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Si CCS adages populaires rpie j’ai répandus à profusion dans mes almanachs sont vrais, si les comices en sont convaincus, ils peuvent faire faire des prés partout , sans aucune peine, avec unecitrème facilité.
Il suffit de faire ce que j’ai fait.
J’ai une ferme de /p hectares dans la commune de St-Médakd, arrondissement de Melle (a-SÈvr.Es). La terre estcalcaire, couverte de pierres, et l’on ne peut labourer à plus de 4 » 5 doigts de profondeur sans rencontrer la roche.
Voici les couilitions du bail :
« 1“ Le fermier sèmera chaque année des sainfoins, jusqu’à i5 hectares, qui seront faits dans 4 ans ;
2® Il entretiendra toujours cette même quantité de i5 hectares, et la laissera à la fin du bail ;
3" Il ne pourra sous-louer , ni vendre de fumier, de paille, de foin, ni de fourrage vert ;
4“ S’il manque a quelques-unes de ces obligations, le propriétaire pourra faire résilier le bail , apres un simple commandement de sortir, à la fin de l’année courante , sans préjudice des dommages-intérêts dont sera tenu le fermier. »
reprit le petit, La nuit dernière, il faisait noir comme dans un four; j’entends grand bruit, plus fort que 100,000 canons tirant ensemble. Ah! ah! d il Pierre Labomhe, il y a bataille... Forte bataille, répond l’enfant. Un grand trou s’ouvrit auprès de mon lit, de 100 lieues de long et 100 lieues de large; 50 soleils éclairèrent la chambre. Une vieille femme, de 120 pLeds de haut, sortit du trou, criant, pleurant, éguenillée, maigre et mal peignée.
» Me connais-tu, mon petit i^ran/; ?... Non vraiment.... Je m’appelle laTerre, je nourris le monde et suis ta grand’mèie.... Pourquoi pleurez-vous, ma grand’mère?... Le mauvais cultivateur me fait chagrin : il laboure et sème toujours du grain, sans fumer, sans rien me donner, Dis-lui donc ça, mon pauvre Franfc.... Ma grand'mcre, je lui dirai.
» Dans son jardin , il change tous les ans de carrés pour l’oignon, l’ail et le potage. Dans les champs il ne met luzerne après luzerne, ni 2 maïs , 2 pommes de terre ou 2 trèfles de suite ; mais il sème 2 fromens, fume petitement , ou froment, méture, avoine ou baillarge; enfin toujours, toujours du grain, si bien qu’il m’épuise et qu’il n’a rien. Dis-lui donc ça, mon pauvre Fran/c.... Je lui dirai, ma grand’mère.
>'La mauvaise herbe me mange ; elle vient toujours et tue son blé. Le seul moyen, c’est de mettre en pré pour que la mauvaise graine pourrisse. Dis-lui donc ça, mon pauvre Fran/c.... Ma grand’mère, je lui dirai.
5 Quand il fume bien et neMict qu’un blé , ou bien quand il lève un pré , je dnrne triple récolte, longue paille et beaux épis, grain posant et bien nourri. Jo rends plus dans 1 an que dans I. Dis-lui donc ça, mon pauvre Frarift,,., Je lui dirai, ma grand’mère.
J’ai fait exécuter ponctuellement ces conditions.
En 184 1 , je suis allé dans cette commune, au mois de mai. Je fus trcsétonné de voir partout des sainfoins dans la plaine. Je témoignai ma surprise au fermier. 12 années avant, il n’j en avait pas i hectare.
« Maître me dit-il, c’est un grandmalheur.... Comment cela?
lui dis-je ... Dans les années, ils disaient tous ; « Touillaud se ruine; il met toutes ses terres en prés, et ne récoltera plus de blé ; la tète lui tourne. «
xDans ces années, je ramassais tout autant de blé. Ça m’étonnait. C’est peut-être parce que je fumais mieux. Je n’ai pas tardé à en ramasser davantage; ils l’ont vu. Je vendais encore des graines de sainfoin; j’ai acheté du bien; ils l’ont su. Cela leur a fait faire des prés; ils vendent aussi de la graine et me font concurrence : c’est malheureux pour moi.
