CHAPITRE LXX
Rakhab (n:Dl) ^^^' — Ce mot est un homonyme qui, dans sa première acception W, désigne la manière habituelle de monter sur une monture (^); p. ex.: J?^ il était monté (nDi) sur son ânesse
(1) Dans la plupart des manuscrits, on lit I^H^nDt^ (avec daleth)^ et de même, dans ce qui suit, t^mD\ m^N HDÛ^N, HOnOD^^^, monO^ dans quelques manuscrits tous ces mots sont écrits avec resch^ ce qui ne fait guère de différence pour le sens. Cf. ci-dessus, pag. 285, note 1.
(2) Littéralement: il est impossible que celui qui prolonge s'en aille , et que (néanmoins^) reste ce qui est prolongé et qui n'a de durée que par ce qu'il reçoit de prolongation.
(3) Dans ce chapitre, comme on va le voir, l'auteur explique le verbe D3*lî appliqué allégoriquement à Dieu comme premier moteur ou comme cause motrice et formelle de l'univers ; cette explication se rattache bien au chapitre précédent, qui traite de Dieu considéré comme cause.
(4) Sur le sens des mots S^^^ nS^riû, voy. ci-dessus, pag. 75, note 1.
(5) Littéralement : le chevaucher d*un homme sur les hétes, selon la manière habituelle.
321 PREMlÈTvE PARTÎK. — CIIAP. LXX.
(Nombres, XXII, 22). Ensuite il a été métaphoriquement employé dans le sens de dominer sur une chose, parce que le cavalier domine et gouverne sa monture , et c'est dans ce sens qu'il a été dit : H le fait chevaucher (inD^:D"iO ^^^' ^^^ hauteurs de la terre (Deut., XXXIl, 15); Et je te ferai chevaucher (iTû^nni) sur les hauteurs de la terre (Isaïe, LYIII, 14), ce qui veut dire : vous dominerez sur les hauteurs de la terre; (de même:) Je ferai chevaucher (ao^^î) Éphraïm (Osée, X, 11), c'est-à-dire, je le ferai régner et dominer. C'est dans ce sens qu'il a été dit de Dieu : Celui qui chevauche {2^1) sur le ciel, pour venir à ton aide (Deut.^ XXXIIÏ, 26), ce qui veut dire : celui qui domine sur le ciel. De même les mots mniyn 2:^)1^7 ^^^"^ ^^^ chevauche sur 'Arabôth (Ps. LXYIII, 5), signifient: celui qui domine sm'Arabôth; car c'est là la sphère supérieure qui environne tout (^\ ainsi que les docteurs le répètent dans plusieurs endroits, en disant (2) qu'il y a sept deux et que 'Arabôth en est le plus élevé^ qui les environne tous. Tu ne les blâmeras pas de compter (seulement) sept deux, quoiqu'il y en ait davantage; car quelquefois on ne compte que pour un seul globe celui qui pourtant renferme plusieurs sphères, comme il est clair pour ceux qui étudient cette matière, et comme je l'exposerai (ailleurs) (^h Ici on a seulement pour but (de montrer) qu'ils disent toujours clairement que 'Arabôth est le plus élevé de tous (les cieux), et que c'est de'Arabôth qu'on (parle quand on) dit : celui qui chevauche sur le ciel pour venir à ion aide.
(4) Voy, la 11^ partie, chap. ÎV et sniv., et cf. ci-dessus, page 57^ note 1.
(2) Littéralement : un texte des docteurs, répété partout, (dit^ qu'il y a etc. Sur les sept cieux, voy. Talmud de Babylone, traité 'Haghigâ,. fol. 12^.
