs et laborieux ; loin de perdre les jours et les heures , et de lès laisser passer inutilement et sans frutt, ils ont grand soin de faire tourner à leur profit les plus légers instants mêmes de la journée.
Imitez , mon fils , la prudence de ces enfiints <lii siècle , afin d'augmenter par vos occupatioàs votre trésor céleste, comme ils augmentent leur fortune temporelle par leurs travaux assidus.
De la lecture des livres de piété.
1. Aimer Dieu et le servir, voilà la seule chose importante et essentielle. Tout le reste n'est que vanité.
Il ne sert de rien à l'hoomie de faire la conquête de l'univers entier, s'il vient à perdre son urne.
EC cet homme parlât-il le langage des anges fnémes , eût-il la connaissance de tous les mystères de la nïitare et de la grâce, possédât*îl toute espèce de science , il n'est rien s'il ne se sanctifie.
Il fiiot donc , avant tontes choses , s'appliquer au service de Dieu et à Taffaire du salut.
Si TOUS servez Dîru, mon fils, et si vous faites votre salut , vous serez vraiment riche et parfait.
Et si vous négligez ces deux points importants, vous ne serez rien, vous serez le plus pauvre , le plus^misérable des hommes.
Oui , il faut , il est de toute nécessité pour vous que vous recherchiez avant tout le service de Dieu et le salut de voire âme.
Or, étant terrestre et charnel , vous ne trouverez pas dans votre propre fonds ce qui vous serait nécessaire pour vous animer, vous conduire et vous diriger dans les choses célestes ; il faut donc que vous le cherchiez dans les livres qui en traitent. »
El comme tout ce qui est dans le monde n'est propre qu'à irriter la conciipiscence de la chair et des yeux, qu*à inspirer Torgueil de la vie; comme les charmes des faux biens d'ici-bas captivent naturellement les facultés de l'homme et le distraient de la recherche des bien solides ;'
Il faut que souvet^t vous détourniez les yeux
iles vanités mondaines an milien desquelles vous vivez, ponr ne rechercher que la vérité et la sagesse qui vous sont pffertes dans les bons livres 9 pour nourrir et sanctiGer votre âuie.
Si vous ne faites pas usage de ce puissant inoyen de salut , on dira bientôt de vous, ce qae le Prophète disait du monde entier : Il s*est perverti parce qu'il n'a pas réfléchi sur les vérités éternelles; et vous deviendrez semblable aux animaux dépourvus de raison , qiii ne suivent que les inclinations de la nature.
A coup sûr, si vous négligez de faire de bonnes lectures « vous perdrez Dieu de vue.
. 3. C'est pour cette raison que le Dieu d'Israël avait autrefois donné . cet ordre à son penple chéri : Vous graverez dans le fond de votre coeqr les paroles que je vous ai adressées , vous les raconterez à vos enfants» vous vous en occuperez sérieusement dans l'intérieur de vos maisons» vous vous les rappellerez dans vos voyages , vous ne les perdrez pas même de vue dans votre sommeil , et ^lles feront à votre réveil le sujet de vos réflexions.
Vous les appliquerez et les tiendrez attachées comme un signe à vos mains , vous les Gxerez entre vos yeux pour en régler les regards.
Vous les transcrirez sur le haut de vos portes et à l'entrée de vos maisons.
La lecture des Livres saints, qui est si propre
GUIDE DE U JEUMKSSË. 91
à raDimer en vous le zèle da serviee de votre Dîeo et da salât de votre âme , doit donc voua êire fiiDilière • mon bien-almé.
I) bat qoe ni vos occupations , ni vos amose-r meata, ni votre sommeil même ne voas la fassent jamais négliger.
Ces dîBérentes choses ne vous empêchent certainement pas de prendre le temps nécessaire poor donner à votre corps la nourrittire dont il a beaoro.
Elles ne doivent pas non plus être un obstacle à ce que vous donniez par une bonne lecture la noorriture nécessaire à votre âme.
5. Mon fils , si déjà voire cœur s'est desséché, parce que vous avez n^ligé de l'alimenter par de saintes lectures;
Si vous vous êtes déjà égaré pour avoir omis de rechercher la sagesse dans les bons livres » saisissez-les, lisez-les avec empressement, et ils procureront votre conversion.
Augustin s'était grandement éloigné de moi , et {es bonnes lectures le firent revenir de ses parements.
