‹ Le guide des égarés; (volume 3)Chapitre 22 sur 88 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Koim (oip) est un homonyme , et Tune de ses significations (^) est être debout, opposé à être assis; p. ex. : Et il ne se tint pas debout (Dp i^^i) et ne se dérangea pas devant lui (Esther, V, 9). Il renferme aussi le sens de stabilité et d'affermissement, ou confirmation; p. ex. : Puisse r Éternel confirmer (op'') sa parole (I Sam., I, 25); Et le champ d'Éphron resta acquis (Dp''l) (Genèse , XXIII, 1 7) ; La maison qui est dans la ville restera acquise (opi) (Lévit., XXV, 50) ; Et le règne d'Israël restera (nopi) e7i

(1) Quelques commentateurs se demandent pourquoi Fauteur, en parlant du sens propre et matériel du verbe Dlp^ a dit : l'une de ses significations y au lieu de dire : sa signification primitive, ou : it signifie primitivement, comme il le fait ordinairement dans l'explication des homonymes. Mais ils n'ont pas réfléchi que le sens primitif du verbe Dp est se lever, tandis que les explications de Fauteur se rapportent à une autre signification du même verbe, celle d'eVre debout; c'est ce dernier sens qu'il donne au verbe Dlp dans les passages bibliques qu'il va citer. On ne s'étonnera donc plus, avec le commentateur Schem-ïob , que l'auteur, au lieu de citer des passages du Pentateuque, soit allé chercher MU exemple du sens propre dans le livre d'Esther; dans les exemples proposés par Schem-Tob , savoir : Dni2t< Dp^l (Genèse , XXIII , 3) , nyiD Dp''1 (Exode, XII, 30), le verbe D*lp signifie se lever ^ tandis que dans le passage d'Esther il peut se traduire par être debout, Al-'Harizi a fait un contre-sens en traduisant IQipûû ritTITl Dlp^ iri^V, en faisant ressortir le sens de se lever, il ne s'est pas rendu compte de l'intention de l'auteur, et il en a même altéré les paroles. Ibn-Tibbon a traduit littéralement nO'^prr VriyO nriKI, en prenant T]12*^p dans le sens du mot arabe Dt^p, être debout. Au lieu de ^^iyiD, que portent les éditions de la version d'Ibn-Tibbon , il faut lire V3''iyD -, comme on le trouve dans les mss.

ia main (I Sam., XXIV, 21). C'est toujours dans ce sens que le mot Dp se dit de Dieu; p. ex. : Maintenant je serai debout (oipt^), dit V Éternel (Ps. XII, 6; Isaïe, XXXIlï, 10), ce qui veut dire, maintenant je confirmerai mon ordre, ma promesse et ma menace; Toi, tu seras debout (ûipn), tu auras pitié de Sion (Ps. CXIV, 14) , c'est-à-dire, tu confirmeras la promesse de commisération que tu lui as faite. Et, comme celui qui est décidé à faire une chose est attiré vers l'action en se tenant debout ^ on dit de quiconque se sent excité à une chose qu'il est debout; p. ex. : Car mon fils a excité (d^H , a mis debout) mon serviteur contre moi (I Sam., XXII, 8). Cette dernière signification s'applique aussi métaphoriquement à l'exécution du décret de destruction prononcé par Dieu contre des gens qui ont mérité le châtiment ; p. ex. : Et je me tiendrai debout ('•ntDp")) contre la maison de Je-voboam (Amos, VII, 9) ; Et il se tiendra debout (op^) contre la maison des malfaisants (Isaïe , XXI ,2). Il se peut que les mots : (f Maintenant je me tiendrai debout » (cités plus haut) aient ce même sens ; de même ces mots : « Tu seras debout, tu auras pitié de Sion )^, c'est-à-dire, tu te lèveras contre ses ennemis. C'est ce sens qui est exprimé dans beaucoup de passages , et il ne saurait être question là (^) &'être debout ou à' être assis, ce qui serait indigne de la divinité (-). « Là-haut, disent les docteurs ^3) ^ il n'est question ni (ïêtre assis (ny^'^), ni d'être debout (m^DV) ^^5 car 'amad (naj;) s'emploie dans le sens de kâm (op).

(1) Par le mot Df^, '«, l'auteur veut dire auprès de Dieu y en parlant de Dieu.

(2) Littéralement: Çu'«7 (Dieu) soit exalté! Au lieu de l'expression elliptique ^St^^H, l'un des mss. de Leyde porte ^^ ]y rhh^ ^^i^yn, que Dieu soit exalté au dessus de cela, ce qui paraît être une glose , entrée plus tard dans le texte.

(3) Voy. Talmud de Babylone, traité 'Uaghlgâ, fol. 15 a; on voit que Maïmonide admet dans ce passage le mot nTûy, que les éditeurs du Talmud ont effacé pour se conformer a l'opinion de Raschi. Cf. Samuel Yaphé, Yephé mareh, au commencement du traité Berahhôth.

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