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CHAPITRE XLVI

Les commandements que renferme la onzième classe sont ceux que nous avons énumérés dans le reste du livre l 'Abôdà (du culte) et dans le livre Korbanôtli (des sacrifices). Nous avons déjà parlé de leur utilité en général (*), et maintenant nous entreprendrons d'en indiquer les raisons en détail, autant que nous avons cru les comprendre. Voici donc ce que nous disons.

(t) Tous nos rass. portent îl^iOCbN 0° 3 8ans point; il faut peutêtre écrire nbiCD^ (SlLtfJl), qui aurait ici le sens de îiVco^N (ÂJytfJJ). Le verbe J£»» signifie mettre quelqu'un en possession d'une cliose. Voy. le Commentaire sur les Séances de Hariri, p. 246 : lil *MI *JjX

ftM «4L*. Mais il se peut aussi que l'auteur ait écrit incorrectement nSfcOEbN pour rtbSlDb^ du verbe $y charger quelqu'un d'une chose, la lui confier.

(2) Voy. Mischnâ, VI' partie, traité Kelim, chap. i, §§ 8 et 9.

(3) C'était un espace large de dix coudées situé entre la balustrade extérieure et le mur de l'enceinte sacrée. Voy. sur cet espace, Misclinâ, Ve partie, traité Jfûfctt//*, chap. n, § 3; cf. en général Palestine, p. 552 et suiv.

(4) Voy. ci-dessus, chap. xxxu.

'Mil TROISIEME PARTIE. — «HAP. XIAI.

On lit dans le texte du Pentaleuque, selon l'explication d'Onkelos, que les anciens Égyptiens adoraient la constellation du Bélier; c'est pourquoi il était interdit chez eux d'immoler les brebis, et ils avaient en abomination les bergers, comme il est dit: C'est l'objet du culte des Égyptiens que nous immolerons, etc. (Exode, VIII, 22) (!>; Car les Égyptiens ont en abomination tout pasteur de brebis (Genèse, XLVI, 54). De même certaines sectes des Sabiens qui adoraient les démons croyaient que ceux-ci prenaient la forme de boucs; c'est pourquoi ils donnaient aux démons le nom de boucs. Cette opinion était très-répandue du temps de Moïse, notre maître ; et afin qu'ils n'offrent plus leurs sacrifices aux boucs (Lévit., XVII, 7); c'est pourquoi ces sectes aussi s'abstenaient de manger des boucs(*J. Quant à l'immolation des bœufs, elle était en abomination à presque tous les idolâtres, et tous tenaient cette espèce en grand honneur <3). C'est pourquoi tu trouveras que les Indous jusqu'à notre temps n'immolent jamais l'espèce bovine, même dans les pays où ils immolent (*)

(1) Le mot rOJJlh» qui signifie abomination, doit être pris, dans ce passage, dans le sens de divinité, objet de culte. Les écrivains sacrés, pour ne pas profaner les noms de la Divinité, emploient souvent, en parlant des divinités païennes, des termes de mépris, comme nnym ou pper, abomination. .Voy., par exemple, I Rois, ch. xi, v. 5 et 7; II Rois, ch.xxm, v. 13; Isaïe, ch. xliv, v. 19. C'est dans le même sens qu'Onkelos, dans sa paraphrase chaldaïque au passage de l'Exode, rend le mot royin par vbrn W1£0"1 MI'JDt «l'animal auquel les Égyptiens rendent un culte » (cf. la même paraphrase à la Genèse, chap. xliii, v. 32); mais nous ne savons pas oU Maïmonide a vu qu'Onkelos parle de la constellation du bélier, adorée par les Égyptiens, à moins qu'il n'ait attribué ce sens au mot NTyS- — La seconde citation, qui se trouve dans tous les mss. ar., manque dans les versions d'Ibn-Tibbon et d'Al-'Harîzi.

(2) Voy. sur ce passage, Spencer, De legibus ntualibus Hebrœorum, liv. III, Dissert. VIII, chap. vu : Expiatio judaica cur Hircis prœcipue prœstila (édition de Cambridge, p. 1015).

(3) Voy. ci-dessus, chap. xxx, p. 244, note 4.

(4) Tous lus mss. portent *iy) TND roin TÙï* , de sorte que rQ*Tl ne peut être qu'un verbe actif dont le sujet esi iN^a^N, littéralement :

d'autres espèces d'animaux. C'est donc pour effacer les traces de ces opinions malsaines qu'il nous a été prescrit de sacrifier particulièrement ces trois espèces de quadrupèdes : des bœufs ou du menu bétail vous offrirez votre sacrifice (Lévit., 1,2), afin qu'on s'approchât de Dieu par cet acte même qu'ils considéraient comme le plus grand crime et qu'on cherchât dans cet acte le pardon des péchés. C'est ainsi qu'on cherchait à guérir les idées corrompues, qui sont les maladies de l'âme humaine, au moyen de l'extrême opposé. Ce fut précisément dans le même but qu'on nous ordonna d'immoler l'agneau pascal, et, en Egypte, d'asperger de son sang le dehors des portes, afin que nous fussions affranchis de ces opinions, et qu'en publiant le contraire nous tissions partager (aux Egyptiens) la croyance que l'acte qu'ils considéraient (*) comme pouvant causer la mort était au contraire ce qui sauvait de la mort : Et l'Éternel passera devant la porte et ne permettra pas au destructeur d'entrer dans vos maisons pour frapper (Exode, XII, 25), en récompense de ce qu'ils avaient publiquement exercé leur culte et repoussé les absurdités professées par des idolâtres (*). — Telle est donc la raison pour la-

dans les pays qui immolent; de même Ibn-Tibbon : MùTW* rvi!riN3

"m ihv . Ai-'Hanzi traduit : nvnn *ro w off Vùnw ir« nin»a.

ce qui est moins littéral, mais plus rationnel. — Ce que l'auteur dit ici des Indous n'est vrai, dans le sens absolu, qu'en ce qui concerne la vache, pour laquelle les Indous professaient une grande vénération et qui était inviolable. Mais ils partageaient aussi avec d'autres peuples de l'antiquité le respect pour l'espèce bovine en général. Voy. Bohlen, Das alte Indien , t. I, p. 253 et suiv. Sur les croyances analogues dos Égyptiens, voy. Spencer, /. c, liv. II, ch. xv, sect. 2 (éd. de Cambridge, p. 372 et suiv. )

(1) Le texte porte : nJUtbn H^N, et de même la version d'Ibn-Tibbon : 13 13ffnn IffN, que vous considérez. Sur cet emploi irrégulier du discours direct, cf. le t. I, p. 283, note 4, et ci-dessus, p. 289, note 1 .

(2) Plus littéralement : et fait cesser ce que faisaient ou croyaient absurdement les idolâtres. Le verbe doit être pris ici dans le sens de faire ou croire des absurdités, et non pas comme à l'ordinaire dans celui de

quelle ces trois espèces oulélé particulièrement choisies pour les sacrifices. En outre, ces espèces sont des animaux domestiques (*) qui existent en grand nombre ; les idolâtres au contraire sacrifiaient (f) des lions, des ours et d'autres bêtes sauvages, comme on le dit dans le livre Tomlom.

