‹ Le guide des égarés;Chapitre 64 sur 93 · CHAPITRE XLVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVII

Les commandements que renferme la douzième classe sont ceux que nous avons énumérés dans le livre Tohorâ (de la purification). Quoique j'aie déjà parlé sommairement de leur utilité (*), nous devons donner ici de plus amples explications; et, après avoir motivé cette classe comme il convient, je donnerai les raisons de ces détails, autant qu elles me sont claires à moimême.

Je dis donc : Celte Loi divine, qui fut donnée à Moïse, notre maître, et qui lui a été attribuée, n'avait d'autre but que de rendre plus faciles les cérémonies du culte et d'en alléger W le fardeau; et, s'il y en a qui peuvent le paraître pénibles et trèslourdes , cela vient de ce que tu ne connais pas les usages et les rites qui existaient dans ces temps-là. Que l'on compare donc un culte où l'homme brûle son enfant avec celui où l'on brûle une jeune colombe (s)! Il est dit dans le Penlaleuque : car même leurs fils et leurs filles, ils les brûlent dans le feu à leurs dieux (Deutéi\f XII, 31) ; voilà le culte qu'ils offraient à leurs dieux, et ce qu'il

(1) Voy. ci-dessus, chap. xxxv, p. 272.

(2) Lo mot i^fîin n'a élé rendu ni par Ibn-Tibbon ni par Al-'Hami ; ce dernier traduit : rojW! Trm\ nVTûyn bpnb-

(3) Littéralement : il faut que tu compares {ces deux choses) : que Vhomme brûle son enfant pour célébrer son culte, ou quil bràle une jeune colombe. Pour les mots il faut que tu compares, Ibn-Tibbon a mis ttnfînn nm, vois la différence, et, à la fin de la phrase, il a ajouté les mots : rVTQyb

T. tu. 25

y a d'analogue à cela , dans noire culte, c'est do brûler une jeune colombe, ou même une poignée de fleur de farine. C'est à cet égard que notre nation fut réprimandée au temps de sa rébellion et qu'il lui fut dit : Mon peuple, que t%ai-je fait? quelle peine t'ai-je donnée? accuse-moi (Michée, VI, 3); il est dit encore, dans le même sens : Ai-je été un désert pour Israël, ou un pays de profondes ténèbres ? Pourquoi mon peuple dit-il : nous nous retirons, etc. (Jércuiie, H, 51), ce qui signifie: quel est donc le fardeau pénible qu'ils ont vu dans cette loi pour qu'ils la quittassent O? Ailleurs Dieu nous apostrophe en disant: Quel tort vos pères ont ils trouvé tn moi pour qu'ils se soient éloignés de moi (ibid., v. 5)? Tous ces passages n'ont qu'un seul et même but.

Après celle observation préliminaire, qui est importante et que lu ne dois pas perdre de vue, je dis : Nous avons déjà exposé que tout ce qu'on voulait obtenir par le sanctuaire , c'était qu'il produisît une impression sur celui qui viendrait le visiter, qu'il inspirât la crainte et le respect, comme il est dit : et vous craindrez mon sanctuaire (Lévit., XIX, 50). Mais, lorsqu'on aborde continuellement n'importe quel objet respectable, l'effet qu'il produit sur l'âme diminue et l'impression qu'on en reçoit est moindre. Les docteurs déjà ont appelé l'attention sur ce sujet en disant qu'il n'est pas bon d'entrer à tout moment dans le sanctuaire, et ils citent à l'appui ces paroles: Ne mets pas trop souvent ton pied dans la maison de ton prochain, de peur qu'il ne se rassasie de toi et ne te haïsse (Prov., XXV, 17) W. Cest dans celte intention que Dieu défendit aux impurs d'entrer dans le sanctuaire, et les cas d'impureté étant très-nombreux, on ne pouvait guère trouver que très-rarement une personne pure. En effet , quand même on se serait préservé du contact d'une charogne, on aurait pu ne pas échapper au contact de l'un des huit

(1) Cf. sur ce passage de Jérémie, le tome H, ebap. xixix, p. 305, ei ibiJ., note 2.

