‹ Le guide des égarés; (volume 3)Chapitre 3 sur 88 · PRÉFACE. V · texte numérisé non relu

PRÉFACE. V

mêle des observations générales sur les études théologiques et sur la manière dont il faut s'y préparer. Abordant ensuite la question des attributs divins, il montre qu'il faut écarter de Dieu toute espèce d'attribut, et il expose dans quel sens il faut entendre les divers termes attributifs employés, soit par les écrivains sacrés, soit par les philosophes. Enfin, il résume le système des théologiens musulmans, adopté en partie par les théologiens juifs d'Orient, et, montrant tout ce que ce système a de paradoxal et d'arbitraire , il fait voir combien il est impuissant pour donner une base rationnelle aux dogmes les plus importants de la religion , et notamment pour démontrer l'existence , l'unité et l'incorporalité de Dieu et la création ex nihilo.

On a vu quelles ont été mes ressources pour la publication du texte arabe de cette P^ partie. Je l'ai fait imprimer en caractères hébraïques: d'abord, parce que l'auteur lui-même, comme tous les écrivains juifs arabes, employait l'écriture hébraïque dans les écrits relatifs au judaïsme et que cette écriture a été conservée dans tous les manuscrits qui nous restent du Guide; ensuite, pour éviter les nombreuses difficultés typographiques et l'aspect peu agréable que présente un texte arabe souvent hérissé de citations hébraïques. Le changement d'écriture ne saurait présenter aucune difficulté sérieuse à l'arabisant, dès que celui-ci s'est familiarisé avec le mode de transcription, d'autant plus simple et naturel que les lettres hébraïques et arabes, appartenant à des langues de même souche, se correspondent exactement et peuvent facilement se substituer les unes aux autres. En effet, l'orthographe conventionnelle des manuscrits, que j'ai religieusement conservée, n'offre rien qui puisse arrêter l'arabisant, si ce n'est la substitution du càph ponctué (îp) au khà (^) et du guimel sans point (3) au ghaïn (p) (i), substitution également usitée chez les chrétiens de Syrie, qui écrivent l'arabe en caractères syriaques. Je n'ai fait d'ailleurs que suivre l'exemple donné par Pococke, dans sa Porta Mosis, et par Schnurrer, dans les extraits qu'il a publiés de quelques auteurs juifs arabes. Néanmoins, pour éviter au lecteur moins exercé quelques difficultés que présentent les publications de ces deux savants, j'ai cru devoir introduire , pour ce qui concerne les formes grammaticales et

(1) Dans quelques manuscrits, le ^ est rendu par i ou Xi ^^ 1^ t par :;.

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