Comme la plupart des gens n'ont pas les moyens d'offrir un quadrupède, on a prescrit d'offrir aussi comme sacrifice les oiseaux les plus fréquents en Syrie, les meilleurs et les plus faciles à prendre : ce sont les tourterelles et les jeunes colombes (3). Celui qui n'était pas en état d'offrir même un oiseau pouvait offrir de la pâtisserie cuite d'une des différentes manières de cuire connues dans ces temps-là , soit au four, soit sur la plaque, soit dans une poêle ; celui qui avait de la difficulté à offrir de la pâtisserie pouvait offrir de la fleur de farine (*). Toutes ces prescriptions s'adressaient à ceux qui avaient la volonté (d offrir des sacrifices) (*). — Ensuite il est dit expressément que, si nous ne pratiquions point ce genre de culte, je veux dire celui des sacrifices, nous ne serions par là entachés d'aucun péché: Si tu t'abstiens de faire des vœux, il n'y aura en toi aucun péché (Deutér., XXIII, 23).

réputer absurde, Ibn-Tibbon traduit selon le sens : V7W HO te niV r"y H3iy pp^mD. Àl-'Harizi traduit plus litléralement : no VDmi 13 pinta il a exactement rendu le sens du mot arabe ft^N'Ni

mais il ne s'est pas bien rendu compte du verbe yjBTïDN-

(1) Ibn-Tibbon a omis le mot fi^HN, domestique*: Al-'Harizi traduit :

(2) Mot à mot : et non pas comme les pratiques des idolâtres qui sacrifiaient, etc. — Sur le livre Tomtom, voy. ci-dessus, p. Î40, note 1.

(3) Voy. Lévitique, chap. v, v. 7 elpassim.

(4) Voy. Lévitique, chap. u, v. 1-11.

(5) Le texte s'exprime d'une manière très-concise : tout cela pour celui qui voulait. L'auteur veut dire que le législateur, par toutes ces prescriptions, ne voulait que réglementer les sacrifices pour ceux qui pratiquaient volontairement ce genre de culte ; car, comme l'auteur Ta développé plus haut (chap. xxxii), le culte des sacrifices n'était qu'un accommodement aux usages du temps et plutôt toléré qu'ordonné.

Puisque les idolâtres n'offraient le pain que fermenté, qu'ils offraient fréquemment des choses doures et mêlaient du miel dans leurs offrandes, — ainsi qu'on le voit souvent dans les livres dont je l'ai parlé, — et que dans aucune de leurs offrandes on ne se servait du sel <*), Dieu, d'une part, défendit d'offrir aucune espèce de levain ou de miel (Lévit ., II, 11), et, d'autre part, il ordonna d'offrir toujours du sel : Avec toutes les offrandes , tu présenteras du sel (ibid., v. 15).

Tous les sacrifices devaient être sans défaut et dans le meilleur état, afin qu'on n'arrivât pas à dédaigner le sacrifice et à mépriser ce qui devait être offert à la Divinité, comme il est dit : Présente-le donc à ton prince, tf agréera ~t-il ou t' accueillera -t-il bien? (Malachie,I, 8.) C'est aussi pur la même raison W qu'on a défendu d'offrir en sacrifice l'animal qui n'a pas encore sept jours accomplis (3), parce que son espèce n'est pas encore parfaitement dessinée et qu'on le trouve repoussant ; il est en effet semblable à un avorton. C'est encore pour la même raison qu'il est défendu d'offrir le cadeau fait à une prostituée et le prix d'un chien C4), à cause de la turpitude de ces deux choses. Pour la même

(t) Nous ne saurions dire si l'auteur a puisé ce renseignement dans l'un des livres sabiens ou païens qu'il a mentionnés au chap. xxix; mais, s'il a voulu parler des anciens païens en général, il n'était pas bien informé, car il est certain que l'usage du sel était très-commun dans les sacrifices des Grecs et des Romains. Pline dit, en parlant du sel : « Maxime autem in sacris intelligitur ejus auctorilas quando nulla conficiuniur sine mola salsa. » Hist. nat., liv. XXXI, chap. 41. Cf. Spencer, L liv. III, Dissert. II, chap. 2, secl. 2 (édit. Cambridge, p. 662).

(2) C'est-à-dire, pour ne pas exposer au mépris les choses saintes.

(3) Voy. Lévitique, chap. xxn, v. 27.

(4) C'est-à-dire, un animal dont on a fait cadeau à une prostituée ou qui a été donné en échange pour un chien. Voy. Deuldronome, chap. xxiu, v. 19; Mischnà, Ve partie, traité Temourâ, ebap. iv, §3; Mischné Tord, traité Iuouri Mizbeah, chap. iv, § 16. Selon quelques commentateurs, le mot 3^3 » chien, dans le passage du Deutfronome , aurait le sens de cinœdus; mais les rabbins le prennent à la lettre, en comprenant le prix du cinœdus dans njN J3T\N. Voy. Talmud, traité

raison encore, on offrait les tourterelles grandies et les colombes jeunes W, les unes et les autres étant les meilleures, car les colombes grandies n'ont pas de saveur. Pour la même raison enfin, les offrandes devaient être pétries avec de l'huile et composées de fleur de farine l*) , car c'est là ce qu'il y a de plus parfait et de plus doux. L'encens (qu'on y mettait) a été choisi à cause de la bonne odeur que sa fumée répandait dans des lieux où il y avait une odeur de viande brûlée.

C'est encore par respect pour le sacrifice, et afin qu'on ne le regardât pas avec aversion et dégoût, qu'il a été prescrit de dépouiller l'holocauste et de laver les intestins et les extrémités, quoiqu'on les brûlât en totalité (3). Tu trouveras que c'est là une chose dont on se préoccupait toujours et dont on voulait se préserver : Car vous dites : la table de l'Éternel est souillée et (on la flétrit) en disant t4) sa nourriture est méprisable (Malachie, 1,12). Pour la même raison aussi, un homme iucirconcis ou impur W ne peut pas manger du sacrifice ; celui-ci ne peut être mangé lorsqu'il a été rendu impur, ni après le délai prescrit, ni lorsqu'il a été profané par la pensée et il faut le manger dans un lieu

Temourâ, fol. 29 b. On sait que les chiens sont, en Orient, l'objet d'un profond mépris. Voy. Jahn, Biblische Archœologie, 1. 1, 1er volume, § 60, p. 325 et suiv.

(1) Voy. Lévilique, chap. i, v. 14, et chap. v, y. 7; Mischnà, Ve partie, traité 'Hutltn, chap. i, § 5; Mtschné Tord, t. c, chap. m, § 2.

(2) Voy. Lévitique, chap. u, v. 1 el 4.

(3) Voy. Lévitique, chap. i, v. 6-9.

(4) Avec Haschi et Kimchi , nous prenons le mot yy*y\ dans le sens de sa parole, c'est-à-dire, la parole par laquelle le prêtre impie insulte à l'autel, c'est : sa nourriture est méprisable.

(5) C'est-à-dire, même le prêtre qui, par une circonstance quelconque, n'a pas été circoncis, ou qui est entaché d'une impureté légale. Voy. Mischnâ, IIIe partie, traité Yebamôik, chap. vin, § 1, et les commentaires de Maïmouide et de Kaschi; Mischné TorA , liv. VIII, traité Ma osé ha-Korbanothy chap. x, § 9. Sur l'impur, voy. Lévit., chap. tu, v. 20-21.

(6) Voy. Lévitique, chap. vu, v. 16-21, et ci-dessus, p. 322, note 3.

déterminé (*). L'holocauste, qui appartient entièrement à Dieu, no peut être mangé en aucune façon; ce qui est offert en expiation d'une faute, à savoir le sacriûce dépêché et le sacrifice de délit W, doit être mangé dans le parvis, et seulement le jour même de l'immolation et la nuit suivante. Les sacrifices pacifiques, qui sont d'un degré inférieur et d'une sainteté moindre, doivent être mangés dans toute la ville de Jérusalem seulement et peuvent l'être encore le lendemain (de l'immolation), pas plus tard ; car après ce délai , ils se gâtent et se corrompent.

