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de ces moyens que tu supposes n'être qu’un but SeCon daire ? |
Mais écoute la réponse que j’ai à te donner () ; elle ôtera de ton cœur cette inquiétude et te manifestera la vérité de ce que je l'ai fait observer. En effet, le texte même du Pentateuque nous présente quelque chose d’analogue, en disant : Dieu ne les conduisit pas par le chemin du pays des Philistins, quoique celui-ci füt rapproché, ete. Et Dieu fit tourner le peuple du côté du désert, vers la mer de Souph (Exode, XII, 47 et 18). De même donc que Dieu, dans la crainte d’un obstacle que leur corps naturellement n’aurait pu vaincre, les fit dévier du chemin direct © qu'on avait eu d’abord en vue, vers un autre chemin , afin que le but principal fût atteint, de même, craignant (de leur révéler directement) ce que l’è âme naturellement n’aurait pu concevoir, il leur prescrivit ces lois dont nous avons parlé, afin que le but principal fût atteint, à savoir, la conception du wrai Dieu et l'abolition de l’idolâtrie. En effet, de même qu’il n’est pas dans la nature de l’homme qu'après avoir été élevé dans un travail servile , celui de l'argile, des briques, etc., 1l aille SUHPLIEn laver la souillure de ses mains et combattre tout à coup les descendants d’Anak (%), de même il n’est pas dans sa nature qu'après avoir été élevé dans des espèces trèés-variées de cultes et dans des pratiques habituelles avec lesquelles les esprits se familiarisent tellement, qu’elles deviennent en quelque sorte une notion première, (il n’est pas dans sa nature, dis-je) qu’il les abandonne tout à coup. D'une part donc, Dieu usa de pré-
- voyance en faisant errer ces hommes dans le désert jusqu’à ce
qu'ils fussent devenus vaillants [car on sait que la vie du désert
dé (1) Tous les mss. ar. ont MON}, {a réponse, et de même Al-’Harizi nan à. bn-Tibbon a n2\%n, ma réponse.
(2) Tous les mss. ar. ont ANS ; Ibn-Tibbon a nnwt7, et Ala” ’Harizi nN953n. Je crois qu’il faut prononcer #5), de la racine à >, "+ diligens fuit, intendit.
À, (3) Allusion au livre des Nombres, chap. xt, v, 28, + 4 é ; sb :
à F à à de ue à % 4 En Lg
et les privations () du corps produisent la vaillance, et que N contraire engendre la lâcheté|, et, en outre, il naquit aussi des hommes qui n'étaient pas habitués à la bassesse et à la servitude; tout cela se fit par les ordres divins donnés par l’intermédiaire de Moïse , notre maître : Par l’ordre de l'Éternel, ls campaient, et par l’ordre de l'Éternel, ils partaient ; ils obser vaient le commandement de l'Éternel , selon l’ordre que l'Éternel | avait donné par Moïse (Nombres, IX, 23). D'autre part, les lois de cette classe © leur furent données par la prévoyance divine, | afin qu’ils consérvassent cette espèce de pratique à laquelle ils étaient habitués, et que par là püt s’affermir la foi, ce qui était le but principal.
Tu demanderas (en second lieu) : « Qu'est-ce donc quiempêchait Dieu de nous révéler (directement) ce qui était son but principal et de nous rendre capables de concevoir ce but ? » Mais on peut rétorquer contre toi cette seconde question et te dire : Qu'est-ce
donc qui empêchait Dieu de leur faire prendre le chemin du pays des Philistins et de les rendre capables d'aborder les guerres, sans qu'il eût besoin de leur faire faire ce détour avec la colonne | de nuée pendant le jour et la colonne de feu pendant la nuit (Exode, XIIL, 21,22)? De même, on pourrait t'adresser une troisième question au sujet des détails de promesses et de menaces
(1) Au lieu de nd, la vie du désert, quelques mss. ont SN, la fatigue ou la misère. Le mot nyt (cam) signifie proprement: désordre, saleté, manque de soins; dans les dictioñnaires, le verbe ÉarË est rendu par disgregatus fuit, capillum dispersum et pulvere inquinatum habuit. Ibn- Tibbon a paraphrasé les mots DDÏSN Aywr par AA MINI DIM 0n2 NuY93 n%n1D. La version d’'Al-Harizi porte : nÿ13t" 299 20 pON Nÿ 12 DA) AENIN DIPIN. La
(2) C'est-à-dire , les lois relatives aux pratiques cérémonielles, et À notamment aux sacrifices. Ibn-Tibbon traduit le mot Ab, : ensemble,
vx CO classe, par pon, partie. D %« .
