CHAPITRE XIX
Il résulte évidemment du système d’Aristote, comme du système de tous ceux qui professent l'éternité du monde, que selon lui cet univers est émané du Créateur par nécessité, que Dieu est la cause et ce monde l'effet, et que, par conséquent, celui-
(4) Voy. ci-dessus, p. 121. |
(2) C'est-à-dire, selon l'opinion qui admet un Dieu créateur.
(3) Littéralement : Ce qui s'attache à son opinion en fait d'absurdités. Le suffixe dans Re (so opinion) se rapporte à Aristote, ou aux mots précédents : DTp9N3 DD 79, celui qui soulient l'élernité.
(4) L’auteur aborde ici les preuves directes qu’on peut alléguer en faveur de la création ex nihilo ; il combat le système d’Aristote, selon
ci est nécessaire (1). De même qu’on ne saurait dire de Dieu pourquoi il existe, ni comment il existe ainsi, je veux dire un et incorporel, de même on ne saurait dire de l'univers dans son ensemble pourquoi il existe ni comment 1l existe ainsi (que nous le voyons); car il est nécessaire que tout cela existe ainsi, (je veux dire) la cause et son effet; et 1l est impossible pour tous deux de ne pas exister ou de devenir autres qu’ils ne sont. Il s'ensuit donc de cette opinion que toute chose doit nécessairement conserver toujours la nature qu'elle a, et qu'aucune chose ne peut, en une façon quelconque, changer de nature. Selon cette opinion, le changement de nature d’un être quelconque est chose impossible, et, par conséquent, toutes ces choses n'ont pu naïtre par le dessein d’un être ayant une intention et qui aurait librement voulu qu'elles fussent ainsi; car, si elles étaient nées par un tel dessein, elles n'auraient pas existé aimsi avant que le dessein en fût arrêté @). Mais, selon notre opinion, à nous, il est
lequel tout dans l'univers suivrait une loi éternelle et immuable, et il montre que, notamment dans les mouvements des sphères célestes, on ne saurait méconnaître l’action d’une volonté libre agissant avec intention et non par nécessité. Maïmonide montre les invraisemblances qui résultent du système d’Aristote, et 1l insiste notamment sur les dificultés que présentent certains passages du traité du Ciel. Ce chapitre est un des plus importants dans la discussion engagée par Maimonide contre les péripatéticiens. Moïse de Narbonne ayant répondu à plusieurs objections de l’auteur et ayant affaibli par là, aux yeux de certains contemporains, l'effet que devait produire ce chapitre, Isaac Abravanel l’a expliqué dans un commentaire particulier, accompagné de plusieurs dissertations. Ce commentaire, intitulé Dn D», les Cieux nouveaux, était resté inédit ; il a été publié, pour la première fois, par Wolf Heidenheim, Rôdelheim, 4828, in-4°.
(4) Cf. le t. !, chap. LXIX, p. 313-314.
(2) Littéralement : Avant qu'on se les proposât, ou avant qu'elles fussent l'objet du dessein ; c’est-à-dire : L’intention qui a voulu que les choses fussent de telle et telle manière, quoiqu’elles pussent être autrement, devait nécessairement précéder ces choses, et par conséquent elles n’auraient pas toujours été telles qu'elles sont.