C'est encore pour nous faire respecter le sacrifice et tout ce qui a été consacré au nom de Dieu, que la loi déclare coupable quiconque aura tiré une jouissance des choses saintes ; il devra offrir un sacrifice expiatoire et payer un cinquième en sus (3), lors même qu'il aurait commis le péché par inadvertance. De même, il était défendu de travailler avec des animaux sacrés ou de les tondre (*) ; tout cela, par respect pour les sacrifices. La loi relative à la permutation (des animaux) (5) a élédonnéepar manière de précaution; car, s'il avait été permis de substituer un bon animal à un mauvais, on aurait aussi substitué un mauvais à un bon en prétendant qu'il était meilleur. La loi a donc prononcé que : tant ( la bête) elle-même que celle qui aurait été mise en sa place serait sainte (Lévitique, XXVII, 10 et 33). — S'il a été prescrit que celui qui voudra racheter une des choses qu'il aura consacrées doit ajouter un cinquième de la valeur (6), la

(1) Sur cette disposition et les suivantes, voy. Lévit., ibid., v. 6 et suiv.; Mischnâ, Ve partie, traité Zeba'htm^ chap. v, §§ 3, 5 et suiv.

(2) Voy. ci-après, p. 376, note 3.

(3) C'est-à-d ire , en sus de la valeur de l'objet sacré dont il aura tiré profit. Voy. Lévitique, ch. v, v. 15 et 16.

(i) Voy. Deutéronome, chap. xv, v. 19.

(5) Voy. ci-dessus, p. 320, et ibid., note 1.

(6) Voy. Lévitique, chap. xxvn, v. 13, 15, 19, 27 et 31 ; Mischnâ, Ve partie, traité %Arakhin, chap. m, § 2, et chap. vu, § 2; Maïmonide, Mischni Tord, liv. VI, traité 'Arakhin, ebap. îv, § 5, et surtout chap. v, § 3.-— Selon la loi traditionnelle, c'est le quart de la valeur qu'on ajoute,

raison en est évidenle. En effet, (comme le dit le proverbe) • le plus proche parent de l'homme, c'est lui-même d) «» ; étant donc toujours enclin par sa nature à être avare de son argent, il ne s'enquerra pas (*) du prix de la chose consacrée et ne la soumettra pas à une estimation rigoureuse afin d en bien faire constater le prix. C'est pourquoi on s'est garanti contre lui en exigeant une augmentation (4), afin que l'objet consacré pût se vendre à un autre, pour le prix qu'il vautW; tout cela, afin de préserver du mépris ce qui a été consacré à Dieu et ce qui doit servir à nous obtenir sa faveur (6).

de manière que la somme ajoutée forme le cinquième do prix total du rachat.

(1) Voy., par exemple, Talmud de Babylone, traité Synhédrin, fol. 10 a.

(2) Tous les mss. ont Hnrv ((<r^ï) ♦ ^" forme du verbe ^js^ , signifiant s'enquérir avec soin d'une chose. Ibn-Tibbon et Al-'Harlzi ont employé dans leurs versions le verbe pipT; ils semblent avoir lu dans leur lexte arabe Tinrv.

(3) Mol à mot : il ne mettra pas beaucoup de soin à la présenter; c'est-àdire à ta montrer à d'autres.

(4) Mot à mot : on a appelé au secours contre lui l'augmentation; c'està-dire, le trésor du sanctuaire a été mis à couvert, par l'augmentation, contre la mauvaise foi du propriétaire de la chose consacrée. La traduction d' Ibn-Tibbon, rpvrt ,D"n, est inexacte.

(5) L'auteur veut dire, ce me semble, afin que, dans le cas où le propriétaire refuserait d'ajouter le cinquième, l'objet consacré pût être vendu par les prêtres à une autre personne pour le prix véritable. Les mots rrvj ]0 doivent se traduire ici à un autre , car le régime indirect du verbe ^If , vendre, s'exprime en arabe par l'accusatif ou par ^ au lieu de J ; ainsi , pour dire il lui a vendu la chose, on meitra en

arabe ou bien ^uJl ^t. Voy. le Commentaire de Syl-

vestre de Sacy sur les Séances de Hariri, p. 354.

(ti) Mot à mot : et par quoi on a cherché à s'approcher de lui, ou à «*ùtsinuer auprès de lui. Le verbe 31pn est ici le passif de la V- forme et doit se prononcer t->jXi.

La raison pourquoi l'offrande du prêtre (0 devait être brûlée, c'est que chaque prêtre devait présenter son offrande de sa propre maint*); si donc il avait mangé lui-même l'offrande présentée par lui , c'eût été comme s'il n'avait absolument rien offert. En effet, de toute offrande d'un particulier, on n'offrait sur l'autel que l'encens et une poignée (de farine) W. Si donc, non content de l'exiguïté de ce sacrifice, celui qui l'offrait avait pu encore le manger, il n'y aurait même pas eu une apparence de culte; c'est pourquoi cette offrande devait être brûlée.

Les dispositions qui concernent particulièrement l'agneau pascal, à savoir qu'on ne doit le manger que rôti au fut dans une même maison et satis en rompre un seul os (Exode, XII, 8 et 46), ont toutes une raison évidente. En effet, de même que le pain azyme est motivé par la précipitation, de même le rôti avait pour motif la précipitation (4) ; car on n'avait pas le temps de faire différents plats et d'apprêter des mets. On aurait même craint de s'arrêter à rompre les os et à en prendre le contenu ; car, pour résumer tout cela W, il est dit : et cous le mangerez avec préci-

(1) Il s'agit ici de l'offrande, soit obligatoire , soit volontaire, présentée par un prêtre, et de celle que chaque prêtre devait présenter le jour de son installation. Cette dernière, le grand prêtre devait la répéter tous les jours pendant tout le temps de *es fonctions, et c'est là ce qu'on entend dans la Misuhnà par les mots pa ^rvan î la même chose est confirmée par Josèphe. Voy. Lévit., chap. vi, v. 13-16; Mischnà, V0 partie, traité Menahoth, ebap. îv, § 5, et chdp. v, g 3 et 5; Muïmonide, Commentaire sur la Misclinâ, lulrod. au traité Menahoth (Pococke, Porta J/osi*, Notas mUcellaneœt p. 431-432) ; Josèphu, Antiquités y liv. III, chap. x, S 7.

(2) Cf. Mischné Tord, liv. VIII, traité lia tué ha-Korbanoih, ch. xu, § 4 :

. wa nmN anpoar rrnay^ dmw nbnn pa !?a anpoer nruo

(a) Voy. Lcviiijue, clwp. n, v. 2.

(4) Dans h s éditions de la version d'Ibn-Tibbon, il manque ici les mots pr£nn USO ^Xn p » qui se trouven: dans les mss. de cette version.