» Eh bien! lui dis-je ; tu as écrit sur la terre un almanach du laboureur, et tes voisins l’ont lu ; c’est à jnerveille. »
IM. Brelay avait 20 hectares dans la commune de Beauvoir-suk- Niort; il les mit tous en sainfoin. On se moqua de lui. Mais quand on vit le parti qu’il en tirait, on ne tarda pas à l’imiter. Depuis on cultive et on cultivera toujours le sainfoin.
Je pourrais citer la commune que j’habite, qui n’a pas i arc en prés
>Moa Dieu! je ne demande pas à me reposer. Je veux toujours marcher, mais toujours changer. Jamais 2 ou 3 grains de suite : ça m’écrase. Autrement je no nourrirai tous mes enfans. Dis-lui donc ça, mon pauvre Fran* * ... Ma grand’mère, je lui dirai.
• Dis-leur : Madame la Terre est maligne comme un diable , revêche et têtue ; il faut lui obéir pour qu’elle donne.... Je ne dirai pas ça, ma grand’mëre.... Si fait, si fait, il faut qu’ils me connaissent. Ne les entends-tu pas me dire dessottises, crier : La terre ne vaut rien ? ce sont eux qui ne valent rien.... Je leur dirai bien ça, ma grand’mère.
» Vois-tu, madame la Terre a 20 espèces de sucs , l’un pour le grain , i'aulre pour la pomme de terre ; celui-ci pour la betterave , celui-là pour la garobe , le colza, le sainfoin, la luzerne, etc. Quand l’un est épuisé, il faut lui donner le temps de se refaire. Quand on a trait la vache, on attend le lait à revenir.... Ma grand’mere, je comprends ça.
• Après un renouvelis , tout vient à merveille ; c’est que tous les sucs sont là. On peut mettre 2 fromens , en les fumant. Mais quand le cheval est fatigué , on le laisse reposer; quand la charrette a roulé, il faut la graisser... Je leur dirai ça, ma grand’mère.
• Plus rien n’a dit la madame. J’entends un grand charaaillis , coratne chiens hurlant, fresaies criant, puis un petit charivari, et ça fut üni. »
naturels, et qui élève et nourrit l)eancoup de ])ét;ul ; j’en nommerais wjie foule d’autres.
U exemple est un maître habile. Prêchez d’exemple : c’est le plus puissant de tous les enseiguémeus.
Mais, me dira-t-on, si les propriétaires refusent d’insérer ces conditions dans leurs baux, qu’arrivera-l-il ? Je réponds qu’on ne peut pas améliorer la propriété d’un homme malgré lui. Mais je crois que beaucoup céderont aux sollicitations du comice; enfin les membres du comice donneront les premiei s l’exemple. Si les comices ne veulent pas le donner , ils diront alors ou que l’agriculture n’a pas besoin de prairies, ou qu’il y a un moyen plus elllcace, et ils l’indiqueront.
Mais j’assure que si "2 ou 5 fermiers par commune étaient forcés 'a faire des prés, vous en veniez, dans lo ans, dans toutes les fermes (i).
(I) Le comice devra étudier le sol , et connaître à peu près quelles sont les p'antes fourragères qui rèassiront dans chaque commune.
Alors il rédigera une instruction , il l'adressera au propriétaire, dont il trouvera la demeure et le nom sur les rôles. Cette instruction sera imprimée ; seulement on indiquera à la main la nature des prairies ; car il en faudra souvent de plusieurs espèces dans une même ferme.
Je ne prétends pas qu'on doive exiger de suite que i ou t du soi arable soit mis en prés, dans 3 , 4 ou 5 ans. — Mais il faut une quantité notable, la partie au moins. C’est peu pour la luzerne, dont la durée moyenne est de 8 ans; car, sur 0 hectares, le dernier ne serait semé que dans 40 ans. C'est également peu pour le sainfoin, qui dure 4 et .’j années. Mais c'est assez pour le trèfle, qui ne doit durer que 1 an (non compris l’année où on le sème) , et ne reparaître sur le même sol (jue tous les G ans.
Qu'on me permette d'indiquer ici comment je fais les prés. Il y a bien longtemps que j'en fais, et de toute espèce.
Règle générale. Qu’il n'y ait pas de chiendent sur lo sol ; purgez-en bien la terre avant de faire un pré.
