‹ Le guide des égarés; (volume 3)Chapitre 50 sur 88 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

Roua'h (nil) est un homonyme qui désigne d'abord Vair, je veux dire l'un des quatre éléments; p. ex. : Et l'air (jvn) de Dieu planait (Genèse, I, 2) W. C'est ensuite le nom du vent qui souffle; p. ex. : Et le vent (mn) d'Orient emporta les sauterelles (Exode, X, 15); Un vent (mi) d'Occident (Ibid., v. 19); les exemples en sont nombreux. C'est aussi le nom de V esprit vital (^); p. ex. : Un esprit (mi) q^i s'en va et ne revient point (Ps. LXXVIII, 59); Qui a en lui un esprit (mn) de vie (Genèse, Vïî, 15). C'est

(1) L'auteur ajoute ce dernier passage, pour montrer que n^T (connaître) signifie entendre , comprendre, et que, par conséquent, il s'agit aussi, dans le passage précédent, d'une connaissance intellectuelle.

(2) Voy. Huit chapitres ou Introduction au traité Aboth, chap. V.

(3) Voy. traité Yesodé ha-Torâ, chap. II, § 2.

(4) L'auteur s'écarte de l'opinion de tous les commentateurs en expliquant ici le mot niT par air. Il faut se rappeler que l'auteur retrouve dans les deux premiers versets de la Genèse la théorie aristotélique sur les quatre éléments et sur la position respective de leurs sphères. Voy. ce qu'il dit à cet égard au commencement du chap. XXX de la II<= partie de cet ouvrage. Cf. ci-dessus, chap. XXXVI, pag. 134, note 2.

(5) Sur les esprits vitaux , on trouvera quelques détails dans une note au commencement du chap. LXXIL

encore le nom de la chose qui reste de l'homme après la mort, et qui n'est pas sujette à périr ; p. ex. : Et l'esprit (mim) retourne vers Dieu qui l'a donné (Ecclés., XII, 7). Il désigne encore Vinspiration d'intelligence divine qui émane (de Dieu) sur les prophètes, et par laquelle ils prophétisent [comme nous te l'expliquerons quand nous parlerons du prophétisme selon ce qu'il convient d'en dire dans ce traité]; p. ex. : Et fêterai de l'esprit (nnn p) qui est sur toi et je le mettrai sur eux (Nombres, XI, 17); Et quand V esprit (min) reposait sur eux {Ibid., v. 25); L'esprit (ni"i) de V Éternel a parlé par moi (II Sam., XXIII, 2) ; il y en a de nombreux exemples. Enfin ce mot signifie intention et volonté (ou dessein) ; p. ex. : Le sot émet tout {ce qu'il a dans) son esprit (imi) (Prov., XXIX, 11), c'est-à-dire son intention et son dessein. De môme : L esprit (mn) de VÈgijple s évanouira dans elle, et i' anéantirai ce quelle projette (Isaïe, XIX, 5), ce qui veut dire : ses desseins seront dérangés et l'art de se gouverner lui sera caché ; de même : Qui a mesuré l'esprit (m^n^^) de V Éternel y et où est l'homme qui puisse nous faire connaître (*) ce qu'il projette {Ibid,, XL, 15) ? ce qui veut dire : « Qui est celui qui connaît l'enchaînement de sa volonté ou qui saisit la manière dont il gouverne l'univers, afin de nous la faire connaître ? » sujet que nous exposerons dans quelques chapitres sur le régime (de l'univers) t^).

Toutes les fois que le mot roua' h (nil) est attribué à Dieu, c'est conformément à la cinquième signification (3), et quelquefois c'est dans le dernier sens, qui est celui de volonté^ comme nous l'avons exposé; il faut donc l'expliquer dans chaque passage selon ce qu'indique l'ensemble du discours.

(1) L'auteur, comme on va le voir, explique 13pm"i comme s'il y avait 1i3^nV, en prenant le suffixe 1i pour la première personne du pluriel.

(2) Voy. les chapitres XVIII et suiv. de la III® partie de cet ouvrage, qui traitent de la Providence divine et de son intervention dans les affaires des hommes.

(3) C'est-à-dire dans le sens d'inspiration émanée de Dieu.

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