‹ Le guide des égarés; (volume 3)Chapitre 67 sur 88 · PLUS PROFOND QUE CE QUI PRÉCÈDE · texte numérisé non relu

PLUS PROFOND QUE CE QUI PRÉCÈDE

^ On sait que l'existence est un accident survenu à ce qui existe ; c'est pourquoi elle est quelque chose d'accessoire à la quïddité de

(i) Cf. ci-après, chap. LXXIIl, ¥ proposition.

(2) Voy. ci-dessus, pag. 228, note 4.

(3) Dans les chapitres précédents, Tauteur a combattu ceux qui croient pouvoir admettre comme attributs essentiels de Dieu la vie, la science , la puissance et la volonté. Ici il va montrer qu'on ne saurait même pas admettre comme attributs do Dieu V existence, X unité et Y éternité, plus généralement considérées comme atlribuls inhérents îi l'es sence divine. Cf. Ba'hva, Devoirs ries cœurs, liv. l, chup. 10.

PRKMIKRK PAimi:. — CIIAI». I.VII. 231

ce qui existe (*). Ceci est une chose évidente et nécessaire dans

(1) A la manière dont l'auteur s'exprime ici, on pouirail croire qu'il s'agit d'une proposition bien connue appartenant a Aristole ; mais, comme le font observer plusieurs commentateurs, celte distinction subtile entre la qmddité d'une chose et son existence appartient à Ibn-Sînâ, et elle a été combattue par d'autres philosophes arabes, et notamment par Ibn-Roschd, qui nous apprend que ceux qui ont vu dans l'existence un accident se sont fondés entre autres sur ce que le mot arabe >^^=^j^, que les philosophes emploient dans le sens d'existant ou de ce qui est (rô ov), est primitivement un participe passif signifiant trouvé , et indique, par son étymologie, quelque chose d'accidentel. Au commencement du I®'" livre de son Abrégé de la Métaphysique , ibn-Roschd, après avoir exposé les divers sens du terme philosophique '^j=^y (ce qui est, tô ov), se résume ainsi (vers, hébr.) : ^^^ ^itr ^^ y^ ^^121T{ D'^ H^H p^l

^:Dîi*^ y^n x!^d: t^intr no h^^ p-ni^n W V'") n::^ D^r^yn , c'est-a-

dire, qu'en résumé, ledit terme se dit, ou bien de ce que l'esprit juge être

vrai (Érr. tÔ ctvat nriu-vlvii xat rô zi-n oti. 'z/yjOiç, y. r. ).. Arist., Métajjk..,

liv. V, chap. 7) , ou bien de l'être en soi, de ce qui a une réalité objective en dehors de l'esprit, et, dans ce sens, il s'applique à toutes les catégories Q'.aO a\)zo ^è tiv(/.t. yÂysrc/.t oaiXTrzp (jTjaui.vît. rà rryn u.9.t (X. rnç y.c/.rr,yo/otorç, ■/. T. ). Ibideni). L'existence accidentelle, ajoute Ibn-Roschd, on ne saurait se la tigurer dans l'être isolé ou dans l'être en soi (-v.^' «ûrô) , car la substance de la chose et sa quiddité ne peuvent être accidentelles; on ne peut se la figurer que dans la relation mutuelle des êtres, c'est-adire, lorsque le vj exprime un rapport accidentel d'une chose à une autre, ou lorsqu'il se dit, comme s'exprime Aristote, -/arà o-'jy.S;,5/)xôç :

l^ DHî^p m^?!iD:^ dh^d i^ii^^ d:d^i mpnn n^n*iî^ ^^^^ ""^^ imn^i

niip. Il réfute ensuite l'opinion d'Ibn-Sînâ, selon lequel Vexistence est un accident survenu a l'essence ou à la quiddité de la chose qui existe, et, après avoir montré tout ce qu'il y a de faux dans cette manière de

