‹ Le guide des pécheursChapitre 111 sur 142 · III · texte numérisé non relu

III

La liberté dont jouissent les gens de hien.

C'est de cette servitude si cruelle que le Fils de Dieu nous est venu délivrer ; Isaïe loue hautement cet affranchissement, lorsqu'il dit [Isaiw 9, v. 5) : 0 Ceux que vous rachetez^ Seigneur, se réjouiront » en vous , comme font les laboureurs lorsqu'ils re~ » cueillent le fruit de leurs travaux, comme font les » vainqueurs lorsqu'après le combat ils partagent les » dépouilles ; parce que. Seigneur, vous leur avez ôîé » le joug qui les oppressait, et la verge qui les frap- » pait, et que vous les avez délivrés de la puissante » du tyran qui leur imposait des tributs insuppor- » tables.» Tous ces noms de joug, de verge, de sceptre, sont convenables à la tyrannie de nos passions , puisque que c'est d'elles que le diable se sert pour tyranniser les hommes, et pour les soumettre à l'empire du péché.

C'est de cette honteuse domination que le Fils de Dieu nous a déli\Tés par sa mort ; c'est pourquoi l'Apôtre a dit [Rom. 6. v. 6) : « Que notre vieil r> homme a été crucifié avec lui, » appelant vieil homme le désir qui se dérégla par le péché d'Adam. Jésus-Christ, par le mérite de sa passion, nous a obtenu la grâce de surmonter ce tyran , de fouler aux pieds sa puissance, et de lui faire souffrir une peine pareille à celle dont il était l'auteur ; crucifiant celui qui iious crucifiait, et tenant en captivité celui qut

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uoas tenait captifs. Ainsi a été accompli ce qu'Isaïe avait prophétisé en un autre lien [Isaiœ 14. v. 2) : a Ils prendront ceux qui les prenaient auparavant, » et ils assujettiront sous leurs lois ceux qui les te- * naient sujets ; » parce qu'avant la grâce notre appétit sensuel tenait notre esprit captif, le faisant servir à tous ses mauvais désirs ; mais après avoir reçu la grâce, la volonté est devenue si puissante qu*elle a prévalu contre ce tyran, et Ta rendu à la raison.

Cette victoire nous est flgurée par la mort d'Adonibezech , roi de Jérusalem, auquel les enfans d'Israël coupèrent les pieds et les mains avant de le f ire mourir. Ce malheureux prince se voyant en cet état, et se ressouvenant des cruautés qu'il avait exercées, dit ces paroles [Jud. 1^ v. <p) : « Soixante-et-dix » rois à qui j'avais fait couper les pieds et les main;*, » mangeaient sous ma table les miettes qui en tom- » baient, et j'éprouve maintenant que Dieu me trai- » te comme j'ai traité les autres. » A quoi l'Ecriture ajoute qu'il fut mené en cet état à Jérusalem , où il mourut.

Ce tyran est la figure du prince de ce monde, qui avant le Fils de Dieu coupait les pieds et les mains à tous les hommes, et les rendait incapables de servir Dieu, leur ôtant les mains ^ur les empêcher de bien faire ♦ et les pieds pour leur en ravir même le désir ; il leur faisait manger les misérables restes qui tombaient de sa table, c'est-à-dire, les plaisirs sensuels dont ce prince a coutume de nourrir ses sujets; on les appelle avec raison des miettes plutôt que des morceaux de pain, à cause de l'extrême avarice dont use ce tyran lorsqu'il distribue aux siens

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