‹ Le guide des égarés; (volume 3)Chapitre 52 sur 88 · CHAPITRE XUL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XUL

'Hay (^n vivant^ vivre) se dit de ce qui a la croissance et la sensibilité (^) ; p. ex. : Tout ce qui se meut qui est mvant (ti) (Genèse, IX, 5). Il signifie aussi guérir d'une maladie très vio-

mss. de la paraphrase de Jonathan, où le passage en question n'est pas traduit en chaldéen , mais conservé en hébreu. Voici tout le verset d'après un ms. de laBiblioth. imp. (anc. fonds héb., n^ST, fol. 118 a):

(1) Littéralement: Leur abaissement étant grand et V ennemi s' étant rendu maître d'eux.

(2) Dans tous ces exemples le préfixe 3, dans, est à la place de la préposition )p , de. Le troisième exemple manque dans nos éditions de la version dlbn-Tihbon ; mais il se trouve dans les mss. de cette version.

(^3) C'est-à-dire, des êtres qui ont la faculté de nutrition et en même temps la sensibilité. Le mot hébreu ^n ne s'applique jamais aux plantes.

lente; p. ex. : Quand il fut guéri (^n^l) de sa maladie (Isaïe , XXXVIII, 9); (lis demeurèrent) dans le eainp jusqu'à ce qu'ils fussent guéris (onrn ny) (Josué, V, 8); de même: de la chair saine (ti) (Lévit., XIII, 10). Pareillement le mot moutli (niû), qui signifie mourir y désigne aussi une maladie violente^ p. ex. : Et son cœur mourut (n)û''l) en lui, et il devint comme une 'pierre (I Sam., XXV, 57), ce qui désigne la violence de la maladie (de Nabal). C'est pourquoi on a dit explicitement du fils de la femme de Sarepta : Et sa maladie devint de plus en plus violente, jusqu'à ce qu'il ne lui restât jjlus de souffle (de vie) (ï Rois, XVII, 17) ; car si on avait simplement dit et il mourut (nû""!), on aurait pu penser qu'il s'agissait seulement d'une maladie violente avoisinant la mort, comme celle de Nabal lorsqu'il entendit la nouvelle (*). En effet quelqu'un d'Andalousie a dit (au sujet du fils

(1) Yoy. le chapitre XXV du P^' livre de Samuel d'où est tiré le précédentpassage biblique. — L'auteur paraît vouloirdire que l'ensemble du passage relatif au fils de la femme de Sarepta, et où l'on parle d'abord explicitement d'une maladie très violente , et ensuite de l'extinction du souffle de vie, indique que l'enfant était bien réellement mort. Il cite ensuite, sans l'adopter, l'opinion d'un auteur d'Andalousie, qui pensait qu'il s'agissait, dans ce récit, d'une mort apparente. Plusieurs commentateurs, tels qu'Ibn-Caspi , Moïse de Narbonne, Epliodi, insinuent que Maïmonide a voulu voiler sa pensée, et qu'il adopte lui-même l'opinion de l'auteur d'Andalousie. Ils s'appuient d'un autre récit analogue (^11 Rois, IV, 19 et 20), où l'on s'exprime : et il mourut (nû^l), ce qui détruirait le raisonnement de Maïmonide; mais Abravanel, dans son commentaire sur le More (fol. 66), fait observer que là aussi on parle d'abord de la maladie et ensuite de la mort, ce qui indique qu'il s'agit d'une mort réelle, conformément au raisonnement de Maïmonide sur le passage relatif au fils de la veuve de Sarepta. Quoi qu'il en soit, on ne peut admettre que Maïmonide, dans le but de voiler une hérésie, ait fait un raisoïinement dénué de logique et se soit contredit lui-même. On ne saurait admettre l'opinion d'Abravanel, qui, pour justifier Maïmonide, prétend que les paroles de l'auteur d'Andalousie se rapportent à Nabal ; il me paraît bien évident, par l'ensemble, qu'il s'agit ici du fils de la femme de Sarepta; mais, comme nous l'avons dit, Maïmonide cite cette opinion sans l'adopter lui-même. Il est certain , du reste , que ce passage

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de la femme de Sarepta) qu'il cessa de respirer, de sorte qu'on n'aperçut plus de respiration en lui , comme cela arrive quelquefois dans les cas d'apoplexie et dé suffocation hystérique (*), de telle sorte qu'on ne sait pas si (le malade) est mort ou vivant, doute qui dure quelquefois un ou deux jours.

Ce mot (ipi) est aussi employé fréquemment quand il s'agit de l'acquisition de la science; p. ex. : Et elles seront la vie (D''''n) pour ton âme (Prov., III, 22); Car celui qui me trouve a trouvé la vie (Ibid., IX, 55) ; Car ils sont la vie de ceux qui les trouvent {Ibid., IV, 22), et beaucoup d'autres passages. Conformément à cela , les opinions saines ont été appelées vie^ et les opinions corrompues, mort; le Très-Haut a dit : Regarde^ j'ai mis aujourd'hui devant toi la vie et le hieUy la mort et le mal (Deutér., XXX, 15), où l'on explique clairement les deux mots en disant que le bien est la vie, et le mal, la mort. J'interprète de même les mots: Afin que vous viviez etc. (Ibid., V, 30) ; et cela conformément à Texplication traditionnelle de ce passage : Afin que tu sois heureux etc. (Ibid., XXII, 7) (-). C'est conformément à ce sens méta-

est un de ceux dont les adversaires de Maïmonide s'emparèrent pour rendre suspecte son orthodoxie. Voy. la réponse de R. lehouda ibn-al- Fakhâr à R. David Kimlii, dans le Recueil des lettres de Maïmonide, édition d'Amsterdam , in-12 , fol. 25 a.

(1) La maladie appelée par les anciens strangulation ou suffocation de la matrice (rvfyiJL'il ... sv zuï; -jazipAi;^ Arist., Histoire des animaux, 1. YII, chap. 2; •j^rzor/.ri TTvîç, Galien , Comment, sur les Aphorismes d'Hippocrate,\^ 35; strangulationes vulvœ, Pline, llist. nat.^ XX, 57) est une affection de cet organe dans laquelle les femmes ont des mouvements spasmodiques et croient sentir à la gorge une boule (^globus hystcricus) qui les étouffe. Voy. Dict. des se. méd., articles i(;\s/c/7^. Strangulation et Suffocation.

(2) L'auteur veut dire que, de même que dans le passage précité du Deutéronome (XXX, 15) la vie et le bien sont évidemment la même chose , de môme dans ce passage : Afin que vous viriez et que vous soyez heureux (dD*? DlDl), la vie et le bonheur (^ito) désignent la même chose, et qu'il s'agit ici de la vie de l'âme immortelle ou de la vie de la pure in-

phorique (du mot ^n) si répandu dans la langue (hébraïque) que les docteurs ont dit : tf Les hommes pieux, môme après leur mort, sont appelés vivants^ et les impies, même pendant leur vie, sont appelés morts (^). » Il faut bien te pénétrer de cela.

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