(2) Voy. Talmud de Babylone, traité llaghigâ, fol. 7 a.

reptiles (f) qui tombent souvent dans la maison, ainsi que dans les aliments et les boissons, et contre lesquels on heurte souvent W. Ayant évité cela, on aurait pu encore ne pas échapper au contact d'une femme ayant ses menstrues ou atteinte d'un flux de sang, d'un homme affligé de gonorrhée, d'un lépreux, ou de leur couche (3); quand même on y aurait échappé, on ne pouvait pas toujours éviter de cohabiter avec sa femme, ou d'avoir un accident nocturne M. Lors môme qu'on se serait purifié de ces impuretés, il n'était pas permis d'enl rer au temple avant le coucher du soleil W. Or, comme on ne pouvait pas entrer dans le temple pendant la nuit, ce qui résulte des traités Mxddôth et Tâmîd (*),

(1) Voy. Lé vi tique, chap. xi, v. 29-30, où l'on énumère huit espèces de reptiles, pour la plupart des sauriens, dont le contact rend impur. Cf. Palestine, p. 27 a. Sur le contact d'une charogne, voy. le même chap. du Lévitique, v. 39-40.

(2) Ibn-Tibbou traduit selon le sens : VÛ^M 1[X1 ODDT , l'homme les écrase en marchant; Al-'Harizi traduit littéralement: QVP bï)

D-wn U2 tora*.

(3) Voy. Lévitique, chap. xv, et chap. xm, v. 45-46.

(4) Voy. Lévitique, chap. xv, v. 16-18, et Deutéronome, chap. xxm, v. 11-12.

(5) Il est dit, dans tous les passages qui traitent de ces impuretés, que la personne dont il s'agit, même après s'être purifiée, restera impure jusqu'au soir : myn iy Voy. surtout Lévilique, ch. xxn, v. 6-7, etTalmuddc Babylone, traité Scliabbath, ïol.iib: H1H NrV^Wl OV bïSQ "lîlûl CDCn N21 3'M1 ; Mischné Torâ, liv. X, traité Abolh ha-toumolh (des impuretés principales), chap. X, § 1, et liv. VIII, traité Biath ha-mikdasch (de l'entrée dans le sanctuaire), chap. m, § 14.

(6) Voy. Mischnâ, V* partie, traité Middoth, chap. i, §§ 1 et 8, et traité Tamidy chap. i, % 1 . Il résulte de ces passages que les prêtres qui étaient de garde au temple se tenaient la nuit dans trois lieux qui étaient en dehors du parvis, et que les chefs de la section , couchés dans l'un de ces lieux, tenaient les clefs du parvis, de sorte que personne ne pouvait y pénétrer la nuit. On voit que l'auteur veut parler de Y impossibilité, pour tout le monde, d'entrer pendant la nuit, et qu'il ne s'agit point ici d'une illégalité; Ibn-Tibbon et Al-'Harizi ont donc mal rendu les mots arabes N^U l'un par min hV\% l'autre parTiDNl, et il fallait dire

il se pouvait la plupart du temps que celui-là (qui s'était purifié) cohabitât celle nuit même avec sa femme , ou qu'il lui survînt une des autres causes d'impureté et qu'il se trouvât le lendemain au même point que la veille.

Tout cela donc contribuait à ce que Ton se tînt éloigné du sanctuaire et qu'on n'y entrât pas à chaque instant. Tu sais d'ailleurs ce que disent les docteurs : « Aucune personne, Tutelle pure, ne doit entrer au parvis pour célébrer le culte avant de s'être baignée W. » Ces actes donc entretenaient le respect et servaient à produire l'impression qui devait conduire à la piété qu'on avait pour but. A mesure que le cas d'impureté pouvait arriver plus fréquemment, la purification était plus difficile et durait plus longtemps. Se trouver sous le même toit avec des corps morts, et surtout avec ceux des parents et des voisins, est un cas plus fréquent qu'aucune autre impureté; on ne pouvait donc redevenir pur qu'au moyen descendresde la vache rousse, qui sont extrêmement rares, et au bout de sept jours W. Le flux (du sang ou de la gonorrhée) et les menstrues sont plus fréquents que le contact d'une chose impure; c'est pourquoi ces impuretés exigeaient sept jours (de purification) <3>, et celui qui se mettait en

pIV nV) , ou ttffîN Dans la version d'Ibn-Tibbon , les mots WOP 3"HjrPO ï^fîN BflTB ont été ajoutés par quelques copistes, ou par les éditeurs; ils ne se trouvent ni dans les mes. de cette version que nous avons pu consulter, ni dans le commentaire de Schem-Tob.

