CHAPITRE XV
Naçah {'yil) ou yaçah {yH"")- — Quoique ces deux racines soient différentes, elles ont, comme tu sais, le même sens dans toutes leurs formes de conjugaison. C'est un homonyme qui tantôt a le sens de se tenir debout, se dresser^ p. ex. : Et sa sœur se
(1) Le premier pnti^tD se trouve dans tous les mss. ; il n'a pas été rendu dans la version d'Ibn-Tibbon.
(2) Maïmonide, ainsi que d'autres commentateurs, trouve l'indication de cette étymologie dans la Genèse, chap. Il, v. 7, et ch. 111, v. 23.
(3) Sur les différentes acceptions du mot ElGhîm (D^n?^^)» voy.' le ch. H, au commencement.
tenait debout (D!inm) de loin (Exode, II, 4); Les rois de la terre se redressent (in!i"'n'') (Ps. II. 2) ; .... sortirent, se plaçant debout (d^:}!^:) (Nombres, XVI, 27); iixutot celui d'être stable, permanent; p. ex. : Ta parole est debout (:}îij) dans le ciel (Ps. CXIX , 89) , c'est-à-dire stable et permanente. Toutes les fois que ce mot est employé par rapport au Créateur, il a ce dernier sens -, p. ex. : Et voici V Éternel se tenant (rjr^j) au dessus (Genèse, XXVIII, 13), étant stable et permanent au dessus d'elle, c'est-à-dire au dessus de l'échelle dont une extrémité est dans le ciel et l'autre sur la terre, et où s'élancent (^) et montent tous ceux qui montent, afin de percevoir celui qui est dessus nécessairement (2) ; car il est stable et permanent sur la tôte de l'échelle. Il est clair du reste que , si je dis ici au dessus d'elle, c'est par rapport à l'allégorie qu'on a employée (^). Les messagers de Dieu sont les prophètes W, ainsi appelés clairement (dans ces passages) : Et il envoya un messager (Nombres, XX, 16) ; Et un messager de V Éternel monta de Guilgal à Bokhîm (Juges, II, 1). Et combien on s'est exprimé avec justesse en disant montaient et descendaient^ (je veux dire en mettant) le verbe monter avant le verbe descendre ! car (le prophète) , après être monté et avoir atteint certains degrés de l'échelle , descend ensuite avec ce qu'il a appris pour guider les
(1) Le mot p7Dri^ qui se trouve dans tous les mss. n'a pas été rendu dans la version d'Ibn-Tibbon.
(2) L'adverbe fDM'k ne se rapporte pas à ^"IT, mais à riv^^ p; le sens est: celui qui est nécessairement en haut, TËtre absolu et nécessaire.
(3) L'auteur veut dire que, en rendant le mot )'^^^ par au dessus d'elle y et en plaçant Dieu en quelque sorte dans un rapport local et matériel avec l'échelle , il n'a fait que mettre ce mot en harmonie avec le sens littéral du passage, sans avoir égard à l'allégorie qui y est contenue ; car la tête de l'échelle signifie la sphère supérieure mise en mouvement par le premier moteur, ou Dieu, qui est dit allégoriquement se tenir au dessus d'elle, Voy. le ch. LXX de cette P® partie.
(A) 11 faut, dit l'auteur, prendre ici le mot 'lî^'^D (ange) dans son sens primitif de messager.
habitants de la terre et les instruire , ce qui est désigné par le verbe descendre, comme nous l'avons expliqué ^*).
Je reviens à notre sujet , savoir que (dans le passage en question) , 2)i2 signifie stable, perpétuel, permanent, et non pas être debout comme un corps. Dans le même sens aussi (il faut expliquer ce passage) : Et tu te tiendras debout (n:}!i:i) sur le rocher (Exode, XXXIII, 21 ) (2) ; car tu as déjà compris que naçab {2)^:) et 'amad (loy) ont à ce sujet le même sens i^) , et en effet Dieu a dit : Voici, je vais me tenir (lûiy) là devant toi sur le rocher, à Horeb(Ibid,,X\\l,6)(^).