CHAI'. XLV
le ment à entretenir le respect du sanctuaire. Mais si celui-ci n'avait pas eu une bonne odeur, et à plus forte raison si le contraire avait eu lieu, il en serait résulté le contraire du respect ; car l'àme s'épanouit aux bonnes odeurs et s'y trouve attirée, tandis quelle se ferme aux mauvaises odeurs et les fuit. — Quant à Y huile d'onction elle avait un double avantage : (d'une part) elle donnait une bonne odeur à la cbose qui en était imprégnée, et (d'autre part) elle inspirait le respect pour celte chose ointe, la sanctifiait et la distinguaitdes autres choses de la même espèce, n'importe que ce fût un individu humain, ou un vêtement, ou un vase. Tout cela devait conduire au respect du temple, qui, à son tour, devait inspirer la crainte de Dieu ; car, en y entrant, on était impressionné, et les cœurs durs s'adoucissaient et s'amollissaient. Et c'est pour les amollir et les rendre humbles que Dieu, par ses décrets lointains a usé de toute celle sagesse prévoyante, afin que, par la fréquentation du temple, ils devinssent accessibles aux préceptes divins, qui nous servent de guides, et parvinssent à la crainte de Dieu, comme il est dit clairement dans le texte du Pentateuque : Tu consommeras devant l'Éternel ton Dieu, à l'endroit qu'il choisira pour y faire résider son nom , la dîme de ton blé, de ton vin nouveau , de ton huile nouvelle, des premiers nés de ton gros et de ton menu bétail, afin que tu apprennes à craindre toujours l'Éternel ton Dieu (Deulér., XIV, 25). Tu comprendras maintenant quel était le but qu'on avait en vueen prescrivant toutes ces choses. — La raison pourquoi il était défendu d'imiter l'huile d'onction et les parfums est Irès-claire : c'était, d'une part, afin que cette odeur ne fut sentie que dans ce lieu saint et que l'impression en fût d'autanl plus grande, et, d'autre part, afin qu'on ne pût croire que tous ceux qui étaient oints de cette huile ou d'une huile semblable fussent
(1) Voy. Exode, chap. xxx, v. 22-23.
(2) C'est-à-dire, par les décrets de sa Providence, qui est de toute éternité. Les mots hébreux pimc myy sont empruntés à Isîiïc, chap. xxv, v. t.
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des hommes de distinction, ce qui aurait pu donner lieu à de graves inconvénients et à des querelles.
S'il a été ordonné de transporter l'arche sur les épaules, et non sur des chariots, il est clair que c'était pour lui témoigner du respect on no devait rien altérer dans sa forme, et on ne devait môme pas sortir les barres des anneaux De même on ne devait point altérer la forme de l'Éphôd et du pectoral, ni même les écarter l'un del'aulre(3). Tous les vêtements des prêtres devaient être tissés d'une pièce (*), sans être ni taillés ni coupés, afin que la forme du tissu ne fût point altérée. — Il était interdit aussi à chacun des serviteurs du sanctuaire de se charger des fonctions des autres (5); car lorsque les fonctions sont confiées à
(1) Voy. Nombres, chap. iv, v. i à 15; I Chron., chap. xv, v. 15; Talmud de Babylone, traité Sôtâ, fol. 35 a; Maïmonide, Sépher Miçwôth, préceptes affirmatifs, n° 34; Mischné Torâ , traité des Ustensiles du Sanctuaire, chap. n, § 12. Dans les éditions de la version d'Ibn-Tibbon, le mol <jfîo est une faute d'impression; il faut lire nVunn "OÊlNi comme l'ont les mss.
(2) C'est-à-dire, on ne devait jamais rien changer à la forme dans laquelle l'arche avait été construite, ni même en altérer la disposition en sortant les barres, qui servaient à la porter, des anneaux dans lesquels elles étaient engagées. Voy. Exode, chap. xxv, v. 15; Talmud do Babylone, traité YômA, fol. 72 a; Sépher Miçwàlh, préceptes négatifs, n° 86; Mischné Tord, /. c, § 13.
(3) Voy. Exode, chap. xxvm, v. 28; Talmud de Babylone , L c; Sépher MiçwÔlh, ibid., n° 87; Mischné TorA, t. c, chap. ix, § 10. — Sur l'Éphod et le pectoral, voy. Palestine, p. 176.
(4) Littéralement : la fabrication de tous les vêtements devait être solidement achevée dans le tissu. Voy. Talmud de Babylone, traité Yômâ,
fol. 72 b : ma nerj» n^n fcno ntryo pu* nains nia
Cf. Josèphe, Antiquités, liv. III, chap. vu, § 2. Cependant, les manches de la tunique , disent les telmudistes (ibid.') , étaient lissées à part et cousues sur le vêtement. Cf. Mischné TorA, l. c, chap. vm, § 16.
(:>) Voy. .Nombres, chap. iv, v. 19 et 49; Talmud de Babylone, traité Arakhtn, fol. 11 b; Mischné Turâ, l. c, chap. ni, § 10.
TROISIÈME l'AUl IK. — CHAI». XI.VI. 3<)1
plusieurs personnes, sans que l'on assigne à chacune O une fonction particulière, il arrive que tous les négligent et se relâchent. — Il est évident aussi que cette gradation qu'on a établie pour les différents lieux (du sanctuaire) (s), en prescrivant des dispositions particulières pour la montagne du temple, pour le 'hêl ou boulevard C3), pour la cour des femmes, pour le parvis, et ainsi de suite jusqu'au Saiut desSainls, que tout cela (dis-jc) avait pour but de rendre au temple un plus grand hommage et d'inspirer un plus grand respect à tous ceux qui l'abordaient.
Et maintenant nous avons motivé tous les commandements particuliers qui entrent dans cette classe.