‹ Le guide des égarés; (volume 3)Chapitre 34 sur 88 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Le verbe halakh ("j^n, aller , marcher) est également du nombre de ceux qui s'appliquent à certains mouvements particuliers de l'animal ; p. ex. : Et Jacob alla ("]^n) so7i chemin (Genèse , XXXII , 1 ) ; il y en a des exemples nombreux. Ce mot a été employé métaphoriquement pour (désigner) la dilatation des corps qui sont plus subtils que les corps des animaux; p. ex. : Et les eaux allèrent (^hn) en diminuant (Genèse, VIII, 5); Et le feu se répandait (*-|^nni) sur la terre (Exode, IX, 25). Ensuite on Ta employé (en général) pour dire qu'une chose se répand et se manifeste , lors même que cette chose n'est point un corps ; p. ex. : Sa voix se répand (-j^) comme (se glisse) le serpent (Jérémie , XLVI, 22). De même dans ces mots : La voix de l'Éternel^ Dieu,

(1) Tous les mss. portent t^ny^n ^ri7i<, et c'est ainsi sans doute que l'auteur a écrit en pensant au mot féminin n^Dli^, quoiqu'il eût été plus logique de dire np^n ^\}'i^\ car ces mots se rapportent à 3;^?D^1^^ qui est du masculin.

se répandant (-]^nnD) dans le jardin (Genèse , III , 8) , c'est à la voix que s'applique le mot "j^nnD (se répandant) (i).

C'est dans ce sens métaphorique que le verbe halakh (n^n) doit être pris toutes les fois qu'il se rapporte à Dieu, — je veux dire (en ayant égard à ce) qu'il se dit métaphoriquement de ce qui n'est pas un corps , — soit (qu'il s'applique) à la diffusion de la parole (divine) (-) ou à la retraite de la Providence, analogue à ce qui, dans l'animal, est (appelé) : se détourner de quelque chose ^ ce que l'animal fait par l'action de marcher '^^\ De même donc que la retraite de la Providence a été désignée par (l'expression) cacher la face^ dans ces mots : Et moi je cacherai ma face (Deutér., XXXI, 18), de même elle a été désignée par •^^n (marcher, s'en aller) , pris dans le sens de se détourner de quelque chose; p. ex. : Je in en iraï^ je retournerai vers mon lieu (Osée, V, 15). Quant à ce passage: Et la colère de V Étemel s enflamma contre euXy et il (ou elle) s'en alla (i^l) (Nombr., XII , 9) , il renferme à la fois les deux sens (^) , je veux dire le sens de la retraite de la Providence^ désignée par l'expression de se détourner (s'en aller), et celui de la diffusion de la parole (divine) qui se répand et se manifeste , je veux dire que c'est

(1) Littéralement: Cest de la voix qu*il est dit qu'elle était '^^'nHD (.^c répandant). L'îmteur veut dire qu'il ne faut pas croire que le mot 'l'?r!niÛ se rapporte a Dieu 5e promenant dans le jardin.

(2) Ibn-Tibbon traduit: p^yn DlTCnn^ D^<; Al-'Harizi: -in"I^ DX Dîi^DriDn- Les deux traducteurs ont pris ItÛi^'^Jt^ dans le sens de chose; mais il est bien plus probable que Tauteur emploie ici ce mot dans le sens de parole, ordre, commandement.

(3) Littéralement : Ce qui [xe fait de la pari) de l'animal par la marche. Dans les mots n^"'^nSN:] ^b^m^^X p "l'^i n^^^, il faut sous-enlendre un verbe; Tun des deuxmss. de Leyde ajoute en marge le mot '^)y après •('17^^, et les deux versions hébraïques ont H^H^ Dans deux mss. d'Oxford, on lit "i^i 1^5 '^'i7^^ (ce qui a été ncmmé, désigne) ; mais cette leçon est peu plausible.

(4) Le verbe ^y^. qui se rapporte a l' Éternel, peut aussi, selon fauteur, se rapporter a la colère (j)i().

U colère qui s'en alla et s'étendit vers eux deux (^) , c'est pourquoi elle (Miriam) devint lépreuse, (blanche) comme la neige {lbid.,y.\0).

De môme on emploie métaphoriquement le verbe halakh (n^n) pour dire marcher dans la bonne voie (ou avoir une bonne conduite) y sans qu'il s'agisse nullement du mouvement d'un corps ; p. ex. : Et quand tu marcheras (n::*^m) dans ses voies (Deutér., XXYIII, 9); Vous marcherez (iD^n) après F Éternel, votre Dieu (Ibid., XIII j 4); Vene%, et marchons {n':h:)) dans la lumière de r Éternel (Isaïe, II, 5).

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