‹ Le guide des égarés; (volume 3)Chapitre 17 sur 88 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Yalad (n^^). — Ce qu'on entend par ce mol est connu ; il signifie enfanter ^ p. ex. : FA qu elles lui auront enfanté (nS^l) des fils (Deutéron., XXI, 15). Ensuite ce mot a été employé au figuré pour la production des choses naturelles ; p. ex. : Avant que les montagnes fussent nées (n^) (Ps. XC, 2), et on s'en est servi aussi dans le sens de faire germer ^ (en parlant de) ce que la terre fait germer, par comparaison avec l'enfantement ; p. ex. : ... quelle l'ait fécondée (riT'^ini) et Vait fait germer (Isaïe , LV, iO). On l'a aussi appliqué aux événements du temps , comme si c'étaient des choses qui naissent ; p. ex. : Car tu ne sais pas ce qu enfantera (nV) le jour (Prov., XVII, 1). Enfin on l'a appliqué à ce qui survient dans les pensées et à ce qu'elles produisent en fait d'idées et d'opinions, comme on a dit : Et il enfantera (nS*»!) le mensonge (Ps. VII , 1 5) , et c'est dans ce sens qu'il a été dit : Et ils se contentent des enfants (nV^) des étrangers [haiie , Il , 6) , c'est-àdire ils se contentent (^) de leurs opinions , comme a dit Jonathan ben-Usiel dans la version de ce passage : Et ils suive^it les lois des nations. C'est dans ce même sens que celui qui a enseigné

(1) Liltéralemenl: la femme à sa sœury le mot n^"'T étant du genre féminin.

(2) L'homonymie a lieu par rapport au Sens figuré, analogue à celui indiqué en dernier lieu pour le mot Hti^K-

(3) Les mss. portent : pinï^ , ce qui n'est autre chose qu'une orthographe vulgaire pour mpli'' (iO>:!p7^)' \\\{^ forme de 1^. Maïmonide prend le mot ^p''Dîi''' dans le sens de se contenter, être satisfait ; de même Saadia, qui, dans sa version arabe d'Isaïc , le rend par pcn^^ Çxjh^^). Dans Tun des mss. de Leyde ce dernier mot a été substitué dans notre passage a ptn^^ qu'ont tous les autres mss.

quelque chose à une personne et lui a donné une idée peut ctre considéré comme ayant fait naître cette personne, étant lui-même l'auteur de cette idée ; et c'est dans ce sens aussi que les disciples des prophètes ont été appelés D''è^''^3n ''::3 , fils des prophètes^ comnie nous l'expliquerons en parlant de l'homonymie du substantif p , fils (^).

C'est selon cette métaphore qu'il a été dit d'Adam : Et Adam ayant vécu cent trente ans^ engendra à sa ressemblance^ selon son image (Genèse, V, 5) ; car on a déjà dit précédemment (-) ce que signifie l'image d'Adam et sa ressemblance. C'est que tous les enfants qu'il avait eus auparavant ne possédaient pas (ce qui constitue) la forme humaine en réalité , qui est appelée l'image d*Adam et sa ressemblance y et à l'égard de laquelle il est dit (qu'il était créé) à V image de Dieu et à sa ressemblance. Mais pour ce qui concerne Seth, (iVdam) l'ayant instruit et lui ayant donné l'intelligence, de sorte qu'il arriva à la perfection humaine, il a été dit à son égard : Et il (Adam) engendra à sa ressemblance, selon son image. Tu sais que quiconque n'a pas obtenu cette forme dont nous avons expliqué le sens n'est pas un homme , mais un animal ayant la figure de l'homme et ses linéaments ; mais il a la faculté que ne possèdent pas les autres animaux , de faire toute sorte de dommages et de produire les maux. Car la réflexion et la pensée qui , en lui , étaient destinées à lui faire obtenir une perfection qu'il n'a pas obtenue , il les emploie à toute sorte de ruses produisant les maux et à faire naître des dommages ; il est donc, pour ainsi dire, quelque chose qui ressemble à l'homme ou qui le contrefait. Tels étaient les fils d'Adam antérieurs à Seth; c'est pourquoi on a dit dans le Midrascli (2) : « Adam, pendant les cent trente ans qu'il était réprouvé, engendrait des

(i) On \oit que l'auteur avait rintentîon de consacrer un chapitre, dans cette I^ partie , au mot p ; mais il ne Ta pas fait.

(2) Voy. ci- dessus, cliap. I, p. 37.

(3) Voy. Talmudde Babylone, traité *Eroiih%n, fol. 18 a ; cf. Beréschîlh rahba, sect. 20 et 2i, où on dit la même chose dans des termes un peu différents.

esprits y^j c'est-à-dire des démons^ mais lorsqu'il eut obtenu sa grâce, il engendra ses semblables, je veux dire à sa ressemblance, selon son image. C'est là ce qui est exprimé par ces mots : Et Adam, ayant vécu cent trente ans, engendra à sa ressemblance^ selon son image.

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