Le livre d^Hortensius sur la sagesse commença à le tirer du profond sommeil où il était ensevelie
Apprenant ensuite qoe deux jeunes gens d'one très mauvaise conduite' avaient été convertis par la lecture de la vie de saint Antoine , ii en fut vivement frappé , et en conçut un ardent désir de les imiter.
Enfin la lecture de FEvangile triompha de'sôn coeur et rentrataa.
Sérapion fnt également cônTerti par la lectare de r£?angile , et son changement fat tel qô^ii renonça à tout, et distribua même aux paufres les ?ôtements qui ne lui étaient pas absolunnent nécessaires.
On Fentendait s*écrier, en montrant le Non* Tèau Testament : C'est lui qui m'a dépouillé.
Tels sont les fruits précieux que produit la lecture des bons lÎTres.
U. Lisez- les donc , mou bien-aimé ; lisez-les , non par curiosité , non pas simplement dans ta vue d'acquérir des connaissances, mais dans la vue surtout d*y trouver la sagesse.
Et comme le plus beau et le meilleur des livres ne peut toucher le cœur si Dieu ne le prépare par Tonction de sa grâce, priez le Seigneur avant de lire ; dites-lui avec David : Ouvrez , ô mon Dieu , les yeux de mon âoae , afin qu'ils considèrent Utilement les admirables beautés de votre loi sainte , les touchantes vérités de votre religion.
Donnez-moi l'intelligence , et j'approfondirai ces vérités , et je m'empresserai de tout mou cœur de les pratiquer.
Lisez avec respect , pensant que Dieu luimême voiis adresse les paroles dû Livre.
Lisez, et ne vous précipitez pas avec légèreté
GUIDE DE LA J£UNbSSE. ^\
dans I9 lectore d'où grand nombre de livres ; bomez-Toos à on pelit nombre, et qu'ils soient bien choisis. Souvenes-vons de ce qoe disait on sage : Je crains celai qoi ne s'applique qu'à la lectore d'on seul livre.
Lises avec ordre , suivez le volume du commenc^ent à la fin , lisez-le en entier.
Lisez peu , mais avec beaucoup de réflexion ; tâchez d'en lirer du fruit , formez de bonnes résolotioas, et recommandez-les à Dieu, afin qu'il vous fasse la grâce de les exécuter.
Lisez souvent ; lisez chaque jour, parce qoe chaque jour vous avez besoin d'être excité au bien.
O mon bien-aimél si vous lisez de cette manière , vous serez bientôt éclairé, sage, saint et parfait.
De la lecture des mautais livres.
L Ayez , mon bien-aimé , ayez en horrenr les mauvais livrer
Vous savez qu'il ne iaut qu'un peu de levain pour faire fermenter toute la pâte. Il ne faut de
91 TrOlDE DE LA JEUNESSE.
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même qa*une seule maoTaise hectare pour yoos corrompre entièrement.
Soyez en garde contre l'ancien serpent qoi s'appelle Satan.
Depuis le commencement dn monde ri n*a cessé de tendre des pièges aux hommes, et surtout aux jeunes gens , cherchant à s'empare!* de leurs âmes , à les dévorer et à les perdre.
Partout il a des filets qui. attendent la Jeonesse ; il n'est sorte de moyens qu'il ne prenne ponr la pervertir.
Un des moyens qui lui réussissent davantage est la multitude des mauvais livres dont l'nniver» est rempli par ses soins.
C'est par ce stratagème qu'il triomphe presque toujours et qu'il remporte ordinairémeiH une victoire complète ; (\'est par lui qu'il pat^ vient promptement à corrompre les jeunes gens.
2. Il sait , cet esprit malin et astucieux » il sait préparer et proposer de mille manières différentes son dangereux poison dans ces livres.
Il sait donner à ses discours toute la douceur de l'huile » afin que les traits mortels dont ils sont parsemés percent ))lus sûrement les cœurs*
Ici il fait un pompeux étalage d'éloquence et d'érudition pour ceux qui sont avides de la vaine , science qui enfle , et les charme par seâ illusions.
Là il aA^cte la plaisanterie et la gatté poinr plaire aux oisifs.
GUIDK DE LA JKINKSSE. 95
E( après les atoir sédaits les ods et les aatres, il M craint pas de lear parier le langage de l'impjé(é et de la dîssolotion. D'abord paraissant respecter la religion et la pndeur, il afiecte une certaine décence , et ne parle qu'à mots con- Terts ; mais bientOt il met de côté tonte réserve» et présente l'erreur et le mal sans aucun voile.
n sait que si des pmpos licencieux . quelque passagers qu'ils soient , suffisent pour pervertir ceux qui ont les mœurs les plus sévères , les discours dissolus que contiennent les mauvais livres étant permanents , pouvant se lire et se relire , sont bien plus efficaces encore pour corrompre et dépraver.