(1) Voy. Mischnâ, II" partie, traité YômA, ebap. m, § 3.

(2) Voy. Nombres, chap. xix, et cf. Palestine, p. 162. Selon la tradition , les cendres de la vache rousse étaient très-rares ; depuis Moïse jusqu'à Ezra , on n'avait brûlé que deux vaches , et depuis Ezru jusqu'à la destruction du second temple, cinq ou sept. Voy. Mischnâ, VI" partie, traité Parâ, chap. m, § 5. On ne pouvait se procurer qu'à grands frais une vache entièrement propre à cette cérémonie. Voy. Talmud de Ba- * bylone, traité Kiddouschin, fol. 31 a.

(3) C'est-à-dire , les personnes guéries de ces maladies devaient encore compter sept jours pour être complètement pures. Voy. Lévitique, chap. xv, v. 13, 19 et 28.

contact avec elles était impur un seul jourM. Si la purification de l'homme atteint de gonorrhée, de la femme affectée d'un flux de sang , et de la femme en couches, ne se complète que par un sacrifice, c'est que ces cas arrivent plus rarement que les menstrues W. — Toutes ces impuretés, je veux dire celles des menstrues, de la gonorrhée, du flux de sang, de la lèpre, d'un corps mort, d'une charogne, d'un reptile et du sperme, sont des choses fort malpropres. Les dispositions légales y relatives ont donc pour but des choses variées : i° d'éloigner de nous toute, malpropreté; 2° de préserver le sanctuaire ; 3° d'avoir égard aux coutumes généralement répandues, car tu vas entendre tout à l'heure quelles cérémonies pénibles les Sabiens s'imposaient dans ces cas d'impureté; 4° d'alléger ce pénible fardeau et de faire que la question de ce qui est pur ou impur n'entrave l'homme dans aucune de ses occupations, car celle question ne concerne que le sanctuaire et les choses saintes : Elle ne louchera aucune chose sainte et ne viendra point dans le sanctuaire (Lévït., XII, 4). Pour le reste, on ne se rend coupable d'aucun péché, en restant impur lant qu'on veut et en se nourrissant tant qu'on veut de choses profanes entachées d'impureté. Selou les coutumes ré-

(1) Voy. ibid.% v. 5-9, 21-23 et 27.

(2) On a vu ici une contradiction avec le principe que l'auteur vient de poser, à savoir que, plus un cas d'impureté est fréquent, et plus l'acte de purification est difficile et long, tandis qu'ici il parait dire que ce sont les cas les plus rares qui ont besoin d'un sacrifice. Mais, dans notre passage, l'auteur ne veut que justifier l'emploi du sacrifice dans la purification de l'homme atteint de gonorrhée, de la femme affectée d'un flux de sang el de la femme en couches, tandis que la femme se purifiant de ses menstrues n'a pas besoin de sacrifices; et, comme il fait entendre, la raison en est que les menstrues arrivant plus fréquemment que les trois première cas, on n'a pas voulu imposer à la femme l'obligation d'offrir chaque fois un sacrifice pour sa purification. Voir le commentaire de Schem-Tob. Selon Êphodi, le traducteur Ibn-Tibbon aur..il plus tard corrigé sa traduction en substituant plus haut, aux mots nNSiOJ *W1\ les mots rWXOn HDJJO "inv; dans lesmss. que nous avons pu consulter, cette correction n'existe pas et la leçon est conforme à celle des éditions.

pandues parmi les Sabiens jusqu'à notre temps dans les pays de l'Orient, je veux dire parmi les restes des mages (f), la femme ayant ses menstrues reste isolée dans un appartement, on brûle W) les endroits sur lesquels elle marche, celui qui lui parle devient impur, et si le vent qui souffle passe sur la femme et sur un homme pur, celui-ci devient impur. Tu vois, par conséquent, combien ces usages sont éloignés de ce que nous disons : « Tous les travaux que la femme fait pour son mari, la femme ayant ses menstrues peut les faire également, excepté de lui laver la figure, etc. (3> »; on ne lui défend que de cohabiter avec elle pendant les jours de sa souillure et de son impureté. — Une autre coutume répandue parmi les Sabiens jusqu'à notre temps, c'est qu'ils répulent impurs tout ce qui se sépare du corps, soit poil, soit ongle, soit sang; c'est pourquoi tout barbier, chez eux, est impur, parce qu'il touche le sang et les poils <*). Quiconque se fait raser doit se plonger dans de l'eau jaillissant d'une source. Ils ont beaucoup de ces usages incommodes, tandis que nous, nous ne faisons attention à ce qui est pur ou impur qu'à l'égard des choses saintes et du sanctuaire.

