‹ Le Guide des âmes scrupuleuses [microforme]Chapitre 9 sur 19 · PRIVILEGES DÉS SCRUPULEUX · texte numérisé non relu

PRIVILEGES DÉS SCRUPULEUX

Les théologiens, d’un consentement unanime, ont accordé certains privilèges aux personnes scrupuleuses. Le PREMIER consiste en ce qu’elles peuvent agir lors même qu’elles craindraient de pécher en agissant de la sorte, pourvu qu’elles aient reçu des instructions à cet effet de leur guide spirituel. Que dis-je? elles sont tenues de se conduire ainsi, et si elles ne veulent pas s’y soumettre, elles commettent de leur plein gré cinq fautes, qui toutes frisent plus ou moins les limites du péché véniel, et quelquefois les dépassent.

Les susdites personnes osent, dans leur présomption, opposer leur Propre opinion à celle de leur directeur, ce qui est de l’orgueil et de l’obstination. Elles lui refusent l’obéissance qu’elles lui doivent et que peut-être elles Jui ont promise, Elles entravent clles-mêmes leurs progrès dans

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la spiritualité, et s’éloignent ainsi de la perfection à laquelle elles sont obligées en vertu de leur état de vie ou des grâces qui leur ont déjà été conférées. Dans maintes circonstances, elles portent atteinte à leur santé physique, ce qui affaiblit encore leur tête, et elles font que leurs devoirs de chaque jour s’accomplissent mal, en ce sens qu’elles se privent des moyens de recouvrer cette lumière et cette paix de la présence de Dieu, qui jette léclat de la perfection sur nos actions les plus ordinaires.

Le SECOND privilège des gens scrupuleux, c'est qu’ils peuvent être sûrs qu’ils n'ont pas commis de péché mortel, à moins qu’avec pleine connaissance de cause, ils ne puissent consciencieusement jurer qu’ils l'ont fait. La raison de ceci est fondée sur ce qu’il est impossible à la volonté de passer soudainement et à son insu d’une crainte excessive à une morale relâchée. Il est vrai que les scrupules aboutissent au relâchement ; mais ils ne le produisent pas par un changement instantané, ni ne je font passer dans l’objet même auquel ils s’attachent. Ce privilège impose à ceux qui en jouissent l’obligation de ne pas confesser comme péché mortel les actions de nature douteuse, et

de ne pas s’abstenir, à cau:e d’eiles, de ieurs communions ordinaires.

Le TROISIEME privilège des personnes scrupuleuess, c’est qu'elles ne sont pas tenues d'examiner les choses avec autant d’exactitude que les autres. La raison en est dans leur infirmité. ('e sont les invalides de la spiritualité, et la vie d'une personne valétudinaire est adoucie par une multitude de dispenses que l'autorité de Dieu même Jui accorde. 11 est probable que ces pauvres infirmes ne retrouveront jamais une santé robuste; il est donc important de soigner les forces si lentes à revenir à la convalescence. Un examen de conscience minutieux ou réitéré de la part d’un homme à scrupules serait une imprudence semblable à celle d’un blessé qui serait sans cesse à nouer ct à dénouer ses bandages, lorsque le chirurgien Jui a précisément recommandé de tenir le menbre dont il souffre dans un repos absolu, et la plaic soigneusement entourée de Jinges. Les personnes scrupuleuses ne doivent donc être autorisées à recommer.cer ces sortes (l’examens que dans des cas fort graves et sur la permission expresse de leur directeur. Car ce privilège, aussi bien que les autres, doit devenir une obligation dans la pratique.

Nous avons certainement plus de souci

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de notre corps que de notre äme. Si nous sommes attaqués du choléra, nous savons qu'il nous faut subir un traitement que la nature goûte médiocrement ; et nous ne songeons pas alors à chercher querelle à notre chirurgien ou à notre médecin, si, joignant da fermeté à la douceur, il nous oblige à rester tranquilles quand nous voudrions nous donner du mouvement, ou s'il nous interdit les aliments que nous désirerions prendre. Ainsi devons-nous nous résoudre à nous laisser traiter par notre médecin spirituel, quand nous sommes attaqués de la maladie des scrupules.

Quelles que soient selon nous nos difficultés de casuiste, il ne fera paraître aucun signe d'incertitude ou d’hésitation:; à tel point que nous douterons qu'il les ait sérieusement examinées, où qu’il nous ait bien compris. Il ne nous donne aucune raison pour ce qu’il nous prescrit: car une raison ne serait que le germe de nouveaux scrupules. Nous devons nous ouvrir complètement à lui, quoi qu’il pu: « nous en coûter. En même temps il faut regarder comme un vrai scrupule d’exagérer en confession. Cest là une faute où tombent communément les personnes scrupuleuses.

Elles simaginent qu'en exagérant elles “ront sûres de donner une explication au moins suffisante: erre *. erreur d’au-

tant plus déplorable qu’elle serait moins grave dans le sens oprosé. Mieux vaut atténuer ses fautes {ce qui est déjà un grand tort) que de es exagér':: les conséquences en sont mis fier Les.

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