3. C'est de ces mauvais livres, de ces sources infernales , que les uns retirent l'incrédulité ou les doutes dans la foi; les autres l'hérésie ou l'erreur dans la doctrine ; d'autres en6n le feu des plus honteuses passions.
Gardez-vous , mon fils , de goûter de l'eau de c^ torrent impur des mauvais livres; vous parût-elle plus douce que le lait et le miel, n'en approchez pas vos lèvres.
Bientôt l'impiété ou la licence de ces livres serait funeste à votre âme.
O mon bien-aiméî si la lecture de ces livres est dangereuse pour les esprits les plus solides , le» plus mûrs , les plus amis de la vertu , coin* bien ne Test-jelle pas davantage encore pour les
jeunes gens qui, étant oatorellement pla» faibles expias légers, sont d'autant plus faciles à séduire et à vaincre.
SouYenez-vous de cet axiome si vulgaire : Un vase conserve longtemps i*odeur dont il a élé imprégné lorsqu'il était encore neul
Si vous ne craignez pas de remplir votre esprit, tandis qu'il est encore nouveau, des horreurs dont les mauvais livres sont remplis , croyez qu'il vous sera presque impossible de l'en délivrer dans la suite.
A. Fuyez donc, mon bien-aimé, fuyez donc les mauvais livres , comme vous fuiriez le plus dangereux des serpents; car la mort que voiis préparent ces livres est bien plus funeste que celle que causent par leurs moi^sures les monstres les plus venimeux.
Fuyez les livres impies ou hérétiques qui attaquent la foi , inspirent des doutes sur ses vérités , excitent è de vaines curiosités sur les d(^mes, déprisent les pratiques de la religion et la piété de ceux qui en observent les. règles» décrient les minisires qui en exercent le culte.
Fuyez les livres passionnés qui respirent l'infâme volupté , qui traitent de l'amour profane ; n'en lisez aucun de ceux mêmes qui vous paraîtraient écrits avec le plus de décence et de réserve.
Ces sortes d'ouvrages sont vraiment les œuvres
niiDE DE LA JEUNESSE. 1)7
do âémod , et tous ne pourrez tes lire sans vous exposer à pécber mortellement.
Soit en prêtant votre consentement aux pensées qu'ils suggèrent contre la pudeur, soit en formant dans votre cœur les désirs et les affections déréglés que ces dangereuses lectures ne manquent pas d'inspirer.
Fuyez ces livres détestables , et si vous en possédez quelques-uns de ce genre , n'hésitez pas de les livrer aux flammes qu'ils méritent.
Ne dites pas : Je les conserverai , mais je ne les lirai pas. Ce serait vous faire illusion, la cBfimtié vous entraînerait sûrement à les lire unjonr.
N'afez pasta témérité de nourrir un serpent, sous prétexte que vous ne l'approcherez pas , et que vous vous garantirez de sa morsure; donnez-, loi là mort , de peur qu'il ne vous la procure pai^'son poîson«
Ne* dites pas non plus : Ce livre est parfaite* ment écrit; je ne m'attacherai qu'au style pour me former, j'en aurai le poison en horreur, et je rejetterai avec soin tout ce qui pourrait m'être pernicieux.
Gè serait encore là une illusion , mon bienaimé; car, comme l'a dit Augustin, qui , hélas! n'eii avait que trop fait la funeste expérience, les discdcn-s impies, les récits lascib de ces écrits apprennent mieux que les autres livres ,
98 r.UlDB DE LA JgUHBSSI.
non pas à parler et à écrire plus éioqiienniieat » mais à ae livrer avec pins d*andaoe tm Bbariinage.
Il faut fréquenter ceax qui ont la sagesse en partage.
1. LiEZ-TODS avec ceux qaî sont sages et prudents , mon fils , et que ceux que vous cIkht sires pour amis soient justes et vertueux*
Car si vous fréquentez les sages , vous serez sage vous-même.
L'exemple fait ordinairement sur Fliomaie, particulièrement sur le jeune homme , des ioir pressions biea plus vives que les leçons et les avis. C'est l'exemple surtout qui le forme et le> dirige.
