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son propre perfectionnement (1), (de sorte qu’il lui en reste) pour le perfectionnement des autres. Il en est de même pour tous les êtres : il y en a qui ont assez de perfection pour gouverner les autres (êtres), tandis qu’il y en a d’autres qui n’ont de perfection qu'autant qu’il faut pour se laisser gouverner par d’autres C), comme nous l’avons exposé.
Cela étant, il faut que tu saches que, si cette émanation de l’intellect (actif) se répand seulement sur la faculté rationnelle (de l’homme), sans qu'il s’en répande rien sur la faculté imaginative [soit parce que l’émanation elle-même est insuffisante &), soit parce que la faculté imagimative est défectueuse dans sa formation primitive, de sorte qu’elle est incapable de recevoir l'émanation de l’intellect}, c'est là (ce qui constitue) la classe des savants qui se livrent à la spéculation. Mais, si cette émanation se répand à la fois sur les deux facultés, je veux dire sur la ration-
(1) Au lieu de ÿn°5w, qu'ont la plupart des éditions de la version d'Ibn-Tibbon, il faut lire n$w7, comme l’ont les mss. et l'édition princeps. La version d’Al-’Harîzi est ici plus claire ; elle porte : sy» on 13 Den 55 Dow non m9 an.
(2) Noûs avons suivi la leçon qu’offrent la plupart des mss., qui portent : 39 (SX) 9279 2% 7. La vers. d'Ibn-Tibbon porte : 0 Nô Du 32 NM nTw Mpw5; de même, Al-Harizi :
sn96 Nû w8)0 V9 pH 1 99, qu'autant qu'il faut pour se gouverner soi-même, et non les autres. Les deux traducteurs ont lu : 8751 112 97p “m3 89 7053 m2, lecon qu’on trouve en effet dans les deux mss. de Leyde, et qui est plus conforme à la manière dont l'auteur s’exprime plus haut, ch. XI (p. 95-96). D'après la leçon que nous avons adoptée, le sens est : tandis qu'il y a d'autres êtres dont toute la perfection consiste à être constitués de manière à recevoir l'influence et la direction des êtres qui leur sont supérieurs. IL s’agit iei des êtres inférieurs régis par les êtres supérieurs, dont les forces se communiquent à eux. Voy. ci-dessus, ch. X et XI, et la Ire partie de cet ouvrage, ch. LXXII (t. 1, p. 361).
__ (3) Littéralement: à cause du peu (paucitatis) de la chose qui s’épanche; c’est-à-dire, parce que l’intellect actif ne s’épanche pas suffisamment. Il va sans dire que cette insuffisance ne saurait être attribuée à l’intelleet actif lui-même, qui est toujours en acte et qui agit toujours avec la
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nelle et sur l’imaginative [comme nous l’avons exposé el éomme l’ont aussi exposé d’autres parmi les philosophes|(), et que l'imaginalive a été créée primitivement dans toute sa perfection, c'est là (ce qui constitue) la classe des prophètes. Si, enfin, l'émanation se répand seulement sur la faculté imaginalive, et que la faculté rationnelle reste en arrière, soil par suite de sa formation primitive, soit par suite du peu d'exercice, c'est (ce qui constitue) la classe des hommes d’État qui font les lois ®), des devins, des augures et de ceux qui font des songes vrais; et de même, ceux qui font des miracles par des artifices extraordinaires et des arts occultes, sans pourtant être des savants, sont tous de cette troisième classe.
Ce dont il faut te pénétrer, c’est qu’à certains hommes de cette troisième classe, il arrive, même quand ils sont éveillés, d'étonnantes visions chimériques, des rêves et des agitations, semblables aux visions prophétiques , de telle sorte qu'ils se croient eux-mêmes prophètes; ils se complaisent donc beaucoup
même force ; mais la matière sur laquelle il agit (ou l’intellect Aylique de l’homme) peut quelquefois ne pas être apte à recevoir la forme, de sorte que Paction de l’intellect actif, qui donne la forme, se trouve arrêtée ou affaiblie en apparence (voy. ci-dessus, p.139, et le t. 1, p. 311, note 4). Selon Schem-Tob et Abravanel, il faut entendre par la chose qui s'épanche la faculté rationnelle, qui répand sur la faculté imaginative ce qu'elle a reçu de l'intellect actif et qui, selon qu’elle est plus ou moins forte, agit plus où moins sur la faculté imaginative. Abravanel, qui ne pouvait lire que la version d’Ibn-Tibbon, croit devoir rapporter le mot 32% (dans 1291 727 VE NS) à la faculté rationnelle; mais le texte”arabe qui a ñ39, au masculin, n'admet pas cette explication.
(1) Dans le ms. de Leyde, n° 18, on a omis les mots ÿ2 NS NS on min ADN SON 7 Km, et les deux traducteurs hébreux les ont également passés. l’auteur veut parler de ce que, dans le chapitre précédent, il a dit de la faculté imaginative et de l'émanation divine se répandant d’abord sur la faculté rationnelle et ensuite sur la faculté imaginative. .
(2) Quelques mss. ont NIPSÉNN, avec le copulatif; d’après cette leçon il faudrait wraduire : C'est la classe des hommes d'État, des législuteurs, ete.