voir , il ajoute : iDi:y n^iQ ins^^ii^tî^ H^ yn2 ntH tr\sn -jin nr ^:3n*

(( Mais telle est la manière de cet homme dans presque tout ce qu'il allègue de lui-même. )) Ibn-Roschd voyait de mauvais œil une proposition qui lui paraissait être en opposition avec les doctrines aristotéliques. En effet , cette séparation idéale entre ce que la chose est (rô tî ^v sIv^. i) et son existence est contraire a l'esprit de la doctrine d'Aristote ; ce serait tout au plus dans les objets artificiels qu'on pourrait séparer le quoi de Vexistence, l'idée de la chose étant dans l'esprit do l'artiste avant

tout ce dont l'existence a une cause ; car son existence est une chose ajoutée à sa quiddité! Mais quant à ce dont l'existence n'a pas de cause, et c'est Dieu seul, le Très-Haut, [car c'est là ce qu'on veut dire en disant que Dieu est d'une existence nécessaire,] son existence est sa véritable essence; son essence est son existence, et elle n'est point une essence à laquelle il soit arrivé d'exister, de sorte que son existence y soit quelque chose d'accessoire ; car il est toujours d'une existence nécessaire, et (son existence) n'est pas quelque chose de nouveau en lui (*) ni un accident qui lui soit survenu. Ainsi donc, il existe, mais non par V existence, et de même, il vit, mais non par la vie, il peut, mais non par la puismnce, et il sait, mais non par la science (^) ; le

d'exister (cf. Aristote, Métaph., liv. VII, chap. 7 : «ttô Tzyyriç Si yiyv-rai oacov To sISoç èv ta '^^^^ , zi^oç Se )iy&) zo rt riv elvai éy.ûazov y.ui rrlv Tror^orn-J o-jo-^av*). Selon les partisans d'Ibn-Sînâ, il en serait de même de tout ce qui se fait par la nature/ car, disent-ils, toutes les choses se trouvant dans la première cause, ou dans Dieu, qui les connaît d'avance, la quiddité des choses est antérieure à leur existence , laquelle, par conséquent, est un accident de la quiddité (voy. le commentaire de Schem-Tob, à notre passage). Mais ce raisonnement aboutit a admettre, avec Platon, des idées ou des formes préexistantes, et est peu conforme aux doctrines péripatéticiennes. — Voy. aussi la note 1 de la page suivante.

(1) C'est-a-dire, quelque chose qui soit nouvellement arrivé à sa quiddité et qui soit postérieur à celle-ci. Les manuscrits portent généralement xni^D {^.j^) et i^iflt^y (L^jU), et il faut considérer ces deux mots comme Vénonciatif {j^) de la négation V, qui a ici la force d'un verbe, et sous-entendre ^^j^j ou ^ ; c'est comme si l'on eût dit: iS^li, i:>j^j ^.

(2) C'est a tort que Pococke (^Spécimen hist. Ar., pag. 21 -i) compare ces paroles de Maïmonide avec ce que disaient certains Mo'tazales, savoir, que Dieu est puissant par son essence, sachant par son essence, etc.; on a vu plus haut (chap. LUI, pag. 209) que Maïmonide lui-même blâme ces paroles des Mo'tazalcs, qu'il trouve peu intelligibles et dans lesquelles il voit un aveu détourné des attributs essentiels. L'auteur,

tout, au contraire, revient à une seule idée, dans laquelle il n'y a pas de multiplicité, comme on Fexposora.

Ce qu'il faut savoir également , c'est que l'unité et la multiplicité sont des accidents survenus à ce qui existe, en tant qu'iJ est multiple ou laiy chose qui a été expliquée dans la Métaphysique (*). Et, de même que le nombre n'est pas les choses mêmes