2. Voyez ceux qui veulent apprendre un art , ils recherchent les artistes qui excellent davantage » afin qu'imitant leurs procédés , ils par* viennent à imiter leur habileté.
Vous profiterez beaucoup , mon bien-aimé , si vous suivez la même méthode pour vous Antmer h la sagesse.
â. Eumïnez doDc qacls sont parmi les jeoaes gens C80X qai , plus que tous les autres , craignent et aiment le Seigneur, ceux qui sont les plus modestes , les plus décents ,
les plus dociles et les mieux disciplinés , qui fréquentent davantage les sacrements ; c'est à mki-^k qu'il laut particulièrement vous unir.
Tons deviendrez bientôt ^age avec ces sages , pieux , modeste , décent , fervent comme eux.
Et s'il arrivait que vous vous écartassiez de la voie de la vertu, ces saints amis, dans la société ((esqaels vous auriez le bonheur de Vivre , ne manqueraient pas de vous détourner du mal , et de vous ramener au bien par leurs salutaires avis et leurs tendres remontrances.
Au moins les charmes de leurs vertus vous inspireraient une juste honte de vos écarts , vous ramèneraient, par les liens de l'amitié et la manière la plus douce , dans les sentiers de la jostice.
Leur fermeté et leur constance dans le bien vous frapperaient, et voua ne pourriez vous empêcher de vous écrier au-dedans de vous-même avec confusion : Hélas ! combien ma conduite est opposée à celle de mes vertueux amis ! je ne suis plus digne de leur société et de leur ten- 4resse.
O mon âme, considère et admire leur sagesse , vois l'heureuse disposition oà ils sont
Àe mourir plutôt que de violer les règles de la vertu.
El pourquoi donc ai-je cessé de vivre comme eux ? loin de moi le crime , loin de moi la passion , loin de moi toute espèce de dérègle* ment I
Je veux désormais me conformer en tout à mes chers amis ; ils sont heureux , ils goûtent la paix de Dieu, qui surpasse tout sentiment, parce qu'ils aiment ce bon et souverain Maître , et qu'ils observent ses lois.
O qu'il est doux , qu'il est délicieux de vivfe dans l'union la plus intime avec de saints amis !
De la dévotion k la très sainte Vierge, Mère de Dieu.
1. VocLEZ-YOUS être sauvé , mon bîen-aim'é ; voulez-vous sortir victorieux des combats continuels que vous avez à soutenir contre le moQdc , la chair et le démon ?
Ayez la plus tendre dévotion à Marie , honorez avec autant d'assiduité que de piété cette sainte Mère de Dieu.
C'est elle qui a écrasé la tête du serpent îofer-
GllDE DK LÀ iEUEESSE. tOt
Bai, et c'est par elle que voqb Iriompherei des ()iiis dangereux eonemis de voire âme.
Elle est votre plus poissante avocate aoprèsde OieOv, et c'est par son entremise que vos prières sont exaucées.
Elle est la reine du Ciel , et lorsque vous loi adresserez vos supplications, elle en (èradetcendre sur vous les dons et les grâces les plus ^écieux.
Elle est on modèle achevé de toutes les vertus ; et si , dès la jeunesse , vous vous appliquez à l'imiter et à lui devenir semblable , il n'est pas douteux que vous ne deveniez très agréable aux yeux du Très-Haut , comme elle fut elle-même, dès sa plus tendre enfance, l'objet de ses complaisances.
Elle est cette Vierge bénie entre toutes les femuies qui saura fléchir son divin Fils, lors même qu'il sera irrité contre vous.
Pourvu que vous vous recommandiez à elle dans les sentiments d'une véritable contritioii.
Elle est cette mère très sainte aux prières de laquelle ne saurait rien refuser celui qui , étant le Fils de Dieu et le sien , lui a été si parfaitement soumis.
Elle est votre tendre mère qui , vous aimant «o-delk de ce qu'on peut dire , ne vous abandonnera jamais , lorsque vous aurez recours
à elle. »
m GlIDE m LA JKUNKSSK.
C'est elle qbi est particolièreinent le refoge et le âeconrs de la jeunesse , et c*est par elle que tant de jennes gens , triomphant des tentations les plus dangereuses , domptant les passions les plus violentes , ont en le bonheur de pratiquer les pins belles vertus , de marcher dans la voie de la perfection , et de devenir des saints.
