LIVRE I. CHAP. XVIII
ces petits restes , ne les donnant jamais avec assea d'abondance pour contenter leurs désirs. Mais le Sauveur ne vint pas sitôt au monde qu'il fit souffrir à ce tyran la même peine dont il afïligeait les autres^ lui coupant les pieds et les mains, c'est-à-dire détruisant toutes ses forces; et il est dit expressément qu'Adonibezech reçut la mort en Jérusalem, parce que ce fut le lieu où le Sauveur du monde mourant, tua le prince de ce monde, et où étant crucifié il le crucifia , lui liant les pieds et les mains, et lui étant toute sa puissance. Après le sacrifice de sa passion, les hommes commencèrent à triompher de leur tyran, et à prendre une si absolue autorité sur le monde, sur le diable, sur la chair et sur tous ses vices, que ni les tourmens, ni les plaisirs de la terre ne furent plus capables de les faire tomber dans le péché.