■em disant: existant, non par Vexîstenec , vwant, non par la vie, etc., évite évidemment de s'exprimer, comme les Mo'tazales, par des termes affirmatifs. Cf. le dernier des Huit chapitres dont notre auteur fait précéder son commentaire sur le traité Ahôth; t'ouchant la même question, il s'exprime également par des termes négatifs, en disant:

nx^nn N*n n^t ohv^ ^^QS^^y in o'h "'^t^yn rhS^ ]^ (Voy. Pococke,

Porta Mosis, pag. 254),

(1) Ainsi que le fait observer le commantateur Sclicm-Tob, ce que i'auteur dit ici ne se trouve nulle part dans la Métaphysique d'Arislote , mais bien le contraire. En effet, Vun (-ô ôv) en soi, auquel Aristote donne quatre significations principales, qui sont : le continu, letout^ Yin- •diwidu et Vuîii^r'ersel (selon qu'on y considère l'idivisibilité du mouvement €u celle de Fidée) , est inséparable de la nature même et de la quidditè de la chose qui est une , et ne saurait être considéré comme un accident de la quidditè. XJ'zin n'est pas en lui-même une essence, et il ne peut être que dans un sujet. Son caractère propre est d'être indivisible et la première mesure dans chaque genre , et notamment la mesure de la quantité ; mais, de même que Xétre (jb ov), avec lequel il se confond et s'identifie, il s'applique a toutes les catégories , et ne se trouve pas particulièrement dans une seule. Le multiple est opposé à Vun, comme le divisible a l'indivisible , et non pas comme le non-être a l'être ; car le multiple est dans Vetre, aussi bien que Vun, et s'attribue, comme ce dernier, a toutes les catégories. Vun et le multiple dans le nombre, désignant la quantité seule , sont des abstractions et entièrement distinets de Vélre. Voir les détails dans la Métaphysique d'Aristote, îiv. V, cbap. 6, et Iiv. X, cbap. 1 et suiv. — Maïmonide, qui ne voit dans Vun et le multiple que des accidents distincts de Vetre , a encore suivi l'opinion d'Ibn-Sînâ, qui, comme le fait observer Ibn-Roschd, a confondu Vun du nombre avec I'm/i absolu : « Une difficulté qu'on peut trouver ici, dit ibn-R©schd (1. c, Iiv. Ill"), est celle-ci : comment, en admettant que

!234 premièrh: partie. — chai>. lvii.

qui sont nombrées , de même l'unité n'est pas la chose même qui est une y car ce sont tous (deux) des accidents du genre de la quantité discrète (^), qui atteignent les êtres aptes à recevoir de semblables accidents. Pour ce qui est de Vêtre nécessaire (Dieu) , réellement simple et absolument exempt de composition , de même qu'on ne saurait lui attribuer l'accident de la multiplicité^ de même il serait faux de lui attribuer l'accident de V unité; je veux dire que l'unité n'est point une chose ajoutée à son essence, maisqu'il est un, non par l'unité. Ces sujets subtils, qui presque

Vun du nombre est de la catégorie de la quantité , pouvons-nous admettre ensuite qu'il se trouve dans toutes les catégories, et encore qu'il est dans les catégories mômes, et non pas quelque chose qui y soit accessoire? C'est paurquoi Ibn-Sînâ a pensé que son subslratum doit être un accident qui se trouve dans toutes les catégories. Mais il n'en est point ainsi; car Vun dans le nombre est d'une autre nature que les autres unités. En effet, l'w/z numérique est l'individualité, abstraite de ce qui est quantité et qualité, je veux dire de ce par quoi l'individu est individu; car il n'est individu que dans le sens ù'i/idi^^isible , et l'esprit l'abstrait des choses matérielles, le limite et le prend pour quelque chose de séparé. Vnn dans le nonibre, l'unité numérique, n'est qu'une chose que Yàmc fait dans les êtres individuels , et sans l'âme il n'y aurait ni unité numérique ni nombre en général, contrairement a ce qui a lieu pour la ligne et la surface , et , en général, pour la quantité continue ; c'est pourquoi le nombre est, plus que toute autre chose, pur de matière. Ibn-Sînâ a confondu la nature de Vun, principe du nombre, avec Vim absolu , qui embrasse toutes les catégories, et comme Vun, principe du nombre, est un accident, il a admis que Vun absolu , qui est la môme chose que Vetre, est aussi un accident. )) CF. R. Lévi ben-Gerson, MU'hanwth, liv. V, 3, cbap. l!2.