(5) Les mois IDHbH "Ji^O signifient la partie essentielle ou le fond de la choie t le résumé. Cf. le t. II, chap. xvu (texte ar., fui. 36 6, irad. française, p. 136).

tom. m. 24

pitation(ibid., v. 12). Or, dans la précipitation, on ne saurait s'arrêter à en rompre les os, ni à en envoyer d'une maison à une autre et à attendre le retour du messager ; car toutes ces actions dénotent la négligence et le relard , tandis qu'on avait pour but de se garantir par la hâte et la précipitation , afin que personne ne fût en retard et ne manquât l'occasion de partir avec la foule, de sorte qu'on aurait pu lui faire du mal en le surprenant. Ces usages se sont ensuite perpétués en commémoration de l'événement, comme il est dit : Tu observeras cette institution au temps fixé, d'année en année (ibid., XIII» 10). S'il a été dit que « l'agneau pascal ne pourrait être mangé que par ceux qui auraient été comptés pour y participer (*> », c'était pour inculquer le devoir de l'acheter, et afin que personne ne comptât sur un parent, sur un ami, ou sur le premier venu qui aurait pu le lui offrir, de sorte qu'il n'en eût pas pris soin d'avance. Quant à la défense d'en donner à manger aux incirconcis (*)f les docteurs déjà l'ont expliquée <3), en disant que les Hébreux , pendant leur long séjour en Égypte, avaient négligé le commandement de la circoncision , afin de s'assimiler aux Égyptiens {*K Lors donc que l'agneau pascal fut ordonné et qu'on y mit pour condition que personne ne l'immolerait qu'après avoir pratiqué la circoncision sur lui, sur ses enfants et sur les gens de sa maison, et qu'alors seulement il pourrait s'approcher pour le faire {ibid., XII, 48), ils se firent tous circoncire. La multitude des circoncis, disent-ils, fit que le sang de la circoncision se mêla au sang de l'agneau pascal, et c'est à cela que le prophète fait allusion en

(1) Voy. Mischnâ, V9 partie, isùtéZebahim, chap. v, § 8, et cf. Exode, chap. xu, v. A.

(2) Voy. Exode, chap. xu, v. 48.

(3) Voy. le Midrasch Schemôth rabbâ, sect. 49 (fol. 101, col. i).

(-4) L'auteur paraît partager l'opinion des lalmudistes d'après laquelle les Israélites auraient été les seuls à pratiquer la circoncision. Voir plus loin les Notes au chap. xlix, vers la fin.

disant : trempée dans ton sang (Ézéchiel, XVI, 6), à savoir le sang de l'agneau pascal et celui de la circoncision (f).

Il faut savoir que les Sabiens considéraient le sang comme une chose très-impure, et, malgré cela, ils le mangeaient, parce qu'ils croyaient que c'était la nourriture des démons, et que, si quelqu'un en mangeait, il fraternisait par là avec ces malins espritsqui venaient au près de lui et lui faisaient connaître leschoses futures, comme se l'imagine le vulgaire à l'égard des démons. 11 y avait cependant des gens à qui il paraissait durde manger du sang, car c'est une chose qui répugne à la nature humaine. Ceux-là donc, ayant égorgé un animal, en recueillaient le sang dans un vase ou dans une fosse, et mangeaient la chair de cet animal auprès du sang; ils s'imaginaient, en faisantcela, que les démons mangeaient ce sang, qui était leur nourriture, pendant qu'eux-mêmes ils mangeaient la chair, et que, par là, la fraternisation pouvait être obtenue, puisqu'ils mangeaient tous à la même table et dans la même réunion. Selon leur opinion, les démons devaient alors leur apparaître dans un songe, leur faire connaître les choses cachées (*) et leur rendre des services. C'étaient là des opinions suivies dans ces temps, acceptées avec empressement et généralement répandues, et dont la vérité était hors de doute aux yeux du vulgaire W. La loi parfaite entreprit de faire cesser chez ceux qui la reconnaissent ces maladies enracinées, en défendaut de manger du sang ; elle insista sur celte défense autant que sur celle de l'idolâtrie ; Dieu a dit : Je mettrai mon regard

(1) Cf. la paraphrase chaldaïque de Jonathan et le commentaire de Haschi sur le passage d' Ézéchiel.

(2) La version d'Ibn-Tibbon porte fflTnjjn, te* choset futures; Al- 'Harizi traduit plus exactement : nODn niDlbyn DTib VWV

(3) Chez divers peuples de l'antiquité, le saog servait d'offrande, notamment en l'honneur des démons et des mânes ; tantôt il était offert seul, tantôt on le mêlait aux libations. Voy. Spencer, L c.t liv. Il, cap. xi (p. 32 etsuiv.); Saubert, De sacrificiis velerum, cap. xxv, p. 658 etsuiv. Il est fait allusion i cet usage dans un passage des Psaumes, xvi, 4, en parlant de ceux qui s'empressent de suivre les usages étrangers.

(ma colère) contre la personne qui mangera le sang (Lévitique, XVII, 6) , de môme qu'il a dit, au sujet de celui qui donne de sa postérité à Moloch : Je mettrai mon regard contre cette personne (ibid.> XX, 6) Il n'existe pas de troisième commandement au sujet duquel on s'exprime de celte manière, qui n'est employée qu'à l'égard de ceux qui se livrent à l'idolâtrie ou qui mangent du sang; car en mangeant de ce dernier, on est conduit à une espèce d'idolâtrie, qui est le culte des démons. Cependant, elle (la Loi) déclara pur le sang et en fil un moyen de purification pour celui qui en subirait le contact : Tu en feras aspersion sur Aaron et sur ses vêlements, etc., et il se trouvera consacré lui et ses vêtements (Exode, XXIX, 21). Elle ordonna d'en faire aspersion sur l'autel, et fit consister toute la cérémonie à l'y répandre, non à le rassembler : Et moi, esl-il dit, je vous l'ai fait mettre sur l'autel pour faire propitiation, etc. (Lévit., XVII, 11); on le répandait là, comme il est dit : Et il répandra tout le sang (ibid., IV, 18), et ailleurs : Le sang de tes sacrifices sera répandu sur Vautel de l'Éternel ton Dieu (Deutér., XII, 27). Enfin on ordonna même de répandre le sang de tout animal qu'on égorgerait, sans que ce fût un sacrifice, comme il est dit : Tu le répandras par terre comme de l'eau (ibid., XII, 16 et 24 ; XV, 25). Ensuite, on défendit de s'assembler autour du sang et d'y manger, comme il est dit : Vous ne mangerez pas auprès du sang (Lévit., XIX, 26) (*). Comme ils persistèrent à pécher et à suivre la

(1) Au lieu des mots *om fffîja, la plupart des mss. ar., ainsi que les versions d'Ibn-Tibbon el d Al-'Hartzi, portent VIO* Voy. cidessus, p. 132, note 1, et cf. p. 289, note 2.

(2) Nous avons ici encore un cas où Maîmonide est en désaccord avec la tradition rabbinique et avec ce qu'il dil lui-même dans ses ouvrages lalmudiques. Cf. ci-dessus, p. 313, note 1. Selon le Talmud (traité Synhêdrin, fol. 63 a), la défense exprimée par les mots ^3NP Din s'applique à différents cas hétérogènes el est une défense vague et générale (m^22t? U<b)î Maîmonide lui-même l'applique au fils rebelle, disant qu'il est défendu de 6e livrer dans la jeunesse à la bonne chère et à la boisson, qui peuvent conduire à verser du sang. Voy. Sephtr

coutume bieu connue dans laquelle ils avaient été élevés, de fraterniser avec les démons en mangeant autour du sang, Dieu leur défendit absolument de manger dans le désert de la viande de désir M, mais voulut que tout (animal destiné à la consommation) fût offert en sacrifice pacifique W, en nous déclarant que la raison en était que le sang fût répandu sur Tau tel et qu'on ne s'assemblât pas autour ; il dit donc : Afin que les enfants d'Israël amènent, etc., et qu'ils ri offrent plus leurs sacrifices aux boucs, ou démons (ibid., XVII , 5 et 7). Mais il restait encore (à prescrire une règle de conduite) concernant la béte sauvage et la volaille, car la bêle sauvage ne pouvait jamais servir de sacrifice et la volaille ne pouvait être offerte en sacrifice pacifique (3); Dieu prescrivit donc, à la suite de cela, que, lorsqu'on aurait égorgé une bôle sauvage ou une volaille quelconque dont il est permis de manger la chair, on en couvrit le sang avec de la poussière W, afin qu'on ne s'assemblât pas pour manger autour du sang. C'est ainsi qu'on atteignit complètement le but de rompre la fraternité (5) entre ceux qui étaient réellement possédés et

Micwoth, préceptes négatifs, n° 195; Misehné Torâ, liv. XIV, traité Mamrtm , cbap. vu, $ 1 .