Cependant, si l'Écriture dit: Vous vous sanctifierez et vous sere% saints, car moi je suis saint (Lévit., XI, 44), ce n'est point dit à l'égard de ce qui est pur ou impur ; le Siphra dit expressément qu'il s'agit là d une « sanctification par les commandements W », et de même les docteurs disent, au sujet de ces mots:

(1) C'est-à-dire, des guèbres, partisans de la religion de Zoroaslre. Selon le Zend-Avesla, les menstrues viennent d'Ahriman, et un grand cbâtiment est réservé à celui qui s'approche d'une femme pendant son temps critique. Voy. Zend-Avetta par Anquetil-Duperron, t. I, 2* partie, Vendidad, farg. xvi, p. 397 et suiv.; farg. xvin, p. 411 etsuiv. — Dans les éditions de la version d'Ibn-Tibbon , le mot Tnt30n est one faute d'impression; lesmss. ont ^DIJOH. Al-'Harîzi traduit : m* "H2iy rviNCf-

(2) C'est-i-dire , sans doute : on purifie par le feu.

(3) Voy. Talmud de Babylone, traité Kelhoubàlh, fol. 4 b et 61 a.

(4) Cf. Zend-Ave*ta, ibid., p. 400 et suiv.

(5) C'est à-dire, d'une sanctification morale par l'observance des

Soyez saints (Lévit., XIX, 2), qu'il s'agit là d'une sanctiûcalion par les commandements. C'est pourquoi la transgression des commandements est aussi appelée rwoïB (souillure ou impureté , expression employée à l'égard des commandements fondamentaux (*), qui sont l'idolâtrie, l'inceste et l'assassinat. Ço parlant, par exemple, de l'idolâtrie, on dit : car il a donné de sa postérité à Moloch pour souiller mon sanctuaire (LéviL, XX, 3) ; de l'inceste, on dit : ne vous souillez par rien de tout cela [ibid., XVLU, 24); de l'assassinat, on dit : vous, ne souillerez point le pays, etc. (Nombres, XXXV, 34). On voit, par conséquent, que l'expression de riNDitt (souillure ou impureté) est un homonyme qui se dit dans trois sens différents. Elle se dit : l°de la désobéissance et de la transgression des commandements en fait d'actions ou d'opinions; 2° des malpropretés et des souillures : sa souillure n'étant encore qu'aux pans de ses vêtements (Lamentations, 1, 9); 5° de ces choses réputées (impures) , je veux dire quand on touche ou porte telle chose, ou quand on se trouve sous le môme toit avec telle chose (*). C'est dans ce troisième sens que nous disons : « Les paroles de la Loi ne sont pas susceptibles de souillure (3). » De même, le mot rramp» sainteté } se dit, comme

commandements ou des préceptes moraux. Cf. t. I, chap. liv, p. §24, et ci-dessus, chap. xxxtu, p. 963, note |.

(t) Mot à mot : à l'égard des mères et des racines cf entre Us commandements; c'est-à-dire, quo l'Écriture, en parlant de la transgression des lois fondamentales, appelle cette transgression souiUure ou ijnpureU , expression employée à l'égard des commandements fondamentaux, qui concernent l'idolâtrie, l'inceste et l'assassinat.

(3) La version d'Ibn-Tibbon a ici VfîTD W^fî "OT rwb IN. Le mot arabe ajUL-*, infinitif de la IIIe forme de vjjju» (couvrir d'un toit), signifie se trouver sous le même toit avec quelque chose; plus haut, . Ibn-Tibbon a mieux rendu ce mot par bn«nnn.

(3) Voy. Talmud de Babylone, traité Berakhôth, fol. Il ay < ii il est dit qu'il est permis aux personnes atteintes de la gonorrhéc, de la lèpre, etc. , de lire la Loi, les prophètes et les autres livres sacrés, parce quo les paroles de la Loi ne sont pas susceptibles de souillure.

homonyme, dans trois sens, opposés aux (rois acceptions dont nous venons de parler.