(1) La quantité, dit Aristote (^Catégories , chap. 6), est, ou discrète (Hi.Mrt.T:j.i-jrr , J.^«sÀJ^), ou continue (Tvv£/iç, J.^.^^) ; la quanlitilé discrète, ajoute-l-il, c'est le nombre et la parole, dont les parties n'ont entre elles aucun terme commun où elles s'unissent. Il est évident que Tauteur, en disant ici que Vun est, comme le nombre, du genre ou de la catégorie de la quantité c^/*f/r/c, a confondu, comme Ibn-Sînâ, Tunité numérique avec l'unité absolue Voir la note précédente.

PREMIÈRE PAUTIE. — CHAP. LVIl. 235

échappent aux esprits, ne sauraient être exprimés par le langage habituel , qui est une des grandes causes de l'erreur ; car, dans toute langue, nous sommes (à cet égard) extrêmement à Pétroit pour l'expression, de sorte que tel sujet, nous ne saurions nous le représenter (par des mots) qu'en nous mettant à l'aise pour l'expression (*). Lors donc que nous désirons indiquer que Dieu n'est pas multiple, cela ne peut se dire que par (le mot) un, quoique Vun et le multiple fassent partie (tous deux) de la quantité; c'est pourquoi, résumant l'idée, nous amenons Tesprit à (comprendre) la réalité de la chose, en disant : un, non par l* unité.

C'est ainsi que nous disons Éternel pour indiquer que Dieu n'est pas quelque chose qui soit né (^). Mais dire Éternel, c'est évidemment nous mettre à l'aise (pour l'expression) ; car le mot éternel désigne quelque chose qui est en rapport avec le temps, lequel est un accident du mouvement qui compète au corps (3).

(1) Le verbe ^uJ' (Vl^ de ^:^--)i liui signifie : agir avec douceur, se montrer facile ou indulgent, s'emjDloie aussi , comme terme technique , dans le sens de se permettre une expression impropre, c'est- a-dire, d'être facile sur les mots qu'on emploie et de ne pas s'attacher à leur sens rigoureux^ lorsqu'on veut exprimer une idée pour laquelle on ne trouve pas les termes propres (cf. ci-dessus, pag. 203, note 5). Selon la définition du Kitâb al Tarifât (rapportée aussi dans le Dictionnaire de Freyiag), ce terme signifie : que l'idée qu'on a pour but d'exprimer ne ressort pas des mots qu'on emploie, et qu'il est nécessaire, pour la deviner, de sous-entendre une autre expression.

(2) Le mot Hli^n («^^l-a.-) signitie ce qui est nouvellement survenu, ce qui est produit ou créé, et est opposé a D''1p ((*f.*^)' ancien, éternel.

(3) Littéralement : car éternel ne se dit que de ce qu'affecte le temps, lequel etc. Voy. ci -dessus, chap. LU, pag. 199, et ihid. , note 1. Il n faut pas oublier que l'auteur raisonne ici sur le mot arabe (y -xa), e ployé dans le sens (!C éternel, mais qui signifie primitivement ce qui précède, antérieur, ancien, et qui désigne évidemment quelque chose qui est en rapport avec le temps.

En outre, ce mot exprime une relation i"^); car on dit étemel à l'égard du temps comme on dit long et court à l'égard de la ligne (-). Tout ce que ne touche pas l'accident du temps ne peut être dit, en réalité, ni étemel^ ni 7îé (ou créé) , pas plus que la douceur ne peut être dite courbée ou droite ^ ni le son , salé ou insipide.