(3) Voy. la 11^ partie, cliap. IV, où Tauteur dit que, du temps d'Aristote, on comptait jusqu'à cinquante sphères (cf. Métaphysique, XII, 8^), mais que les modernes n'en comptent que dix, quoiqu'il y eu ait d'entre elles qui renferment plusieurs sphèr€s>
îl y a un passage dans 'Haghigâ où l'on dit (0 : « Sur 'Arahôth réside le Très-Haut , car il est dit : Exaltez celui qui chevauche mr 'Akabôth (Ps. LXVIII, 5). Et d'où savons-nous que c'est ainsi qu'on appelle le ciel ? C'est qu'ici il est écrit : celui qui chevauche sur 'Aradôth, et ailleurs : celui qui chevauche sur le ciel, j) Il est donc clair qu'on fait partout allusion à une seule sphère, celle qui environne l'univers, et au sujet de laquelle tu vas encore apprendre d'autres détails. Remarque bien qu'ils disent : (le Très- Haut) réside sur lui^ et qu'ils ne disent pas : réside dans lui; car, s'ils eussent dit dans luiy c'eût été assigner un lieu à Dieu, ou dire que Dieu est une faculté dans lui, comme se l'imaginaient les sectes des Sabiens C^), savoir, que Dieu est l'esprit de la sphère céleste. En disant donc réside sua luiy ils ont déclaré que Dieu est séparé de la sphère y et qu'il n'est point une faculté dans elle ^^\
Sache aussi que l'expression métaphorique selon laquelle Dieu chevauche sur le ciel^ renferme une comparaison bien remarquable. En effet, le cavalier est supérieur à la monture [supérieur n'est dit ici qu'improprement (^), car le cavaUer n'est pas de la môme espèce que la monture] , et en outre, c'est le cavalier qui met en mouvement la bête et la fait marcher comme il veut; celleci est pour lui un instrument dont il dispose à sa volonté, tandis qu'il est, lui, indépendant d'elle et que, loin d'y être joint, il est en dehors d'elle. De même. Dieu [que son nom soit glorifié !] est le. moteur de la sphère supérieure, par le mouvement de laquelle se meut tout ce qui est mû au dedans d'elle; mais Dieu est séparé
(1) Voy. Talmud de Babylone, /. c.
(2) Voy. ci-dessus, pag. 280, note 2.
(3) Cf. le chapitre précédent, pag. 320, note 1.
(4) Sur le mot DDi^Dn (^!-^*) , voy. ci-dessus, pag. 235, note 1. Pour comprendre le sens descelle parenthèse, il faut se rappeler ce que l'auteur a fait observer plus haut au sujet du comparatif, qui ne peut s'employer que lorsqu'il s'agit de deux choses homogènes; voy. au chapitre LYI, pag. 228, et i6id.^ note 4.
d'elle et n'est point une faculté dans elle. Dans le BeréschUh rahhây les docteurs, en expliquant cette parole divine : Une demeure, le Dieu éternel (Deut., XXXIII, 27), s'expriment ainsi (*) : « Dieu est la demeure du monde , mais le monde n'est point sa demeure p) et ils ajoutent ensuite (en comparant Dieu à un guerrier monté à cheval) : « Le cheval est l'accessoire du cavalier, mais le cavalier n'est pas l'accessoire du cheval ; c'est là ce qui est écrit : Lorsque tu montas sur tes chevaux (Habacuc, III, 8). » Voilà leurs propres termes; fais-y bien attention, et tu comprendras (2) qu'ils ont exposé par là quel est le rapport de Dieu à la sphère , savoir, que celle-ci est son instrument par lequel il gouverne (3) l'univers. En effet, quand tu trouves chez les docteurs (cette assertion) que dans tel ciel il y a telle chose, et dans tel ciel telle autre chose ^^), il ne faut pas l'entendre dans ce sens qu'il
(1) Selon le Midrasck de la Genèse, ou le Beréschith rabhâ (sect. 68» au verset D1pD2 y:}D''1, Gen., XXVIII, 11), ces mots du Deutéronouje : D*lp Tî/Î*? nil)^Dî signifient: le Dieu éternel est une demeure ou une retraite, et correspondent à ce passage : Seigneur, tu nous as été une retraite (^^])12) de génération en génération (Ps. XC, l).
(2) Le mot p^m , qu'on trouve dans presque tous les manuscrits, doit être considéré comme impératif de la V^ forme (^ILj*), qui a ici le sens de comprendre; l'un des manuscrits de Leyde porte 7 Qî^ni H/D^^riD.
(3) La plupart des manuscrits portent 1^1; quelques uns ont niT à l'aoriste, et de même les deux versions hébraïques, dont l'une a y^'^T-, et l'autre Tprs^.
