‹ Le guide des comices et des propriétaires [Texte imprime]Chapitre 4 sur 13 · OBSERVATIONS SOU LE CHAPITRE PRECEDENT · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SOU LE CHAPITRE PRECEDENT

i” On manque partout de fumier ; on en manquera toujours. Il faut y y suppléer par d’autres moyens.

Le cultivateur qui, sur 8 hectares, en fumera seulement 3 avec de la terre, de la chaux ou des récoltes enfouies, aura un immense avantage.

Les récoltes enfouies ne coûtent presque rien.

2“ Je conseille de ne faire les expériences que sur la moitié du champ, et de fumer l’autre moitié à l’ordinaire. Vous pourrez alors comparer et juger.

3“ Dans vos jardins, il y a des carrés que vous ne semez qu’au printemps, comme vos cheuevières ; inettez-y, soit une vesce noire, soit du seigle ; mêlez les 2 plantes, semez très-épais, vous enfouirez en semant ou en plantant.

Faites des haricots, des pois tardifs., dans les champs, sur une récolte enfouie, ainsi que des pommes de terre et des topinambours, vous serez coutens, je vous l’assure.

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DES PKAIRIES AETIEICIELLES.

C’est un des pkis piiissans moyens d’amélioration. Quand je voyage en France et que je vois des plaines immenses couvertes de céréales et sans prairies, je suis profondément affligé.

Je conçois les raisons des laboureurs. «Il nous faut de l’argent, m.e disent-ils; le blé est notre seule récolte d’argent, nous sommes forcés d’en semer, et beaucoup; encore n’en récoltons-nous guères.

» Nous manquons de fumier : nous ne pouvons cultiver la garance, le safran, \e pastel, le colza, le pavot, le houblon, le chanvre et le lin; ce sont des récoltes de commerce qui donnent de grands bénéfices, mais qui exigent trop d’engrais.

» Ainsi nous semons toujours du grain d’une espèce ou d’une autre, et ça vient commeça peut.»

La difficulté consiste dans la transition du grain à la prairie; car on reconnaît partout les avantages qu’offrent les prés. On en voudrait, pourvu qu’on ne diminuât point la sole arable.

On croit que si l’on sème i hectare de moins, on récoltera de ^7 à 12 hectolitres de moins ; enfin que la quotité de la récolte sera toujours en raison de la quantité de terre ensemencée.

Eh bien! c’est une erreur.

Ce n’est pas ce qu’on sème qui produit, c’est ce qu’on fume. ’

Remarquez aussi que la terre se lasse des mêmes plantes; il faut la changer de culture : c’est un fait reconnu par tout le monde. Ce qui m’a fait dire:

« Plus on sème, moins on récolte. Plus on veut avoir et moins on a.

» Si lu veux du blé, fais des prés.

» La terre s’épuise par le blé et se repose avec le pré.

» Le pré donne du fourrage ; le fourrage nourrit le bétail ; le bétail fait du fumier; le fumier produit le grain.

» Dans toute terre qui donne du blé , on peut faire un pré. Il y a plus d’espèces de prés qu’il n’y a d’espèces de blés.

« Le pré repose la terre du blé. Vous aurez, après un pré, triple récolte de blé.

B La conclusion est que celui qui ne fait pas de prés aura peu de blé. Ou enfin à petit fumier, petit grenier (1). »

(1) Je copie ici une des histoires fantastiques que je mets dans mes almanachs, pour qu’on la lise et qu’on s’instruise. C’est un enfant qui raconte :

« Affaire surprenante. — J’ai vu , comme je vous vois , ce que je vais vous dire,

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