Ces choses ne sont pas obscures pour celui qui s'est exercé à comprendre les sujets dans leur réalité, et qui les examine de manière que l'intelligence les saisisse dans leur abstraction, et

(1) Littéralement : Et il est aussi de la classe du relatif; c'est-a-dire , le mot v->i (antérieur, éternel) est de la catégorie de la relation, qui renferme, selon l'expression d'Aristote {Catég. y chap. 7), tout ce qui est dit ce qu'il est a cause de choses autres que lui-même, ou , en d'autres termes, tout ce qui se rapporte a une chose autre que lui-même (cf. W?i.\mox)\à.Q^ Abrégé de Logique, chap. 11). En effet, \ antérieur est dit par rapport à ce qui est postérieur ; V ancien, par rapport a ce ({ui est nouveau; V éternel, par rapport a ce qui n'a pas toujours été et qui est originaire de quelque chose. L'auteur veut dire probablement que le mot éternel, étant un relatif, ne saurait s'appliquer a Dieu, qui ne peut être mis en relation avec aucune chose. Cf. ci-dessus, pag. 200, et iùid., note 1.

(2) C'est-a-dire : de même que long et court sont des relatifs qui s'appliquent a la ligne, de même éternel et créé^ ancien et nouveau, sont des relatifs qui s'appliquent au temps. Les mots jxOt /5< V"^]^ ""D signifient ici : dans l'étendue ou dans la région du temps , et de même, t^r'?î< Tl^ *D 'dans l'étendue de la ligne. Il faut ici prononcer (j^^i et non pas fi^y^i comme l'ont fait les deux traducteurs hébreux, qui rendent les mots en question par jOîn mpOIS (dans Vaccidcnt du temps) , et ipn mpDD (dans Vaccident de la ligne), ce qui n'offre guère de sens. Ibn-Falaquera a déjà fait observer que le mot riy doit être rendu ici en hébreu par ^nin (largeur), pris ici dans le sens de mtD mesure, étendue. Voy. More ha-Moré , pag. 28, et l'appendice, pag. 151. Cf. plus loin, chap. lAXIl (fol. 101 b, ligne 6, de notre texte) : yiiS^^ "iSi }ny TID2 , selon /'ÉTENDUE de cette espèce.

PllliMIÈlli: l'AKTli:. CHAI». LVII. 237

non pas selon le sens collectif qu'indiquent les mots (^). Toutes les fois donc que, dans les livres (sacrés) , tu trouves qu'on donne à Dieu les attributs de premier et dernier (2), il en est comme quand on lui attribue Vœil et Voreillei^^', on veut dire par là que Dieu n'est pas sujet au changement, et qu'il ne lui survient absolument rien de nouveau , mais non pas que Dieu tombe sous le temps , de sorte qu'il y ait une analogie quelconque entre lui et d'autres choses qui sont dans le temps , et qu'il soit ainsi premier et dernier. Tous ces mots ne sont (employés) que selon le langage des hommes; de même, quand nous disons (qu'il est) un^ le sens est qu'il n'y a rien de semblable à lui, mais non pas que l'idée cV unité s'ajoute à son essence.

(1) Plus lUtéraîement : et qui les examine , l'intelligence les saisissant et les abstrayant , et non pas aK>ec Vidée totale qu'indiquent les mots , c'eslk-dire, qui les examine avec une intelligence profonde, capable d(î saisir ces choses en elles-mêmes, dans tout ce qu'elles ont d'abstrait, cl ne se guide pas par le sens général qu'ont certains mots. Ainsi, par exemple, celui qui comprend ces sujets métaphysiques saura que, lorsqu'on dit de Dieu qu'il existe^ qu'il est un et éternel, ces mots ont ici un sens abstrait, entièrement indépendant de celui qu'ils ont dans leur application générale. —Au lieu de ^D^n^NJi , plusieurs manuscrits portent D"'D^n7i^^ (avec la corporifîcation ou Vidée corporelle); mais notre leçon est confirmée par les deux versions hébraïques, qui portent. Tune niS^D^, l'autre m^nil. Le mot ^^Jn ( JyF^) est un nom d'action (de la V^ forme) , dérivé du substantif àAç=v , totalité, et signifie ici généralité, ensemble.

(2) Voy., p. ex., Isaïe, chap. XLIV, v. 6.

(3) C'est-a-dire : les mots premiers et derniers, appliqués à Dieu, doivent être pris au figuré, aussi bien que Y œil et Voreillc, qu'on lui attribue.

238 l'REMIÈRK pAiriii:. — CHAI'. lmh.

Page 1