TROISIÈME PARTIE. — OBSERVATION PRÉLIMINAIRE
par tradition d'un docteur à un autre 0), et elle n'a jamais été mise par écrit.
S'il en est ainsi, comment m'y prendrai-je pour éveiller l'attention sur ce qui m'a paru à peu près clair, ou sur ce qui est pour moi d'une évidence indubitable, selon ce que j'en ai compris ? Cependant, j'aurais cru commettre une grande lâcheté envers toi et envers tout homme perplexe, en m'abstenant de rien écrire de ce qui est clair pour moi, de sorte que ma mort inévitable en eût entraîné la perte ; c'eût été en quelque sorte dérober la vérité à celui qui en est digne, ou jalouser l'héritier pour son héritage (3), deux choses qui dénotent un caractère blâmable. D'un autre côté, nous avons déjà dit que la religion nousinlerdit d'exposer clairement ce sujet, sans parler de ce que le simple jugement nous impose (*). Ajoutons à cela que ce que j'en crois posséder moi-même n'est que simple conjecture
(1) Littéralement : car elle n'avait cessé d'être transmise d'un chef (d'école) à un autre. Le mot a ici le sens de principal., chef. La version d'Ibo-Tibbon , tapD SÔD ^2pO TTJ?3 tib , est à la fois obscure et incomplète. Ài-'Harizi, prenant ici le mot -nj£ dans le sens de poitrine t
cœur, traduit ainsi : bu nfîo bmpo rmb Vin nb nny -ryi me o :b pipm ne
(2) L'auteur distingue ici évidemment deux parties du Ma'asê mercaba, dont il a compris l'une à peu près (n«Dy) et dont l'autre lui a paru d'une clarté indubitable. Celte distinction ne ressort pas assez de la version d'Ibn-Tibbon, qui porte : «wanm ^ TOfîlW HO yiynb rro rrwansf 7V22 p£D ^3 ^N- Al-'Harizi a bien rendu tous les terbes de cette phrase; mais la nuance si essentielle du mot nNDy, a peu prés, a disparu dans sa version, qui porte : no b)} Tynb
m Tiwanef noo pso ^ jnui ^ "wanro *b n«w-
;3) lbn-Tibbon ajoute, pour la clarté, le mot tfniDn; il traduit: TOTV irmon mip lNi ou jalousie du testateur contre Vhè-
niier pour son héritage.
(4) Littéralement : joint à ce qu'exige l'opinion; c'est-à-dire, sans parler de la réserve qui m'est imposée par mon propre jugement.