(1) C'est-à-dire , de la viande non consacrée et qu'on mangeait au fur et à mesure qu'on en avait envie. L'expression talmudique niMD IBOi viande de désir, est empruntée au Deutéronome, cbap. xu, v. 29. Voy. Talmud de Babylone, traité 'Hulltn, fol. 17 a.

(S) Voy. mes Réflexions sur le culte des anciens Hébreux (Bible de M. Cahen, t. IV), p. 36; Palatine, p. 161.

(3) On ne pouvait offrir, en fait de volaille, que des tourterelles et des colombes; mais celles-ci ne pouvaient être offertes en sacrifices pacifiques : D>ete «3 rpjjn Voy. Misehné Torâ, liv. VIII, traité Ma osé ha-Korbanôlh, chap. i, § 11.

(4) Voy. Lévitique, chap. xvii, ». 13; Mischnâ, V partie, traité 'Hulltn, chap. vi.

(5) Les mots hébreux nirwn Ifînb sont tirés du livre de Zacharie, cbap. xi, v. 14.— Par ceux qui étaient réellement possédés, l'auteur entend ceux qui croyaient à l'existence des démons et qui s'imaginaient qu'on pouvait se mettre en rapport avec eux»

leurs démons. — Il faut savoir que cette croyance était à peu près contemporaine de Moïse, notre maître , qu'elle était trèssuivie et qu'elle égarait les hommes. Tu trouves cela textuellement dans le cantique Hàazinou : Ils sacrifient aux démons qui ne sont pas Dieu, à des dieux qu'ils n'avaient point connus, etc. (Deutér., XXXII, 17). Les docteurs ont ainsi expliqué le sens des mots qui ne sont pas Dieu: non contents, disent-ils, d'adorer des êtres réels, ils adorent môme des êtres imaginaires. Voici comment on s'exprime dans le Siphri : « Il ne leur suffît pas d'adorer le soleil, la lune, les planètes et les constellations, mais ils en adorent même les reflets (hhim). » Le mot mnaa est le nom de l'ombre (ou du reflet) lf). — Je reviens maintenant à notre sujet. Il faut savoir que la viande de désir était défendue dans le désert seulement ; car c'était une de ces opinions répandues alors que les démons habitaient les déserts et que là ils parlaient et apparaissaient, mais que dans les villes et les lieux habités ils ne se montraient pas, de sorte que ceux d'entre les habitants des villes qui voulaient pratiquer une de ces folies sortaient de la ville et se rendaient dans les lieux déserts et isolés. C'est pourquoi la viande de désir fut permise (aux Hébreux) après leur entrée dans le pays (de Canaan). D'ailleurs, celte maladie dut alors perdre de sa force et les partisans de ces opinions durent diminuer. En outre, c'eût été très-difficile et presque impossible que tous ceux qui voulaient manger de la viande d'un animal (domestique) se rendissent à Jérusalem. Par toutes ces raisons, la viande de désir n'avait été défendue qu'au désert.

Ce qu'il faut savoir encore, c'est que plus un péché est grave, et plus le sacrifice qu'il exige diminue de valeur quant à son

(1) Dans nos éditions du Siphrit ainsi que dans le Yalkout (t. I, n° 945), ce passage est rédigé différemment, et on n'y trouve pas le mot Pour ce mot, cf. Talmud de Babylone, Guitlin, fol. 66 a/ Nedarùn, lui. 9 •/ 'Abàdâ Zara, fol. 47 a, et passif».

espèce (0. C'est pourquoi le péché d'idolâtrie commis par inadvertance demande particulièrement une chèvre W, et les autres péchés d'un particulier exigent une brebis ou une chèvre (*); car dans toute espèce, la femelle vaut moins que le mâle, et il n'y a pas de péché plus grand que l'idolâtrie, ni d'espèce (4* au-dessous de la chèvre. A cause du rang distingué qu'occupe le roi , le sacrifice que celui-ci offre pour un péché d'inadvertance est un bouc W ; quant au grand prêtre et à la communauté, leur péché d'inadvertance ne consistant pas en un simple acte (personnel), mais en une décision légale on a distingué leur sacrifice en

(1) C'est-à-dire , quant à l'espèce d'animaux ou de matières végétales qu'on y emploie.

(2) Voy. Nombres, chap. xv, v. 27. Selon la tradition, tout le passage des Nombres traite particulièrement du péché d'idolâtrie; voy. Talmud, traité Horayôlh, fol. 8 a : WK n!)Nn nWDM MH WJtfl lAl *31 H"y 1Î 1Q\H <in mXOH nVipœ KTO m»0 N*M. Cf. Maïmonide, Commentaire sur la Mischnà, IV8 panie. Introduction au traité Horayôth. Il n'y a pas sons ce rapport de différence entre le grand prêtre, le prince et un particulier quelconque. Tous, selon la tradition, offrent une chèvre pour le péché d'idolâtrie. Voy. Mischnâ, même traité, chap. u, § 6:

myv pw2D rrrom khmttï Trvn MMyai.

(3) Voy. Lévitiqae, chap. iv, v. 28 et 32.

(4) lbn-Tibbon a ici pVrii partie d'une espèce; le mot arabe rpj indique ici le sexe, comme plus loin nSJSÉI nyu t"û.

(5) C'est-à-dire , le roi, à cause de son rang distingué, offre un mâle lorsqu'il a commis un péché quelconque d'inadvertance (voy. Lévitique, chap. iv, v. 22); la tradition excepte le péché d'idolâtrie, pour lequel, comme on l'a vu dans la note précédente, il offre une chèvre comme le

simple particulier. — Nous avons adopté la leçon "ibo^M fWoVl» *ob prœstantiam régis », qui nous paraît préférable, quoiqu'elle ne se trouve que dans un seul de nos mss. (suppl. hébr. n° 63) ; tous les autres ont •IroVl > mais le mol ByL» ne se trouve pas dans les dictionnaires.

(6) C'est-à-dire , le péché que la Loi leur attribue consiste en une décision légale erronée qui sert de règle de conduite à chaque particulier. Le mot nax > communauté, a ici le sens du mot biblique myi par lequel, dans les passages bibliques relatifs à ces sacrifices, les rabbin* entendent le grand tribunal ou Synhédrin. Voy. ci-dessus, p. 328, note 2.

leur prescrivant d'offrir des taureaux (*), et, pour le péché d'idolâlrie, des boucs — Comme les péchés pour lesquels ou offrait un ascham (sacrifice de délit) sont moins graves que ceux pour lesquels on offrait un 'hattàth (sacrifice de péché) , le sacrifice ascham était un bélier ou un jeune agneau (3>; on a donc choisi une espèce et un sexe plus distingués, et on a voulu que ce fût un mâle d'entre les brebis. Ne vois-tu pas que, pour l'holocauste aussi, qui appartient entièrement à Dieu, on a choisi un sexe plus distingué et qu'il ne peut être qu'un mâle W? C'est encore par le même principe que l'offrande du pécheur et celle de la femme infidèle également soupçonnée d'un péché W étaient

(1) Voy. Lévitique, chap. iv, v. 4 et 14.