(4) L'auteur, revenant à l'explicalion qu'il a donnée du passage de 'Haghigâ, et qu'il trouve confirmée par le passage du Beréschith rahhâ, insiste de nouveau sur les fonctions de la sphère supérieure appelée *Arah6th, qui est en quelque sorte l'instrument dont se sert le premier moteur, ou Dieu, pour communiquer le mouvement aux autres sphères. Celles-ci a leur tour se communiquent successivement le mouvement les unes aux autres, et ne sont destinées qu'aux corps célestes; si donc, dans la suite du passage de 'Uaghigâ, on fait des sept deux le siège de diverses autres choses, en plaçant, p. ex., dans l'un les trônes des anges, dans un autre, des réservoirs de neige et de grêle, et ainsi de suite, cela
y ait dans le ciel des corps autres que le ciel , mais le sens est que les facultés (de la nature) qui font naître telle ou telle chose et en maintiennent la régularité dérivent de tel ou tel ciel. La preuve de ce que je viens de dire, c'est que les docteurs disent : cc'Araboth, dans lequel sont la justice, la vertu, le droit, des trésors de vie, des trésors de paix, des trésors de bénédiction, les âmes des justes, les âmes et les esprits de ceux qui sont encore à naître et la rosée par laquelle le Très-Saint ressuscitera les morts.» il est évident que rien de tout ce qu'ils énumèrent ici n'est un corps de manière à être dans un lieu ; car la rosée n'est pas ici une rosée (*) dans le sens propre du mot. Tu remarqueras aussi qu'ici ils disent dans lequel (l3tr) , c'est-à-dire que ces choses sont dans 'Arahôthy et qu'ils ne disent pas qu'elles sont sur lui ; ils ont en quelque sorte déclaré par là que les choses en question, qui existent dans le monde, n'y existent que par des facultés émanées de 'Arabôthy et que c'est Dieu qui a fait de ce dernier le principe de ces choses et les y a tixées. De leur nombre sont les trésors de vie, ce qui est exactement vrai ; car toute vie qui se trouve dans un être vivant (quelconque) ne vient que de cette vie-là, comme je l'exposerai plus loin C^). Remarque aussi qu'ils comprennent dans le nombre les âmes des justes^ ainsi que les âmes et les esprits de ceux qui sont encore à naître; et c'est là un sujet d'une haute importance pour celui qui sait le comprendre. En effet, les âmes qui survivent après la mort ne sont pas la même
doit s'entendre au figuré et s'appliquer aux facultés de la nature émanée des sphères célestes et produisant certains phénomènes. Cela devient surtout évident par les attributions de 'Arabôth, que l'auteur va énumérer d'après le texte talmudique, et qui, sans aucun doute, ne sont que des allégories.
(1) Les manuscrits portent ^D IH D*"^; mai^s le second ^^ doit être considéré comme un mot arabe, et on doit lire -iL.
(2) Voy. au chapitre LXXII, où la sphère céleste est présentée comme principe de vie de tout l'univers, de même que le cœur est le principe de vie dans Thomme. Cf. la II® partie, chap. X.
chose que l'àme qui naît dans l'homme au moment de sa naissance; car celle qui naît en même temps avec lui est seulement une chose en puissance et une disposition (^), tandis que la chose qui reste séparément après la mort est ce qui est devenu (intellect) en acte (2). Uâme qui naît (avec l'homme) n'est pas non plus la même chose que V esprit qui naît (avec lui) ; c'est pourquoi ils comptent (séparément), comme choses à naître, les âmes et les esprits ^^), tandis que l'âme séparée n'est qu'une seule chose W. Nous avons déjà exposé l'homonymie du mot rrn (esprit) (^\ et
(1) Littéralement : la puissance de ta disposition, c*est-a-drre cette chose en puissance qui a été désignée comme une simple disposition. L'auteur veut parler de ce que les philosophes arabes ont appelé l'intellect hflique ou matériel, et il se déclare ici pour l'opinion professée par Alexandre d'Aphrodise au sujet de Vintellect passif. Voy. ci-dessus^ pag. 306, note.
(2) Cf. ci-dessus, pag. 146, note 2.
(3) L*auteur ne s'explique pas clairement sur la distinction qu'il faut faire ici entre les mots âme et esprit; dans Vâme (rT^tî^i)^ il voit évidemment, soit la disposition dont il vient de parler ou Vintellect hflique, soit l'ensemble des facultés rationnelles ; le mot esprit (fin) paraît ici désigner, selon lui, Vesprii vital. Voy. ci-dessus, chap. XL, page \Ai.
(4) L'auteur veut dire qu'en parlant des âmes des justes on ne fait pas la même distinction d'âmes et d^esprits, parce qu'on entend par là Vâme immortelle, qui n'est autre chose que Vintellect acquis (voy. ci-dessus, pag. 307, note), et qui par conséquent n'est plus, comme Vintellect hflique, une des nombreuses facultés de Vâme rationnelle, laquelle périt avec l'homme. Cf. ci-dessus, pag. 146, et voy. aussi ce que notre auteur dit sur le même sujet dans son Mischné-Tdrâ ou Abrégé du Talmud, traité Yesddé ha-T6râ, chap. IV, §§ 8 et 9. — Ici et dans d'autres passages encore, l'auteur indique assez clairement que l'âme, pour parvenir à l'immortalité, doit être arrivée dans cette vie au degré de Vintellect acquis; au chapitre XXVII de la II® partie, l'auteur attribue expressément la permanence aux seules âmes des hommes supérieurs (t<7^D?t< DDli<).