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re relatives à toute la loi 4), et l’on pourrait te dire : « Puisque le ut principal et l'intenuon de Dieu étaient que nous crussions à celte loietque nous ohbservassions les pratiques qu'elle prescrit), pourquoi ne nous a-t-1l pas donné la faculté de concevoir toujours ce but (%) et d’agir en conséquence , plutôt que de se servir d'un moyen détourné, (en nous avertissant) qu’il nous récompenserait pour notre obéissance et qu'il nous punirait pour notre désobéissance ? et pourquoi réaliser toutes ces récompenses el toutes ces punitions? Car (4) c’est là encore un moyen indirect employé à notre égard pour obtenir de nous ce qui était son but principal. Qu'est-ce donc qui l’aurait empêché de fixer en nous un penchant naturel pour accomplir &) les actes de piété qu'il désirait et pour répudier les péchés qu'il détestait ? » On peut faire à ces trois questions et à toutes les autres sem-
(4) C'est-à-dire , au sujet des récompenses qu’on promet à ceux qui observeront la loi, et des châtiments dont on menace les transgresseurs. Al-Harîzi traduit littéralement, en supprimant seulement byon, détail : annn 92 Sp Anbanm nonbnn n202. Ibn-Tibbon, trouvant sans doute le texte arabe trop obscur, l’a paraphrasé dans ces termes : DJ Dpt nivo nt 5 A JUN DNA ODA N20 5p IA 5D D SUN.
(2) Au lieu de RMSRMYN, ses pratiques, Ibn-Tibbon a 73 51957 555; Al-Harizi traduit littéralement : HwY1 mwpi.
(3) Le texte arabe dit : de concevoir toujours cela; c’est-à-dire, de comprendre que telle a été réellement l'intention divine. Ibn-Tibbon traduit : 9n nn: n92p?; de la concevoir et de la pratiquer toujours (où le pronom 4 se rapporte à la Loi), et de même Al-Harzi: 5255 0n nnwyS MNIN; mais, si tel était le sens, l’auteur aurait dit : NA DDYoN: N752p ‘by, et non pas: 2 5DYON) Tan 12p \5p.
(4) Nous avons écrit JN9, quoique cette leçon ne se trouve que dans un seul de nos mss. (suppl. n° 63); les autres mss. ont JN3 (e.-à-d. no) comme si c'était là encore elc. La version d’Ibn-Tibbon, }5 D3 nKt ‘5 V4 nounn, favorise la leçon que nous avons adoptée; de même, celle d’AlHarizi, qui porte : y NN On D) ‘2.
(5) Dans L vel ion d’Ibn-Tibbon, le mot JN'NN a élé mal rendu par al AL Harizi aduit plus exactement : pEn UN MLD nu y.
Se ner d
blables une seule réponse générale que voici : Quoique tous]
miracles consistent dans le changement de la nature d’un êtr quelconque d’entre les choses qui existent (), Dieu ne change pourtant pas par miracle la nature des individus humains. C’est à cause de ce principe important qu’il est dit : Oh ! s’ils avaient toujours ce même cœur, etc. (Deutéron. , V, 26) ®). Voilà @) la raison des préceples, des défenses, des récompenses et des peines. Nous avons déjà, dans plusieurs endroits de nos:ouvrages, exposé ce principe fondamental, en l'appuyant de preuves (4), Si nous professons ce principe, ce n’est pas que nous croyions que le changement de la nature d’un individu humain quelconque soit difficile pour Dieu ; au contraire, cela est possible et dépend de la puissance (de Dieu). Cependant, selon les principes contenus dans la Loi du Pentateuque Ë), il n’a jamais voulu le faire et ne le voudra jamais ; car si c'était sa volonté de changer chaque fois la nature de l'individu humain à cause de
(4) L'auteur veut dire : quoique tout être individuel quelconques puisse, par un miracle, changer de nature.—Les éditions de la version …
d’Ibn-Tibbon ajoutent, après y2t “itw, les mots Dw nat, qui sont superflus et ne se trouvent pas dans les mss.