(i) Voy. Nombres, chap. xv, v. 24 : mWb in« Ony Tyn% et un bouc (c.-à-d. un mâle) comme sacrifice de pé<hé, outre le laureau qui est un holocauste. L'auteur, contrairement à la tradition dont nous avons parlé dans les notes précédentes, parait admettre que le grand prêtre aussi offre un bouc (un mâle), et non pas une chiure (une femelle). — Ayant posé en principe que le péché le plus grave est expié par un sacrifice de moindre valeur, l'auteur croit devoir indiquer une raison pourquoi le roi, le grand prêtre et le grand tribunal font exception à la règle et offrent un mâle du menu bétail, ou même un taureau.

(3) Voy. Lévitique, chap. v, v. 15, 18 et 25; cliap. xiv, v. 12-13; chap. xix, v. 21-22 ; Nombres, chap. vi, v. 12. Sur les différences entre le 'Hatlath et le Ascham, voy. mes Réflexions sur te culte des anciens Hébreux, p. 34-35; Palestine, p. 160 b.

(4) L'auteur veut dire que, pour l'holocauste qui ne suppose point de péché et qui est souvent un sacrifice volontaire offert à Dieu, on a préféré le mâle. Voy. Lévitique, chap. i, t>. 3 et 10; pour les oiseaux seuls, on ne distingue pas le sexe (ibid., v. 14), et on peut aussi bien offrir en holocauste une femelle qu'un mâle. Cf. Talmnd de Babylone, traité Mena'hoth, fol. 25 a; Temourâ, fol. 14 a; Maîmonide, Mischné Tord, liv. VIII, traité Issouré Mzbeà'h, chap. m, § 1.

(5) Mot à mot : parce qu*elle est également un soupçon de péché; c'est-àdire, parce que cette dernière offrande a pour motif un soupçon de péché. Le suffixe dans «ru«i ne se rapporte qu'à ntDID nruo > tandis que le suffixe dans «rûnpn se rapporte aux deux offrandes. Voy. Lévitique, ch. v, v. 11, et Nombres, ch. v, v, 15. Cf. mes Réflexions, etc., p. 39, et Palestine, p. 163 b.

privées d'embellissement et de bonne odeur, et on ne devait mettre avec ces offrandes ni huile ni encens. On y a supprimé cet embellissement, parce que la personne qui l'offre n'a pas eu une conduite bien belle ; et, comme si elle avait eu un mouvement de repentir, on lui disait en quelque sorte (*) : A cause de tes mauvaises actions, ton offrande sera dans un état inférieur. Quant à la femme infidèle, dont l'action est plus honteuse qu'un péché d'inadvertance, son offrande est d'une matière inférieure; car elle se compose de farine d'orge. Ces particularités qu'on vient de parcourir (*) ont une signification très-remarquable.

Les docteurs disent que la raison pourquoi, au huitième jour de l'installation (des prêtres), on offrait un jeune veau comme sacrifice de péché (Lévit., IX, 2), c'était de faire expiation du veau d'or, et que de même le sacrifice de péché du jour des expiations était un jeune taureau pour lepéclié (ibid., XVI, 3), pour faire expiation du veau d'or. Conformément à l'idée qu'ils ont exprimée, il me semble que la raison pourquoi tous les sacrifices de péché, tant pour le particulier que pour la communauté, étaient des boucs, — je veux parler des boucs offerts aux fêtes, aux néoménies et au jour des expiations, ainsi que des boucs offerts pour le péché d'idolâtrie (3>, — la raison en est, dis-je, que leur principal péché alors était d'offrir des sacrifices aux boucs (démons), comme le dit expressément le texte de l'Écriture : et afin qu'ils n'offrent plus leurs sacrifices aux boucs (démons) vers lesquels ils se laissent entraîner (Lévit., XVII, 7;.

(1) Mot à mot : c'est donc comme si elle avait été mue au repentir, et (comme si) on lui disait. Le verbe doit être lu évidemment au passif (iÇ».); la traduction d'Ibn-Tibbon, n? ibfcOl» me parait inexacte; de même celle d'Al-'Harîzi qui a TJJO Nïn lbfcOV

(2) La version d'Ibn-Tibbon porte : D^pnn ibn ^OJJtD 13^03 133 "HD ]hï', au lieu de D^pnn» lesmss. ont plus exactement : D^pbnn. Àl-'Harizi traduit : "HD D^lfîn T\bt* 1M3 nm-

(3) Voy. la note 2 de la page précédente.

Quant aux docteurs, ils pensent que la raison pourquoi l'expiation des péchés de la communauté se faisait constamment par le sacrifice des boucs , c'était que le bouc se rattache au péché que toute la communauté d'Israël avait commis jadis. Ils font allusion à la vente de Joseph le juste, dans l'histoire duquel il est dit : //* égorgèrent un bouc, etc. (Genèse, XXXVII, 31) (*). 11 ne faut point considérer cette raison comme faible; car ce que toutes ses actions ont pour but, c'est que chaque pécheur soit convaincu qu'il doit toujours se souvenir de son péché et le confesser, comme il est dit : Et mon péché est continuellement devant moi (Ps. Ll, 5), et qu'il doit chercher, lui et sa postérité, à obtenir le pardon de ce péché par un acte religieux de la môme espèce que le péché lui-même. Voici ce que je veux dire : S'il a péché dans une affaire d'argent, l'acte réparateur doit consister aussi en un sacrifice d'argent ; s'il a péché par des jouissances corporelles, il doit s'imposer un acte religieux qui fatigue et afflige son corps, on jeûnant et en veillant la nuit ; s'il a commis un péché moral , il doit le réparer par un acte moral opposé, comme nous l'avons exposé dans le traité Déâth (des mœurs) et ailleurs Enfin , s'il a commis une faute spéculative, c'est-à-dire si, par son incapacité ou sa négligence à se livrer à la recherche et à la spéculation, il a admis une idée fausse, il doit la combattre, en la banissant de son esprit et en empêchant celui-ci de penser (3) à

(1) Voy. Yalkout, au Lévitique, chap. ix, v. 2, n° 521 (d'après le Tôratli Kohanim) : TyCf OMJJ VJJttf IfcntîPÏ ntorO VT

(2) Voy. Mûchné Torâ, liv. I, traité De'ôth, chap. h, § 2, et Commentaire sur la Mischnâ, Huit Chapitre*, servant d'Introduction au traité Abôih, chap. iy, où l'auteur cite pour exemple le vice de la parcimonie ou de l'avarice, qu'il faut guérir par le vice opposé de la prodigalité, afin de faire acquérir aux parcimonieux la vertu intermédiaire de la générosité (voy. Pococke, Porta Mosu, p. 198-199). Cf. le t. II, p. 285, note 1.

(3) Ibn-Tibbon n'a pas rendu les mots itiDBbN ]J? tff&y\ \ Al-'Harizi

traduit: aipriD voot rpavnVi vnw» totwa nm« V*ap»

oViyn UMjpD "1313. Le mot ywTV\ qui suit dans les éditions de la

rien de mondain, pour ne s'occuper que des choses de l'intelligence et de l'examen sérieux des choses qu'il faut croire. C'est à peu près dans ce sens qu'il a été dit : Si mon cœur a été secrètement séduit y ma main s'est appliquée sur ma bouche (Job, XXXI, 27) ce qui est une expression allégorique signifiant qu'on doit s'abstenir et s'arrêter devant ce qui est obscur, comme nous l'avons exposé dans le premier livre de ce traité W. Ainsi , tu vois que lorsque Aaron eut failli en faisant le veau d'or, il lui fut imposé, à lui et à tous ceux de sa race qui devaient le remplacer,

version d'Ibn-Tibbon est de trop et ne se trouve pas dans les rass. de cette version.

