DEVOIRS DU DIRECTEUR
Notre directeur sera plein de douceur avec nous tant que nous nous montrerons dociles ; mais il sera brusque et bref quand nous ferons preuve d’entêtement. Il ne nous laissera pas répéter les mêmes choses à chaque confession, malgré notre vif désir de le faire. Il nous enseignera à mépriser nos scrupules par le mépris qu’il montrera lui-même pour eux. Il nous défendra de nous en accuser en confession, et nous accoutumera à aller communier sans avoir préalablement reçu l’absolution, ce qui, dans notre état de sensibilité nerveuse, sera pour nous une douleur plus cuisante que la souffrance physique. Il abrégera le temps qu’il nous accordait pour notre examen de conscience, et nous nous sentirons d’abord si agités, qu'avant que nous ayons pu achever un acte de la présence de Dieu, le temps se sera écoulé.
Il nous forcera aussi à décider promptement si nous devons agir ou non dans une circonstance donnée, à moins qu’il ne soit
… sd
FE" ST ST re (5
cstrtlinstent
A A 25 Se pan va mnt tom EE ur
trop évident qu’une telle action est un péché. Puis, lorsque nous viendrons à lui, le visage bouleversé, et tout inquiets à cause des fautes que nous croirons avoir commises en agissant d’après ce principe, il nous traitera avec brusquerie et ne montrera que du mépris pour nos scrupules.
Il ne nous laissera jamais savoir s’il juge que nous sommes ou non en voie d’amélioration, mais il éludera nos questions par quelques lieux communs insignifiants.
Le repos étant la chose que nous souhaitons le plus, il ne nous accordera aucun répit, et nous fatiguera impitoyablement par des occupations aussi nombreuses que propres à distraire. S'il advient, ce qui se présente très souvent, que nous ayons des scrupules sans être habituellement scrupuleux, c’est-à-dire que nous soyons trop minutieux sur un point en particulier, tandis que sur d’autres nous sommes comparativement à notre aise, notre directeur usera de sévérité envers nous. et ne nous fera sentir que notre relà .* 1ent.
Les personnes nouvellement cuaverties ont des scrupules touchant leur CONFES- SION GENERALE; a-telle été complète? a-t-elle excité en elles assez de contrition? Le médecin spirituel leur permettra tout au plus quelques réflexions générales sur les péchés de leur vie passée,
ST
et souvent m me il leur interdira cet exercice. Il ne leur permettra jamais, tant qu’elles seront dans un état de scrupules, de s’arrêter sur quelques péchés en particulier, et à plus forte raison sur les circonstances qui les ont accompagnés.
En effet, la tristesse est un piège que le uémon leur tend ordinairement à cette époque de la vie spirituelle. Quand leurs scrupules seront évanouis, leur directeur leur permettra peut-être de faire une confession générale, pourvu qu’eiles veuillent y mettre du calme, mais ensuite il leur imposera sur le passé un silence absolu, qu’elles ne pourront rompre qu’en deux circonstances : lorsqu'elles auront complètement cessé d’être scrupuleuses, où bien qu'elles pourront affirmer avec serment qu’elles se souviennent d’un péché mortel dont elles re se sont jamais confessées.
Car ce péché leur a déjà été indirectement remis et nous ne sommes pas tenus de rétablir l'intégrité matérielle de nos confessions passées, au prix d’un inconvénient aussi grave qu'une rechute dans les serupules. Si les personnes en question disent à leur directeur qu’elles seront. plus tranquilles s’il veut leur permettre de parler, il persévérera dans ses refus, et les invitera à offrir à Dieu le sacrifice de cette inquiétude intérieure.
LT