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dans ce qu'ils perçoivent de ces visions chimériques, croyant qu'ils ont acquis des sciences sans avoir fait des études, et ils apportent de grandes confusions dans les choses graves et spéculatives, mêlant ensemble, d'une manière étonnante, les choses vraies et les chimères. Tout cela, parce que la faculté imaginative est forte (chez eux), tandis que la facullé rationnelle est faible et n’a absolument rien obtenu; je veux dire qu’elle n’a point passé à l'acte.
On sait que, dans chacune de ces trois classes, il ÿ a un grand nombre de gradations (1). Chacune des deux premières classes se divise en deux parties, comme nous l'avons exposé. En effet, l'émanation qui arrive à chacune des deux classes est, ou bien suffisante seulement pour perfectionner l'individu, et pas plus, ou bien elle est assez forte pour qu'il en reste à cet individu de quoi en perfectionner d’autres ®). En ce qui concerne la première classe, celle des savants, tantôt ce qui se répand sur la faculté rationnelle (5) de l'individu est suffisant pour en faire un homme d’étude et d'intelligence, possédant des connaissances et du discernement, mais qui ne se sent pas porté à instruire les autres, ni à composer des ouvrages, n’ayant pour cela ni le goût ni la
(4) Littéralement: beaucoup de supériorité réciproque; c’est-à-dire, que les individus appartenant à chacune de ces catégories diffèrent beaucoup entre eux par la supériorité qu'ils ont les uns sur les autres. La version d'Ibn-Tibbon, qui porte R1 37 Jnn", manque de clarté; le sens est: nt 5j nt DIN ‘325 ND 27 JYint uw. Au commencement de ce chapitre, les mots N25py SYNDNM ont été plus exactement rendus par: nt 5p nt bo pans mas. AlHarizi traduit : 39 55 s3 jy nt by to Dia om we n5NA Dubn nwbwp; d’après cette traduction, ce seraient les trois catégories elles-mêmes qui seraient déclarées avoir une supériorité les unes sur les autres, ce qui est un contre-sens.
(2) Littéralement : ou bien, en quantité (suffisante) pour le perfectionner (c’est-à-dire, l'individu auquel elle arrive), pas autre chose, ou bien, en telle quantité qu'il en reste (à l'individu), après son perfectionnement, de quoi perfeclionner d'autres.
(3) Les éditions de la version d’Ibn-Tibbon ont ‘55w; il faut lire 2277, comme l’ont les mss. |
capacité (nécessaire); tantôt, ce qui se répand sur lui est d’une force suffisante pour le stimuler nécessairement à composer des ouvrages et à professer. Il en est de même de la deuxième classe : tantôt tel prophète a des inspirations qui servent seulement à le perfectionner lui-même ; tantôt il est inspiré de manière à être forcé de faire un appel aux hommes, de les instruire et de répandre sur eux (une partie) de sa perfection. Il est donc clair que, sans cette perfection surabondante, on n’aurait pas composé de livres sur les sciences, et les prophètes n'auraient pas appelé les hommes à la connaissance de la vérité. En effet, un savant n’écril rien pour lui-même, afin de s’enseigner à luimême ce qu'il sait déjà ; mais il est dans la nature de cet intellect (actif)! de se communiquer perpétuellement et d'étendre successivement son épanchement d'un individu à un autre ), jusqu’à ce qu'il arrive à un individu au delà duquel son influence ne saurait se répandre %) et qu’il ne fait que perfectionner (personnellement), comme nous l’avons expliqué, par une comparaison, dans un des chapitres de ce traité (#. La nature de cette chose fait que celui qui a reçu cet épanchement surabondant prêche nécessairement aux hommes, Lana qu'il soit écouté ou non, dût-il même exposer sa personne G); de sorte que nous trouvons des prophètes qui préchèrent aux Rohan à se faire tuer, stimulés par cette inspiration divine qui ne leur lais-
(1) Ibn-Tibbon n’a pas exprimé le pronom démonstratif K77; la ver-" sion d'Al-’Harizi porte b5wn nt.
(2) Littéralement : et de s’élendre de celui qui reçoit cet épanchement à
un autre qui le reçoit après lui. Les verbes PEN, nn et ‘nn sont au féminin, ayant pour sujet V2, la nature. |
(3) Littéralement : à un individu que cet épanchement ne peut pas dépasser.
(4) Voy. ci-dessus, ch. X[ (p. 96), l'exemple de l’homme riche. La version d’Ibn-Tibbon porte simplement N'aw 122; mais ik verbe arabe D signifie faire une comparaison.
(5) Littéralement : dût-il étre endommagé dans son corps. La version d’Ibn-Tibbon a Y2Xÿ2, pour 15112.
sait ni tranquillité ni repos (), lors même qu’ils étaient frappés de grands malheurs. C’est ee tu vois Jérémie déclarer (?), qu’à cause du mépris qu’il essuyait de la part de ces hommes rebelles et incrédules qui existaient de son temps, 1l voulait cacher () sa mission prophétique et ne plus les appeler à la vérité qu’ils avaient rejetée, mais que cela lui était impossible : Car la parole de l'Éternel, dit-il, est devenue pour moi une cause d'opprobre et de dérision tout le jour. Je me disais: Je ne ferai plus mention de lu, et je ne parlerai plus en son nom; mas il y avait dans mon cœur comme un feu ardent, renfermé dans mes os; j'étais las de le supporter, je ne le pouvais plus (Jérémie, XX, 8, 9). C’est dans le même sens qu’un autre prophète a dit: Le Seigneur, l'Éternel, a parlé; qui ne prophétiserait pas (Amos, I, 8)? — 11 faut te pénétrer de cela.