(2) Comme c’est ici Dieu qui parle, il s’ensuit que sa volonté immuable a formé le cœur humain d’une telle façon, que sa nature ne peut jamais être changée par un miracle, et que la volonté de l’homme peut seule vaincre cette nature.
(3) Littéralement : et à cause de cela il y a (NÀ) des préceptes etc.; c’està-dire : comme Dieu laisse à l’homme une pleine liberté et que celui-ci peut vaincre les penchants de son cœur, il est seul responsable de ses œuvres, et à cause de cela 1l peut être récompensé ou puni. — Pour le verbe arabe ni, les éditions de la version d’Ibn-Tibbon ont N3; il faut écrire "N2, comme l'ont les mss.
(4) Littéralement : avec ses preuves. Dans la version d’Ibn-Tibbon, il
faut écrire mn593, comme l'ont en effet les mss.; les éditions portent
incorrectement 0592.
(5) Ibn-Tibbon a rendu par le seul mot nina les deux mois ,
“onnmnbn Fawn, adjectifs de pNIPÈN; de même AL-’Harizi : ANA D} 29. 4
TROISIÈME PARTIE. — CHAP. XXXII. 257 cequ’il veut obtenir de cet individu, la mission des prophètes et toute {a législation seraient inutiles ().
Revenant maintenant à mon sujet, je dis : Comme ce genre
® de culte, — je veux parler des sacrifices , — n’avait qu'un but
secondaire , tandis que les invocations, les prières et d’autres pratiques du culte se rapprochent davantage du but principal et sont nécessaires pour l’atteindre, Dieu a fait une grande différence entre les deux espèces (de culte). En effet, le culte de la première espèce, — je veux dire celui des sacrifices, — bien qu'il s'adressàt à Dieu, ne nous fut pourtant pas prescrit comme il avait été d’abord, c’est-à-dire d'offrir des sacrifices en tout lieu et en tout temps. On ne pouvait pas élever des temples partout, ni prendre pour sacrificateur le premier venu, laisser fonctionner quiconque voulait (1, Rois, XIII, 35). Tout cela, au contraire, il (Dieu) le défendit, et il établit @) un temple unique : à l'endroit que l'Éternel choisira (Deutéron., XII, 26); on ne pouvait pas sacrifier ailleurs : Garde-toi d'offrir des holocaustes en tout lieu où al te plaira (Eb., v. 15), et il n’y avait qu’une fa-
. mille particulière qui püt exercer le sacerdoce. Tout cela (avait
pour but) de restreindre ce genre de culte, et de n’en laisser subsister que ce que la sagesse divine ne jugeait pas devoir être
(4) C'est-à-dire, si l’homme n’observait les commandements divins que parce que la volonté divine aurait disposé chaque fois la nature bumaine de manière à se conformer à ses commandements, alors la mission des prophètes et la législation seraient inutiles, puisque l’homme serait naturellement disposé à faire ce qui est prescrit dans les lois.
(2) La plupart des mss. ont n5yh; ce verbe, ayant un suffixe, est nécessairement actif, ce qui nous oblige d’écrire KNIN NOTE à l’accusatif, et de considérer aussi le verbe 5n qui précède comme un verbe actif dont le sujet sous-entendu est Dieu. Ibn-Tibbon, ayant lu probablement ph, sans suffixe, traduit les deux verbes au passif: 7DN3 52N TAN n3 017) 2p t 05. Dans deux mss. on lit noyi, au féminin passif ; mais 1l n’y a dans cette phrase aucun sujet féminin auquel ce verbe puisse se rapporter. Al-Harizi traduit : nt 53 95 510N 52N JON m2 n33295 mu.