(1) Nous traduisons ce passage d'après le sens que paraît lui donner Maïmonide. Selon lui , l'expression ma main a baisé ma bouche signifie : j'ai mis ma main sur ma bouche en signe de silence. Job veut dire qu'il a gardé le silence et qu'il a étouffé les sentiments secrets de son cœur qu'éveillait en lui l'éclat du soleil et de la lune.

(2) Selon Éphôdi, l'auteur ferait ici allusion à ce qu'il a dit au chap.v de la IM partie (p. 47) : « Il ne devra rien trancher selon une première idée qui lui viendrait, ni laisser aller ses pensées tout d'abord en les dirigeant résolument vers la connaissance de Dieu ; mais il devra y mettre de la pudeur et de la réserve, et s'arrêter parfois, afin de s'avancer peu à peu. » Ibn-Caspi croit que l'auteur a en vue un passage de l'Introduction (p. 10) : « La vérité tantôt nous apparaît de manière à nous sembler claire comme le jour, etc. » Il me semble que les deux commentateurs ont été induits en erreur par la version dibn-Tibbon qui rend les mots arabes fltopB^K nin sfî par "IDNDH HT nbnriD « au commencement de ce traité »; de même Al-'Harizi : "ifîDH Ht n b I"in3. Mais je crois que ces mots signifient : « dans le (livre) premier de ce traité», et que l'auteur veut parler de ce qu'il a dit au ch. xxxn, p. 110 : « Si tu t'arrêtes devant ce qui est obscur, si tu ne t'abuses pas loi-même en croyant avoir trouvé la démonstration pour ce qui n'est pas démontrable, si lu ne te hâtes pas de repousser et de déclarer mensonge quoi que ce soit dont le contraire n'est pas démontré, et qu'enfin tu n'aspires pas à la perception de ce que tu ne peux pas percevoir, alors tu es parvenu à la perception humaine, etc. » Je ferai observer qu'au commencement de ce passage, l'auteur dit dans l'original arabe : ftmBr^N U)J nfîpi |N, expression qui correspond à celle que nous avons ici : frianta T3y rffiytm.

d'offrir un taureau et un jeune veau (*). De même, là où le péché est mis en rapport avec un bouc, l'acte religieux s'accomplissait au moyen d'un bouc W. Si l'àmo est bien pénétrée de ces idées, l'homme sera conduit par là à avoir en horreur le péché et à s'en éloigner, aûn de ne pas être obligé, en y tombant , de se soumettre à une expiation longue et pénible; parfois même l'expiation ne pourra êire accomplie*3), de sorte que l'homme évitera d'avance le péché et le fuira, ce qui évidemment est d'une grande utilité. Il faut te bien pénétrer de ce sujet.

Je crois devoir appeler ici ton attention sur une chose trèsremarquable, bien qu'elle puisse paraître étrangère au but de ce traité. Le bouc offert aux néoménies est seul appelé sacrifice de péché A l'Éternel (Nombres, XXVIII, 15), expression qui n'est employée ni pour aucun des boucs offerts aux fêtes, ni pour les autres sacrifices de péché, ce dont la raison, selon moi, est trèsclaire : c'est que les sacrifices que la communauté offrait à certaines époques, c'est-à-dire les sacrifices additionnels (des fêtes), étaient tous des holocaustes, et il y avait chaque jour un bouc comme sacrifice de péché. Ce bouc était mangé, tandis que les holocaustes étaient entièrement brûlés ; c'est pourquoi on les appelle expressément sacrifice igné a l'Éternel W, tandis qu'on ue dit jamais ni sacrifice de péché a l'Éternel, ni sacrifice pacifique a l'Éternel, parce que ces sacrifices étaient mangés. Même les sacrifices de péché qui étaient brûlés W ne pouvaient être appelés sacrifices ignés à l'Éternel, ce dont j'expliquerai la raison

(1) Voy. Lévitique, chap. ix, v. 2, et chap. xvi, v. 3. Les mots et à tous ceux de sa race qui devaient le remplacer ne se rapportent qu'au taureau, dont il est question dans le second passage ; car le sacriBce d'un veau, dont parle le premier passage, ne fut imposé qu'à Aaron seul.

(2) Voy. ci-devant, p. 378, note 1.

(3) C'eaUà-dire, parfois l'homme reconnaîtra d'avance qu'il sera incapable d'accomplir l'expiation.

(4) Voy., par exemple, Nombres, chap. xxviii, v. 19; chap. xxix, v. 13 et 36.

(5) Voy., par exemple, Lévitique, chap. iv, ». 12 et 21.

dans ce chapitre. On ne pouvait donc pas (à plus forle raison) appeler les boucs (des fêtes) sacrifices de péché à l'Éternel, car on en mangeait, et on ne les brûlait pas en entier. Mais, comme on pouvait craindre qu'on ne considérât le bouc des néoménies comme un sacrifice offert à la lune, à Fexempledes Égyptiens, qui offraient des sacrifices à la lune aux commencements des mois (*), il est dit expressément en parlant de ce bouc qu'il est consacré à Dieu, et non à la lune. On ne pouvait avoir celte crainte au sujet des boucs offerts aux fêtes et aux autres jours solennels W, car ces jours n'étaient ni des commencements de mois, ni signalés par aucun phénomène de la nature, mais avaient été institués par les décrets de la Loi. Au contraire, les commencements des mois lunaires ne furent pas institués par la Loi ; mais les peuples offraient ces jours-là des sacrifices à la lune, de même qu'ils en offraient au soleil quand il se levait et quand il entrait dans certains degrés (de l'écliptique), comme on le sait par ces livres (des Sa biens). C'est pourquoi on emploie, en parlant de ce bouc (des néoménies), une expression (3) particulière, en disant à V Éternel, afin de détruire les erreurs qui étaient enracinées dans les cœurs gravement malades (des Israélites). Pénètre-toi bien de celte idée remarquable. Il faut savoir aussi que tout sacrifice de péché, par lequel on

(1) Sur la célébration des néoménies chez les peuples de l'antiquité, voy. Spencer, liv. III, Dissert. IV (édition de Cambridge, 1685, p. 715 et suiv.); sur les Égyptiens, cf. Lepsius, Chronologie dcr AZyypier, 1. 1, p. 157, et ibid., noie 3.

(2) C'est-à-dire , aux trois grandes fêtes de la Pàque, de la Pentecôte et des Cabimes, et aux autres jours solennels, tels que le jour des Expiations et le premier jour du septième mois, auquel on offrait un bouc con.me saciitice de péché, outre celui des néoménies ordinaires. Voy. Nombres, chap. xxviii, t;. 21, 30; ebap. xxix, v. 5-6, 11, 16, 19, 22, 25, 28, 31, 34, 37.