Comme on ne peut se purifier de l'impureté causée par un corps mort qu'au bout de sept jours et qu'il faut trouver pour cela les cendres de la vache rousse , et comme (d'autre part) les prêtres ont constamment besoin d'entrer dans le sanctuaire pour offrir les sacrifices, il a été particulièrement défendu à tout prêtre de s'exposer à l'impureté provenant d'un mort, à moins que ce ne fût pour un cas très-nécessaire, où il répugnerait à la nature humaine de s'abstenir, je veux parler du contact (du corps) des père et mère, des enfants et des frères (*). Comme il est trèsnécessaire que le grand prêtre soit continuellement dans le sanctuaire, ainsi qu'il est dit : il (le diadème) sera constamment sur son front (Exode, XXVIII, 58), il lui a été absolument défendu de se souiller par un corps mort, fût-ce même celui de ses propres parents W. Ne vois-tu pas que cette défense n'embrasse pas les femmes? les fils d'Aaron (est-il dit), et non les filles d'Aaron (3), parce qu'on n'a pas besoin des femmes dans le service des sacrifices.

Comme il est inévitable que des personnes entachées d'impureté entrent par erreur dans le sanctuaire, ou mangent, dans leur état d'impureté, des choses saintes, et comme parfois il y en a

(1) Voy. Lévitique, chap. xxi, v. 2. Le mot ftirnSD, contact, a été rendu dans la version d'Ibn-Tibbon par DHOJJ TIDyto — 3^pD JttOnb

(2) Voy. Lévitique, chap. xxi, v. 10-12. Cette loi concernant le grand prêtre est suffisamment motivée dans le texte biblique, et le motif que lui cherche l'auteur est peu plausible; il n'est dit nulle part que le grand prêtre ne doive jamais quitter le sanctuaire, et surtout une telle défense n'est rattachée nulle part au passage TDn inXO ïTm. Cf. cependant Mischnâ, IVe partie, traité Synhédrin, chap. u, § 1, les paroles de rabbi lehouda, et Maïraonide, Mischné Torâ, liv. VIII, Irai lé Kli ha-mikdnschy chap. v, § 5.

(3) Voy. etTalmuddeBabylone,traité5dM,fol.236; Mischné Torâ, liv. XIV, traité Ebel (du deuil), chap. m, g 11, d'après le Toralk Kohantm.

qui font cela avec préméditation , la plupart des impies commettant de propos délibéré les plus grands péchés, il a été ordonné d'offrir des sacrifices pour expier la souillure du sanctuaire et des choses saintes ; ils sont de différentes espèces , les uns pour le péché prémédité, les autres pour celui commis par inadvertance. Ce sont les boucs des fêles, ceux des néoménies et le bouc émissaire (f)t comme cela est exposé en son lieu, afin que celui qui pèche de propos délibéré ne croie pas qu'il n'ait pas commis un grand péché en souillant le sanctuaire de l'Éternel, et qu'il sache, au contraire, que son péché a été expié par le sacrifice du bouc, comme il est dit : et afin qu'ils ne meurent pas à cause de leur souillure (Lévit. , XV, 31); et Aaron se chargera du péché relatif aux choses saintes, etc. (Exode, XXV11I, 58) W, idée qui est souvent répétée.

Quant à l'impureté de la lèpre , nous en avons déjà exposé la signification (3). Les docteurs aussi l'ont exposée et nous ont fait savoir qu'on a posé en principe que celte maladie est un châtiment pour punir la médisance M. D'abord, cette altération se fait remarquer dans les murs W; si l'homme se repenl, le but est atteint; mais s'il continue à pécher, l'altération s'étend à son lit

(1) Voy. ci-dessus, p. 381, note 2, et Lévitique, chap. xvi, 0. 16; Miscbnâ, IV» partie, traité Schebou'ôth, chap. 1, § 4.

(2) Voy. Talmud de Babylone, traité Pe$a*him, fol. 16 6; Ydma, fol. 7 a; Mena'holhy fol. 15 a.

