‹ Le guide des égarés; (volume 3)Chapitre 54 sur 88 · CHAPITRE XLIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIV

'Aïn (i^];) est un homonyme qui signifie source d'eau; p. ex. : Près de la source (jty) d'eau dans le désert (Genèse, XVI, 7) , en même temps qu'il est le nom de Vœily instrument de la vue (2); p. ex. : OEil (]^j;) pour œil (Exode, XXI, 24). Il signifie aussi soin (ou attention)^ comme on a dit en parlant de Jérémie : Prendsle et fixe les yeux (iTp) sur lui (Jérémie, XXXIX, 12), ce qui veut dire : aie soin de lui. Et c'est conformément à cette métaphore qu'il faut l'entendre partout où il s'applique à Dieu ; p. ex. : Mes yeux (••ry) ^t mon cœur y seront toujours (I Rois, IX, 5) , c'est-à-dire ma Providence et mon but, comme nous l'avons dit précédemment ^3); ... sur lequel les yeux (lyy) de l'Éternel, ton Dieu y sont fixés continuellement (Deutér., XI, 12), c'est-à-dire sur lequel (veille) sa Providence; Les yeux (i^j;) de l'Éternel parcourent etc. (Zacharie, IV, 10) (^), c'est-à-dire, sa Providence

(1) Voir ci-après, chap. XLIX.

(2) L'auteur s'exprime rniix:}^^ (''V^N (l'œil voyant) , parce qu'en arabe le mot ]''y a également les deux sens de source et d'à?//. S'il place la signification principale, qui est celle à'œil, après celle de source, c'est sans doute pour la rapprocher de la signification métaphorique de Vro^>i' dencc, qui vient immédiatement après.

(3) Voir ri-dessus, chap. XXXIX, où l'auleur cite ce môme passage au sujet du mot "2^.

(4) Au lieu de mDLDlU*C comme le portent généralement les mss. ar. et ceux de la version d'Ibn-Tibbon , il faudrait lire, selon le texte biblique : D'^DDIC'D ; Tauleur a confondu dans sa mémoire le passage de Zacharie avec un autre analogue (II Chron., XVI, 9), où on lit niLDDVu^D-

embrasse aussi tout ce qui est sur la terre, comme on le dira dans d'autres chapitres qui traiteront de la Providence (*). Si Ton joint, en parlant des yeux (de Dieu), le verbe nx"i ou nîn? voir^, comme, p. ex.: Ouvre tes ijeux et vois (II Rois, XIX, 16) ; 5^5 yeux volent (Ps. XI, 4) , on désigne toujours par là une perception intelligible, et non pas une perception sensible^' car sentir, c'est toujours être passif, être impressionné (^), comme tu le sais, tandis que Dieu est actif, et non sujet à la passivité , comme je l'exposerai.

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