‹ Le guide des égarés; (volume 4)Chapitre 14 sur 80 · TA · texte numérisé non relu

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Çayeg (1), chez l’un des disciples duquel j'ai pris des leçons, examina ce sujet, et produisit certains arguments [que nous avons copiés de lui ()], par lesquels il présenta comme invraisemblable que Vénus et Mercure soient au-dessus du soleil; mais ce qu'a dit Abou-Becr est un argument pour en montrer linvraisemblance, et n’en prouve point limpossibilité En somme, qu’il en soit ainsi ou non, (toujours est-il que) tous les anciens rangeaient Vénus et Mercure au-dessus du soleil, et à cause de cela, ils comptaient les sphères %) (au nombre de) cinq : celle de

sur Joseph-ben-lehouda, dans le Journal Asiatique, juillet 1842, pag. 15, note 3. Il en a été publié une version latine due à Gerard de Crémone : Gebri filit Afla hispalensis de Astronomia libri IX, etc. Norimbergæ, 1533. J'en ai donné en français un extrait relatif à l’une des inégalités de la lune, dans les Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences, t. XVIT, pag. 76 et suiv. Voy. aussi, sur cet ouvrage, Delambre, Histoire de l’Astronomie du moyen âge, p. 179 et suiv., et sur la question des planètes de Vénus et de Mercure, ibid., p. 184. Delambre dit en terminant (p. 185) qu’il n’est pas possible de décider en quel temps Géber a vécu; mais l’époque peut se préciser par notre passage même; car nous savons que Maïmonide, qui dit avoir été lié dans sa jeunesse avec le fils d’Ibn- Afla’h ou Géber , était né en 1135. Ibn-Roschd ou Averroès, né en 520 de l’hégire (1126), en parlant, dans son Abrégé de l’Almageste, de cette même question relative aux planètes de Vénus et de Mercure, dit expressément qu'Ibn-Afla’h avait vécu au même siècle. La version hébraïque porte : 453 YHAWNON NODN 72 NY 139172 mnt wmNm (Cf. More ha-Moré, pag. 89).

(1) Sur ce philosophe , connu aussi sous le nom d’/bn-Bädja, voyez mes Mélanges de philosophie juive et arabe, pag. 383 et suiv.

(2) L'auteur veut dire probablement que ces arguments furent copiés par les élèves dans les leçons que leur donnait le disciple d’Ibn-al- Cayeg. |

(3) L'auteur emploie ici le mot 8, , Correspondant à notre mot globe, et dont il se sert, comme on l’a vu plus haut, pour désigner un ensemble compacte de plusieurs sphères (SW.s}) emboîtées les unes dans les autres, comme l’est notamment ici le globe qui renferme les sphères des cinq planètes. Nous avons dû, dans plusieurs passages, éviter d’employer le mot globe, qui s’appliquerait plutôt au corps même de l'astre qu'à la sphère dans laquelle il tourne.

la lune, qui, imdubitablement, est près de nous (1), celle du soleil, qui est nécessairement au-dessus d'elle, celle des cinq (autres) planètes, celle des étoiles fixes, et enfin la sphère qui environne le tout, et dans laquelle il n’y a pas d'étoiles. Ainsi donc, les $phères figurées, — je veux dire les sphères aux figures, dans lesquelles il y a des étoiles, car c’est ainsi que les anciens appelaient les étoiles figures, comme cela est connu par leurs écrits, — ces sphères (dis-je) seraient au nombre de quatre @) : la sphère des étoiles fixes, celle des cinq planètes, celle du soleil et celle de la lune; et au dessus de toutes est une sphère nue , dans laquelle 1l n’y a pas d'étoiles.

Ce nombre (de quatre) est pour moi un principe important pour un sujet qui m'est venu à l’idée, et que je n’ai vu clairement (exposé) chez aucun des philosophes; mais j’ai trouvé dans les discours des philosophes et dans les paroles des docteurs, ce qui a éveillé mon attention là-dessus. Je vais en parler dans le chapitre suivant, et j’exposerai le sujet.

(1) C'est-à-dire, qui est la plus rapprochée du globe terrestre, centre de l'univers.

(2) Littéralement : Donc, le nombre des sphères figurées sera. leur nombre (dis-je) sera quatre sphères. Tous les manuscrits ont au commencement de la phrase le verbe N5n5 au féminin en le faisant accorder avec S5NÔS , et nous avons suivi la leçon des manuscrits ; mais il serait plus correct d'écrire 215, ou de supprimer le mot y. Ibn-Tibbon (dans les manuscrits) et Ibn-Falaquéra (Moré ha-Moré, p. 90) ont reproduit l’incorrection du texte arabe en traduisant 559 5% 399). Quant au nom de figure donné aux étoiles, il s'applique principalement aux signes du zodiaque, appelés par les Arabes msi sw. Cf. Haumer, Encyclopädische Uebersicht der Wissenschaften des Orients, pag. 373. Moïse de Narbonne indique le passage du Centiloquium de Ptolémée (n° 9), où ilest dit que les formes ou figures, dans ce qui naît et périt, sont affectées par les figures célestes (rx êv rà yevioer vai popa èn, récyer 5rd roy odpavios sida). Le même commentateur fait observer que Maïmonide veut faire allusion aux faces des animaux de la vision d’Ezéchiel, chap. T, v. 6 et 10, qui désigneraient les figures des astres.

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