(3) Voy. les considérations morales de l'auteur dans son Mitchné TûrA, liv. X, traité Toumath çara'ath, chap. 5, § 16, et son Commentaire sur la Miscbnâ, Vf partie, traité Negha'tm, ch. xu, § 5.

(4) Voy. entre autres Talmud de Babylone, traité 'Arakhtn, fol. 16 b: Vty piO fyiû jnn )wb ISDOn ba- Cf. Yalkout, I" partie, n«937, d'après le Siphri. Plusieurs peuples considèrent la lèprs comme une conséquence de grands péchés commis envers la Divinité. Cf. Hérodote, liv. I , chap. 138, et mes Notes au Ve livre des Lois de Manou à la suite de mes Réflexions sur le culte de* anciens Hébreux, p. 77.

(5) Voy. Lévitique, ebap. xiv, ». 34-48. Cf. Palestine, p. 213 a.

et aux ustensiles de sa maison el s'il persiste encore dans son péché, elle s'étend à ses vôtemenls et ensuite à son corps. C'était là un miracle qui se perpétuait dans la nation comme celui des eaux amères de la femme soupçonnée d'adultère W. Il est évident que c'est là une croyance très utile, surtout si l'on réfléchit que la lèpre est contagieuse el que tous les hommes en éprouvent un dégoût presque instinctif^. La raison pourquoi la purification se faisait avec du bois de cèdre» do Physope, de la laine cramoisie et deux oiseaax (*), a été indiquée dans les èfidraschôth; mais elle ne convient pas à notre but, et jusqu'à présent je n'ai su me rendre compte de rien de tout cela. Je ne sais pas non plus pour quelle raison on emploie dans la cérémonie de la vache rousse lu bois de cèdre, l'hysope et la laine cramoisie, ni pourquoi on se sert d'un bouquet d'hysope pour faire l'aspersion avec le sang de l'agneau pascal (5); je ne trouve rien par quoi justifier la préférence donnée à ces espèces.

La raison pourquoi la vache rousse est appelée 'hattath (sacrifice de péché) (•), c'est parce qu'elle achève la purification de

(1) Voy. ibid., chap. xui, v. 47-59, et Palestine, l. c. Pour mWTIfib, les éditions de la version d'Ibn-Tibbon ont yrvWD >W>, ce qui parait être une faute d'impression; les mss. ont mtDO ^tab.

(2) Voy. Nombres, chap. v, t>. 11-31, et Palestine, p. 205 a. L'auteur veut dire que la lèpre des maisons et des étoffes, et par suite celle des personnes, était quelque chose de miraculeux et de providentiel, de même que l'effet produit par l'eau qu'on donnait à boire à la femme soupçonnée d'adultère. En effet, le texte biblique indique lui-même l'intervention directe de la Providence, en disant, au sujet de la lèpre: njnîf ^nn31 (Lévit., chap. xiv, v. 34), et au sujet de la femme adultère: nbfîU "pT T\H nna (Nombres, chap. v, v. 21), comme le foot observer le* commentateurs du Pentaleuque.

(3) L'auteur veut dire que la croyance que la lèpre vient par suite de certains péchés est très-ulile à la morale, surtout quand on pense au dégoût qu'elle inspire.

(4) Voy. Lévi tique, chap. xiv, v. 4 et 51; Wayyikra rabba, sect. xvi (fol. 158, col. 4), et le Yalkout, I" partie, n° 559.

(5) Voy. Exode, chap. xn, v. 22.

(6) Voy. Nombres, chap. xix, v. 9 cl 17.

celui qui a été souillé par un corps mort, de sorte qu'il peut entrer dans le sanctuaire (*) ; je veux dire que, du moment où quelqu'un s'est souillé par un corps morl , il lui serait interdit à jamais d'entrer dans le sanctuaire et de manger des choses saintes, s'il n'y avait pas celte vache qui emportât (symboliquement) ce péché W. Il en est comme du diadème (du grand prêtre) qui fait expier la souillure (3) et comme des boucs qui sont brûlés v*). C'est pourquoi celui qui s'occupait de la vache rousse et des boucs à brûler rendait impurs ses vêtements W, comme celui qui s'occupait du bouc émissaire, qui, à cause des grands péchés qu'il était censé emporter, rendait impurs ceux qui le touchaient (•). — Ainsi, nous avons motivé, dans cette classe, tous les commandements dont nous avons cru pouvoir deviner les motifs.

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