Luzerne. Si vous le pouvez, chaulez un froment ; fumez la 2‘' année une pomme . de terre ; chaulez encore un froment, el semez la -'f année la luzerne ;
Ou bien chaulez un froment et semez l’année suivante ;
Ou enfin, après un froment fumé , mettez une pomme de terre fumée , et semez au printemps suivant.
Les livres disent de ne semer qu’une espèce de graine ; ce n’est point ma méthode.
.le sème 221' '1,50 de luzerne et 3 kilog. de trèfle par hectare. La !'•'= année, l’herbe s’empare souvent des jeunes prés ; si elle ne les tue pas, ils ne sont jamais bons. Lo trèfle couvre la terre et l’herbe est étouffée, füentôt le plus fort tue le plus faible, et le plus faible sert d’engrais au plus fort. La prairie n’en souffre pas, et vous avez abondance de fourrages la l'" année.
Sainfoin. — Il faut 4 hectolitres par hectare, lO kilog. de luzerne, 2 de trèfle et 10 de lupuline. Je n’ai jamais vu de terres calcaires , n’eussent-elles que 2 à
L’avaiilage est tcllcinciil évident qu’il serait bientôt apprécié par tout le monde.
Je terminerai ce chapitre par une observation dont tout le monde sentira la justesse ; c’est que, dans les climats excessifs, où l’on ne lait de racines que sur les sols exceptionnels, il faut une plus grande étendue de prairies.
Car le bétail et le fumier sont partout d’une absolue nécessité. Quand on ne peut pas nourrir les animaux d’une manière , il faut les nourrir d’une autre.
Aussi ai-je dit : « Qui laboure tout et toujours ne portera point culotte de velours ; et celui qui ne fait pas de prés récoltera peu de blé. »•
3 doigts sur la roche, sans que des pieds de luzerne n’implauteut leurs raciues dans les fissures et n’augmentent de beaucoup la récolte.
Si la terre est propre à la fois pour la luzerne et le sainfoin (il y en a beaucoup de celte nature), vous mettrez ai^ci^sode sainfoin, et 13 kilog. de luzerne, de trèfle et 10 de lupuline, par hectare.
Trèfle. — Semez del2>^'i,û0 à 15 kil. par hectare. Mais semez le trèfle en bourre, dans les climats excessifs ; sinon, la chaleur le tuera l année sur 2.
Trèfle incarnat, Lupuline. Vous devez les semer en bourre; ils réussissent mal en grains. .
Pimprenelle. Elle convient sur les sols calcaires arides.
Prairies amjlaises. Elles se font avec le ray-grass d’iViVoLETEciiE, beaucoup de graines de foin, du trèfle rouge, du trèfle blanc.
Il y a avantage à semer épais: le fourrage est plus fiu et meilleur, lu prairie réussit mieux.
Je crois utile maintenant de faire connaître la manière de semeii le ïiièfle ex BOuuaE, qui m a été indiquée par M. Senac, propriétaire-cultivateur à Vio.san, près Mikaxüe ;Geiis). C’est un homme instruit et recommandable. Hans le Miui il y a beaucoup de propriétaires fort distingués et qui s’entendent en culture. S’ils so réunissaient en comices, ils feraient faire un pas immense à la science pratique.
Ce moyen est fort bon dans le Midi, dans I'Olest et dans une partie du Ckvtue où j'ai souvent vu les jeunes trèfles brûlés par quelques jours de chaleur , même au milieu de l’été.
Mais il est inutile dans le îs'drd de la Fbaîice et de l’EcROrE, de même que dans I’Est et dans tous les pays où la terre garde sa fraîcheur.
En semant en bourre, on cultivera le trèfle sur les sels argilo-calcaires, même sur ceux où le calcaire domine, ainsi que sur les sables qui conservent un peu d’humidité.
Je ne prétends pas qu’il ne brûlera jamais. Dans les climats excessifs, on éprouve quelquefois des coups de soleil si violens , qu’il est impossible que les jeunes trèfles ne brûlent pas.
Quand il s’agit d’une méthode nouvelle, les plus petits détails ont leur utilité :
Vous ébourrez le trèfle à la manière ordinaire ;
Vous battez la bourre, avec le fléau, plus que de coutume ;
Vous vannez cette bourre 2 fois de suite , et vous ne prenez queja meilleure bourre, celle qui conlicnî du grain.