(5) Voy. ci-dessus, chapitre XL.
nous nous sommes aussi expliqué, à la fin du livre Madda\ sur ces divers homonymes (*).
Tu vois par là comme ces hautes vérités, objet de la spéculalion des plus grands philosophes (^), sont disséminées dans les Midraschôth^ que le savant non équitable, en les lisant superficiellement, trouve ridicules, parce qu'il en voit le sens littéral en contraste avec la réalité de l'être ; mais ce qui est la cause de tout cela, c'est qu'on s*est exprimé d'une manière énigmatique, parce que ces sujets étaient trop profonds pour les intelligences vulgaires, comme nous Tavons déjà dit bien des fois.
Pour terminer le sujet dont j'ai abordé Texplication, j'ajoute (3) que les docteurs ont entrepris de prouver par des passages de l'Écriture '^) que les choses énumérées existent dans 'Arabôth^ en disant : « Pour ce qui est de la justice et du droit, il est écrit : la justice et le droit sont la hase de ton trône (Ps.LXXXIX, 15).» Et de même, ils prouvent que les autres choses qu'ils ont énumérées y existent également, en montrant qu'elles sont mises en rapport avec Dieu (^>. Il faut bien comprendre cela. — Dans les
(1) Plus littéralement : et nous ai>ons aussi exposé ce qu'il y a dans
ces noms en fait d'homonymie. Le livre intitulé Madda' (Science) est le premier des quatorze livres dont se compose le Mischné-Torâ; l'auteur fait allusion, sans doute, à un passage du traité Teschoubd (ch.VIII, § 3), oii, en parlant de Yâme, il indique le sens des mots ti^oi et HOJi^J.
(2) Littéralement : regarde donc comme ces sujets extraordinaires et vrais, aujcquels est arrivée la spéculation des plus élevés d'entre ceux qui ont philosophé^
(3) Littéralement : je reviens ache^'er ce que fai entrepris de faire comprendre, et je dis etc.
(4) Les mots p^Di^lD piiJD signifient : par des textes de versets (J)ibliques)\ p^Dfc^lD est un pluri<il irréguli-er, de forme arabe, du mot rabbinique p^DD i verset.
(5) Le texte arabe de ce passage est assez obscur ; en voici à peu près le mot à mot : Et de même ils ont prouvé, pour ces (autres^ choses qu'ils ont énumérées, quêtant (dans^ un rapport avec Dieu, elles sont auprès de
Pirké Rabbi Èlié%er (chap. 18) , on dit : « Le Très Saint a créé sept cieuXy et entre tous il n'a choisi, pour trône glorieux de son règne, que le seul 'Arahôlh; car il est dit : Exalte% celui qui chevauche sur'Arabôth (Ps. LXVIII, 5). n Tel est le passage textuel; il faut
lui. Le mot m^y (^chez lui ou auprès de lui^ ne se rapporte pas à Dieu, mais au ciel 'Araboth, et il eût été plus. régulier de construire ainsi la
phrase arabe : mjy ^H NPiny ^rh^ "i^n ;^^ ^"^y Ni^inox n^i^i "hxi^n n^^ (c.-à-d. rimo^Q Ninair^n) niso: ^^ni^^2. Au Heu de
n3DJ (^^r***^) fiue portent la plupart des manuscrits, quelques uns ont t, ^ *
rCiDl (C^**o), et Pun des manuscrits de Leyde, n^DiD (^^*m^) ; ces
deux dernières leçons paraissent avoir été substituées au mot H^Di i pour faciliter rintelligence du passage. Le sens est : que les docteurs, pour prouver que les autres choses qu'ils ont énumérées existent également dans 'Arahôth, se bornent a citer des passages bibliques où ces choses sont directement attribuées a Dieu; car rien n'émane de Dieu que par rintermédiaire de 'Arahôth, qui, comme on l'a vu, est l'instrument par lequel Dieu régit l'univers. Ainsi, p. ex., pour prouver que 'Arabôth renferme des trésors de vie, on cite ces mots du Psalmiste : Car auprès de toi est la source de vie (Ps. XXXVI, 10) ; pour les trésors de paix, on cite ce passage : Et il l'appela (l'autel) Dieu éternel de paix (Juges, VI, 2-4); pour les trésors de bénédiction: Il recevra la bénédiction de la part de l'Éternel (Ps. XXIV, 5), et ainsi de