Il n'est pas douteux que , si vous vous nàettez comme eux sous sa protection , si vous êtes un Yrai serviteur de Marie , vous n'assuriez aussi oomme eux votre salut , et ne vous mettiez à l'abri de ta damnation éternelle.
% Mais que ferez^vous pour être un vrai serviteur de Marie T écoutez-moi , mon fils , et je vous l'apprendrai.
Vous devez savoir avant toutes choses que Marie déteste le péché , parce que Jésus-Christ son Fils l'a en horreur, et qu'il a été la cause de sa mort.
Ne croyez donc pas pouvoir plaire à cette samte Mère de Dieu , tant que vous vivrez dans le péché , et que vous continuerez i faire par des crimes une guerre ouverte à Jésus « Tadorable Fils de Marie.
Quittez les armes de l'iniquité et dii crime ,
concevez une souveraine horreur dû péché,
avant de vous présenter à Marie , pour vous
tnettit; sous sa protection.
Après avoir renoncé de tout votre cœur au
péché , ne cra^nes pas de tous approcher de oette Vierge salote , quand même tous ne seriez pas encore déchargé par l'absolation do poids de fos crimes. Allez , allez à elle avec confiance.
£Ue est » mon fib , le refuge des pécheurs , et elh ne souffrira pas que votre âme , si elle lui est dévouée , soit livrée aux ténèbres étemelles ; mab elle priera pour vous , afin que le Seigneur feus pardonne.
Approchez-vous d'elle, et considérant avec idmiraticHi ses grandes vertus , appliquez-vous de toutes vos forces à les imiter; efforcez-vous surtout de devenir humble et chaste comme elle.
Recourez à elle, et recommaudez-lui avec «nour les misères et les nécessités de votre âme.
£t afin de vous la rendre propice , soyez exact à l'honorer chaque jour par quelques pri^res^
Témoignez-lui votre respect par des louanges, votre confiance par des supplications, votre dévouement par des bonnes œuvres; montrez votre zèle pour sa gloire en célébrant ses fêtes avec un saiut empressement et une religiense ferveur.
Recourez surtout à elle dans la tentation et les dangers.
Oui , mou fils , si vous ressentez les attaques <le Teiinemi du salut ; si vous vous trouvez dans
104 GUIDE De U JKUNKSSK.
quelque GÛrcoDstance maiheareoseou périlleuse; ù voos êtes dans qoelqae perplexité ,
Appelez Mark à votre seroors, penseï Si Marie, invoquez Marie; que votre esprit ne perde pas son soovenir, qoe votre cœur, d'accord avec votre bouche , ne cesse de réclamer sa poissante intercession.
Mon fils , Marie connaît et aime tendrement cenx qoi sont remplis d*amoor pour elle ; elle est toujours disposée à Toler au secours de ceux qui l'invoquent , elle protège surtout ceux qoi s'appliquent à imiter son admirable humilité et son incomparable pureté.
Des jeunes gens qui ne veulent pas écouter ceux qui les reprennent, et sont indociles aux avis qu'on leur donne.
1. C'est souvent, à la vérité, par la faute des parents que les jeunes gens se dérangent , parce qu'il est un grand nombre de pères et de mères qui n'instruisent, ne reprennent et ne corrigent pas leurs enfants.
Nais il n'est pas rare que ce soit aussi la
GUIDK D& LA JEUNESSE. 103
ftttes des jeunes gens • s'ils prenneot oa nauvais pli et defieonent vicieox.
Car il est des jeunes gens qui ne veulent pas être dociles à ceux qui les dirigent , qui n'écoulent pas ceux qui les enseignent, qui enfin Be veulent recevoir ni avis ni conseils.
Jb ne souffrent pas qu'on les reprenne » ib w soulèvent lorsqu'on les punit pour les (autes qa'ibont faites, ils ne cèdent pas quand on s'efforce de les ramener an bien.
Cette obstination est assurément très mau- Tai8#, puisqu'elle ne vient que de l'orgueil, ou tout au moins d'une légèreté d'esprit qui ue fait aucun cas des choses solides et importantes.
Précautionnez-vous contre un vice si dangereux , mon bien-aimé , car il serait un grand obstacle à votre bonne éducation et à la réforme de vos défauts.
Et comment pourriez-vous vous adonner à la pratique du bien et de la vertu , si vous ne Toulez pas même souffrir qu'on' vous reprenne de vos fautes ?
On regarde avec raison comme désespéré le laalade qui ne veut pas connaître le danger de son état , et qui repousse tous les remèdes qu'on lai présente.