(3) Plusieurs mss. ont (avec daieth) au lieu de fi-iNS^N (avec resek); la version d'Ibn-Tibbon, qui a JlB^n EHR, est favorable à la leçon que nous avons adoptée.

croit expier de grands péchés, ou môme un seul péché, comme, par exemple, le sacrifice pour le péché d'ignorance <*) et d'autres semblables (*), est brûlé en entier, hors de l'enceinte, et non sur l'autel ; car on ne brûlait sur l'autel que l'holocauste et ce qui lui ressemble (3), et c'est pour cela qu'il est appelé autel de l'holocauste (Exode, XXX, 28 et passim). En effet, l'holocauste brûlé était (considéré comme) une odeur agréable à Dieu , et de même toute A%carâ (*) offrait une odeur agréable à Dieu. Il devait indubitablement en être ainsi , puisque cette cérémonie devait détruire les croyances idolâtres, comme nous l'avons exposé. Mais l'usage de brûler ces sacrifices de péché (dont nous avons parlé) ne signifie autre chose, si ce n'est que la trace de tel péché était effacée et avait disparu comme ce corps qui venait d'être brûlé , et qu'il ne restait pas de trace de cette action , de même qu'il ne restait pas de trace de ce sacrifice de péché qui avait été détruit par les flammes. Par conséquent, celui-ci, quand on le brûlait, ne pouvait offrir une odeur agréable à Dieu; mais, au contraire, c'était une fumée que Dieu devait détester et abhorrer; c'est pourquoi il était entièrement brûlé hors de Venceinte. Ne vois-tu pas qu'au sujet de l'offrande de la femme adultère, on dit que c'est une offrande de rappel pour rappeler Viniquité (Nombres, V, 15), et non pas que ce soit une chose favorablement accueillie?

(1) C'est-à-dire , pour le péché commis par ignorance par la communauté d'Israël, ou par le grand tribunal, qui s'est trompé dans sa décision ; ce sacrifice tire son nom in DVjn nNÎDn des mots nn otyjï (Lévitique, iv, 13). Voy. Mischnâ, IV* partie, traité Horayoth, chap. i, § 2, et Maimonide, Commentaire sur la Mischnâ, préface au même traité.

(2) Par exemple, le sacrifice du grand prêtre qui avait péché (Lévit., iv, 12), et celui que le grand prêtre offrait au jour des expiations (ibid. , xvi, 27).

(3) Par exemple, Y offrande du prêtre (voy. ci-dessus, p. 369, note 1), ainsi que certaines parties des sacrifices et une portion des offrandes appelée ÎTDTN , souvenir (Lévit., h , 9, et passim).

(4) Comme nous l'avons dit dans la note précédente, on appelait ainsi la portion de l'offrande qui était brûlée sur l'autel.

TROISIÈME PARTIS. — CHAP. XLVt. 383

Le bouc émissaire étant destiné à l'expiation totale de grands péchés , de sorte qu'il n'existe aucun sacrifice public de péché qui en fasse expier autant que lui et qu'il emporte en quelque sorte tous les péchés, on ne devait point l'égorger, ni le brûler, ni l'offrir en sacrifice (*); mais on devait l'éloigner autant que possible et le lancer dans une terre dite guezêra (Lévit., XVI, 22), c'est-à-dire écartée des habitations. Il est indubitable pour tout le monde que les péchés ne sont point des corps W qui puissent se transporter du dos d'un individu sur celui d'un autre. Mais tous ces actes ne sont que des symboles destinés à faire impression (3) sur l'âme, afin que cette impression mène à la pénitence; on veut dire : nous sommes débarrassés du fardeau de toutes nos actions précédentes, que nous avons jetées derrière nous et lancées à une grande distance.

Quant à l'offrande de vin, elle m'a laissé jusqu'à présent dans la perplexité. Comment se fait-il qu'on ait ordonné de faire cette offrande que présentaient aussi les idolâtres W ; je n'ai point su m'en rendre compte ; mais un autre en a donné la raison que voici : La faculté & ap pétition , qui a sa source dans le foie, ne trouve rien de meilleur que la viande ; la faculté vitale, qui a sa source dans le cœur, ne trouve rien de meilleur que le vin ; de même, la faculté qui a sa source dans le cerveau , c'est-à-dire la

(1) Littéralement : on ne devait le traiter ni par l'action d'égorger, etc.; c'est-à-dire, oo ne devait lui appliquer aucun de ces trois modes. — Le verbe o«yU forme de uy*) signifie traiter, manier; la traduction d'Ibu-Tibbon, nîHJ N1?, et celle d'Àl-'Harîzi, mtDJU ne rendent pas exactement ce verbe. Le mot "opn^ , dans les éditions de la version d'Ibn-Tibbon, est une faute; les mss. ont naipnS, et l'édition princeps l'abréviation *ipr6«

(î) La version d'Ibn-Tibbon porte mtWOi des fardeaux; celle d'Al- 'Harîzi a, conformément au texte arabe, nifîlJ.

(3) Littéralement : à laisser une image dans l'âme. Ibn-Tibbon a substitué au mot arabe t\y))l . image , le mot NTI0 1 crainte.

(4) Sur les libations des Hébreux et des païens, voy. mes Réflexions, etc., p. 3»; Palestine, p. 163 a.

faculté psychique, jouit des chants accompagnés d'instruments M. C'est pourquoi chaque faculté cherche à s'approcher de Dieu au moyen de la chose qu'elle aime le plus, de sorte qu'on offre (à Dieu) de la viande, du vin et des sons, c'est-à-dire des chants.

Le pèlerinage a une utililé notoire; ce qui lui sert de motif, c'est que cette réunion et l'impression qu'elle produit ont pour résultat un nouveau zèle pour la loi et la fraternité qui s'établit entre les hommes. Il en est ainsi surtout du commandement d'assembler le peuple (*), dont la raison est clairement indiquée: afin qu'ils écoutent, etc. L'argent qu'on donnait pour la seconde dinie était destiné à être dépensé là l3>, comme nous l'avons exposé W. Il en était de même du fruit de la quatrième année W et de la dime des bestiaux. Ainsi donc , on y avait la viande de la dîme, le vin de la quatrième année et l'argent de la seconde dime, de sorte que les comestibles y étaient abondants; car il n'était permis de rien vendre de tout cela, ni de l'ajourner d'une époque à une autre; mais, comme a dit Dieu : Chaque année (Deutér., X1Y, 22). On s'en servira donc nécessairement pour en faire l'aumône, et, en effet, on recommande énergiquement de faire l'aumône pendant les fêtes eu disant : Tu te réjouiras en ta fête,

(1) Sur ces facultés et leur siège respectif, cf. t. I, p. 355, note 1, et ci-dessus, p. 80, note i. La fucuhé physique esi appelée ici i'appititiott; c'est celle que Platon appelle tin'vu:». Cf. m* Notice lur R. Saadia Gaon, p. 9 et tO (Brtte, de M. Cahcn, t. IX, p. 81 et 82).

(2) L'auteur veut parler du commandement d'assembler tout le peuple, hommes, femmrs et enfants, tout» les bepl ans, pour entendre la lecture de la Loi. Voy. Deulcron., ch. xxxi, v. 10-13. Le v. 12 commence par le mot ^»n|5n, assemble.

(3) C'est à-dire, dan-» le lieu de pèlerinage, ou à Jérusalem. La se-

coude dîme pouvait Cire rachetée ; mais l'argent devitii être dépensé dans le lieu où t>e trouvait le sanctuaire central. Voy. Deutér., ch. xiv, v. 25 et 26. Sur les dîme*, voy. Palestine* p. 172.

(4) Voy. ci-dessus, chap. xxxix, p. 298.

(5) Voy. ci-dessus, chap. xxxvu, p. 291, et ibii.% note 1.

toi, ton fils, ta fille, etc., ainsi que V étranger, l 'orphelin et la veuve (ibid., XVI, 14).

Maintenant, nous avons parcouru les commandements particuliers qui appartiennent à cette classe, et nous en avons touché beaucoup de détails.

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