suite. Voir 'Eaglugâ, 1. c. — Dans les éditions de la version d'Ibn-Tibbon (à l'exception de l'édil. princeps)^ notre passage se trouve traduit deux fois, d'aboid littéralement, ensuite d'une manière qui en rend plus clairement le sens ; la seconde traduction est conçue en ces termes : m^n^n DnI^' "I^ITH ^y H^N") 1^<^2n pi n^yn'' D'^^ D"'DnVD OnmO (les mots ^^l:^< nn-^S qu'ajoutent les éditions, sont répétés de la première traduction et doivent être effacés). La plupart des manuscrits et l'édition princeps n'ont que celte seconde traduction, qu'Ibn-ïibbon avait mise en marge, en y ajoutant la note suivante qu'on trouve dans quelques manuscrits : p3n p 7^^101^ lDfc<
pyn r^yo «liv t<in '-ji^ ^myn pir^^o j^î^v "I:^^? j^inD r\T\'ùr\ pirSn
«Samuel Ibn-Tibbon dit: La rédaction reclitiée qui se trouve dehors ne correspond pas au texte arabe, mais ressort du sujet même contenu dans le texte de 'Eagkîgà; c'est le sens véritable, et c'est là ce que l'auteur a indiqué en disant : Il faut comprendre cela. »
également t'en bien pénétrer. Sache aussi qu'un ensemble de bêtes de monture s'appelle mercahâ (nn^"io, attelage ou char), mot qui est fréquemment employé ; p. ex. : Et Joseph fit atteler sa MERCABA OU SOU cliar (Genèse, XLVI, 29) ; dans le char (n:î::"iD) du ministre (Ibid., XLI, 45) ; les attelages ou les chars (nin^iD) de Pharaon (Exode, XV, 4). La preuve que ce nom désigne un nombre de bêtes, c'est qu'on a dit : Une mercaba (ou un attelage) montait et sortait d'Egypte pour six cents pièces d'argent^ et un cheval pour cent cinquante (I Roi, X, 20), et cela prouve que mercahâ désigne quatre chevaux. Or, dis-je, comme il a été affirmé par la tradition (^) que le trône glorieux (de Dieu) est porté par quatre animaux^ les docteurs l'ont appelé pour cela mercahây par comparaison avec V attelage qui se compose de quatre individus.
Mais voilà qu'on a été entraîné loin du sujet de ce chapitre (^). Il y aura nécessairement encore beaucoup d'autres observations à faire sur cette matière; mais il faut revenir au but de ce chapitre qui était de montrer (3) que les mots celui qui chevauche sur le ciel (Deut., XXXIII, 26) signifient : celui qui, par sa puissance et sa volonté, fait tourner et mouvoir la sphère environnante ('*). De même, à la fm du verset, les mots et par sa majesté^ les cieuXy signifient : celui qui par sa majesté fait tourner les cieux. On a donc fait ressortir le premier [qui, comme nous l'avons exposé, est 'Arabôth] par le verbe chevaucher (:3:di),
(1) Liltéralemenl : c/)mme il a été dit, selon ce qui a été dit, c'esl-adire, selon rexplicalion traditionnelle donnée par les rabbins a la vision d'Ézéchiel, où il est question des quatre animaux et du trône céleste, Voy. Ézéchiel, ehap. I, versets 5 et suiv., et cf. la III^ partie de cet ouvrage, ehap. II.
(2) Littéralement : voilà à quel point a été entraînée la parole dans ce chapitre.
(3) Littéralement: mais le but de ce chapitre, vers lequel on a voulu ramener le discours, était {de montrer) que etc.
(4) Cf. ci-dessus, pag, 28, note J .
tandis que pour les autres (*) (on a employé) le mot majesté (mi^:i); car c'est par suite du mouvement diurne^ accompli par la sphère supérieure, que se meuvent toutes les (autres) sphères, comme la partie se meut dans le tout, et c'est là la grande puissance qui meut tout et qui, à cause de cela, est appelée majesté (mx:).
Que ce sujet soit toujours présent à ton esprit pour (comprendre) ce que je dirai plus tard ; car il contient la preuve la plus importante par laquelle on puisse connaître l'existence de Dieu [je veux parler de la circonvolution de la sphère céleste] , ainsi que je le démontrerai ('^). Il faut t'en bien pénétrer.