OBJETS
Si nous jetons les yeux sur les objets auxquels les scrupules s’attachent de préférence, nous verrons combier. de raisons nous avons de les fuir avec une aversion mêlée de mépris. Prenons d’abord la prière, Chez une personne dont l’état d'esprit n’est pas parfaitement sain, il semble véritablement que cet exercice attire les scrupules. Que la prière soit mentale, vocale ou jaculatoire, qu’elle se formule par des considérations, des affec-
tions, ou des résolutions, elle semble, dans toutes ses parties, leur offrir autant d’aliments favoris, dans lesquels ils sucent l'essence de la vie divine. Ils s’attachent aux sacrements, surtout à ceux de pénitence et d’eucharistie, avec une ténacité qui ne saurait être égalée que par leur versatilité. La communion aride a une série de scrupules qui lui sont propres, la fervente :ommunion a les siens. Quant à ce qui est de la confession, chez l’un ils s’attaquent à la pénitence, chez l’autre à la contrition, chez un troisième à l’énumération des péchés, chez un autre enfin à la préparation; ils souillent tout ce qu’ils touchent, sans aucune espèce de distinction. Rien de plus élevé qu’un voeu : le scrupule, petit, mais robuste, parvient à s’en faire une proie favorite.
Véritable parasite, il se cache dans l’ombre, là où nul rayon ne peut venir l’éclairer, de sorte qu’il est également difficile de l’apercevoir, de s’assurer de sa présence et de l’atteindre. C’est dans les motifs de nos actions qu’il se cache de préférence.
Les tentations sont sa tâche; les cas de conscience imaginaires sont les jeux où il se plaît.