‹ Le guide des égarés; (volume 3)Chapitre 21 sur 88 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Yaschab (2:^^)- — L'acception primitive de ce mot dans notre langue est celle d'être assis y' p. ex. : Et Élie le prêtre était assis (ijtr^) sur le siège (I Sam., I, 9). Et, comme la personne assise se trouve établie dans l'état le plus parfait de repos et de stabilité , ce mot a été appliqué métaphoriquement à tout état stable et fixe qui ne change pas. C'est ainsi que , en promettant à Jérusalem à

(1) Cest-a-dire, lo sens d'une élévation de 'pensée , que Tautcur a mentionné en troisième lieu.

(2) C'est-à-dire, une lumière créée tout exprès pour représenter la majesté divine (nrxO- ^'^Y- ci-après, cliap. LXIV.

son plus haut degré (de prospérité) la durée et la stabilité, on s'est exprimé : Et elle sera élevée et assise (n:i:r^*i) à sa place (Zacharie, XIV, 10). Et ailleurs il est dit: Il assied (^y^^r2) la femme stérile dans la maison (Ps. CXIII , 9) , ce qui signifie : il l'établit d'une manière stable (*). C'est dans ce dernier sens qu'il a été dit de Dieu : Toiy Éternel, tu résides (:::rn) éternellement (Lament. ,V, 19); Toi qui résides (•':]:i^Tn) dans le ciel (Ps. GXXIIl, 1); Celui qui réside (:::trii) dans le ciel (Ps. If, 4), c'est-à-dire celui qui est perpétuel et stable et qui n'est soumis à aucune espèce de changement , ni changement d'essence , ni changement par rapport à un état quelconque qui serait hors de son essence, ni enfin changement par rapport à sa relation avec autre chose ; car il n'y a entre lui et les autres choses aucune relation telle qu'il puisse subir un changement dans cette relation , ainsi qu'on l'expliquera (^). Et par là il est parfaitement établi qu'il ne peut pas changer du tout , do quelque manière que ce soit, comme il l'a clairement dit : Car moi, V Éternel, je ne change pas (Malach., III , 6) , c'est-à-dire par nul changement (3) ; et c'est cette idée qui est exprimée par le verbe 21V"^ (être assis) lorsqu'il est appliqué à Dieu. Mais dans la plupart des passages on ne le met en rapport qu'avec le ciel , parce que le ciel est une chose dans laquelle il n'y a ni changement ni variation , je veux dire que ses individus (^) ne sont pas sujets au changement comme le sont les individus dans les choses terrestres qui naissent et périssent (^). De môme, lorsque Dieu est mis dans cette relation

(1) C'est-a-dire, Dieu, en lui donnant des enfants, lui assure une place stable dans la maison.

(2) Voy. ci-après, chap. LYI.

(3) Tous les mss, portent ^^"l^J^; il faut prononcer |^^* et considérer ce mot comme un accusatif adverbial.

(^) Par les individus du ciel, l'auteur entend les sphères célestes et les astres fixés dans ces sphères. Voy. celte F^ partie, chap. LXXII.

(5) Les mots ^în^^D^^D^ pxS^^ n^^NlD signifient la même chose que rnot^D^K nrt^D^^ yi^hi^ 11ûfe<. L'auteur s'est exprimé d'une

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[exprimé par homonymie ^*^] avec les espèces des êtres soumis à la naissance et à la destruction , on dit également de lui qxiil est assis {^^v) ; car ces espèces sont perpétuelles , bien réglées et d'une existence stable comme celle des individus du ciel. Ainsi p. ex. on a dit : Celui qui est assis (^UTn) au dessus du cercle de la terre (Jésaïe, XL, 2^), ce qui veut dire celui qui est perpétuel et stable, au dessus du circuit de la terre, ou de son tour, en faisant allusion aux choses qui y naissent tour à tour (^ ; et on a dit encore: L'Éternel était assis (2^^) ou déluge (Ps. XXÏX, 10), c'est-à-dire, lorsque les choses de la terre changèrent et périrent, il n'y eut point dans Dieu de changement de relation, mais cette relation qu'il a avec la chose ^^), que celle-ci naisse ou périsse , est une seule relation stable et fixe ; car c'est une relation aux espèces des êtres, et non pas à leurs individus. Fais bien attention que toutes les fois que tu trouveras l'expression

manière un peu irrégulière; au lieu de t^H^ID^^DI, il aurait dû dire Nnnt^HDi^Dl.-^Les mots p:D et ^^^DD sont des termes péripatéticiens, empruntés aux versions arabes d'Aristote, et correspondent aux mots grecs ;sv£(7.'.ç et fOopcx.

(1) C'est-k-dire , par l'homonymie dont on parle dans ce chapitre.

(2) L'auteur joue sur le double sens du mot arabe iTi (comme substantif et comme adverbe) , et nous avons essayé de rendre ce jeu de mot en employant le mot tour. Ibn-Tibbon a employé pour l'adverbe j^m le mot riT^n , p^'is dans le sens qu'il a dans l'expression n*^ vH "lîin j et de là il a formé , pour rendre le substantif Tn , le mot ni7vn- L'obscurité des deux mots employés par Ibn-Tibbon a fait que les copistes les ont souvent altérés, et les mss., ainsi que les éditions de la version hébraïque , présentent ici beaucoup de variations ; il faut lire :

n^^^n n:: o^inn 0"'^:^;^ i^j2i nni^^^n h"i p^n ni^D hn- ai-

'Harizi traduit J^nii par 7:i7:in ncpHIl, par la révolution de la sphère, ce qui est un contre-sens.

(3) Le mot ^v^^ est mis pour i^jf ^7^^. Ibn-ïibbon a paraphrasé le mot n^^K par DDH D^rjyn JO "inX '^D ^àS ; Al-'Harizi a encore ici fait un contre-sens en rapportant le suffixe dans Hvk^ ^ Dieu, et en traduisant ce mot par )rh^tb K^ V'?t<.

d'être assis {2^>) appliquée à Dieu , ce sera dans le sens en question.

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