‹ Le guide des pécheursChapitre 132 sur 142 · LIVRE I. CHA.P. XXir · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHA.P. XXir

» VOS troupeavix , et ceux de la terre qu'il a promis de » vous donner. Dieu ouvi^ifa sur vous les trésors du » Ciel ; il fera pleuvoir en sa saison sur vos terres ^ et » donnera sa bénédiction sur toutes les œuvres de vos » mains. » Ce sont les paroles de Dieu même , prononcées par son prophète. Toutes les richesses des Indes sont-elles comparables à ces bénédictions ?

Quoiqvie ces promesses aient plutôt été faites pour les juifs que pour les chrétiens, que Dieu promet pai^ Ezéchiel d'enrichir des biens plus grands de la grâce et de la gloire , néanmoins, comme en cette loi charnelle Dieu ne laissait pas de donner aux justes de l'ancien peuple les biens spirituels, aussi en cette loi spirituelle il ne refusera pas aux véritables chrétiens les prospérités temporelles , que d'ordinaire Dieu accompagne encore de deux avantages inconnus aux médians ; l'un que , comme un habile médecin , il les donne selon le besoin , afin qu'elles puissent soutenir le juste sans l'enorgueillir. Les médians ne connaissent pas cette mesure ; ils amassent tout ce qu'ils peuvent , sans considérer que l'excès des biens temporels n'est pas moins dangereux pour le salut de l'ame , que l'excès de la nourrituie ne l'est povu" la santé des corps.

L'autre avantage est , qu^avec moins de bruit , Dieu donne aux siens plus de joie , que les impies n'eu trouvent en leur abondance ; parce que tout ce que l'hamme peut faire parrentremise des causes secondes, Dieu le peut opérer de lui - même , et beaucoup plus parfaitement. N'en a-t-il pas usé ainsi envers tous les; saints , au nom desquels l'Apôtre disait ( 2 Cor. 6» V* 10 } : « Nous n'avons rien , et nous possédons tout; >î>

sqÎj Le guide des péciieirs.

étant aussi contens du peu que nous avons , que s nous étions seigneurs de tout le monde ? Les voyageurs sont bien aises de porter leius ricliesses en espèces d'or , parce qu'ils en sont et plus riches et moins chargés ; Dieu de même pourvoit ceux qui sont à lui , en leur donnant peu de charge et de très - grandes joies. C'est ainsi que les justes sont tout ensemble pauvres et riches, nus et contens ; mais les méchans au contraire regorgent de biens et meurent de faim ; et comme Tantale , ayant de l'eau jusque sur le bord des lèvres, ils ne laissent pas de mourir de soif.

Moïse recommandait d'observer la loi de Dieu, désirant qu'elle fût notre seule étude , parce qu'en elle consiste l'accomplissement de tout le reste ( Dcut. 6. V. 6 ) : « Mettez dans vos cœurs ces paroles que je » vous dis ; portez - les attachées pour signal en vos » mains ; qu'elles soient toujours présentes et pendues » devant vos yeux , et enseignez-les à vos enfans , afin » qu'ils pensent toujours à elles. Quand vous serez assis » en votre maison, quand vous marcherez, quand vous

> vous coucherez ou que vous vous lèverez y n'en dé-

> tournez jamais votre pensée : écrivez-les sur votre » porte , de sorte que vous les ayez toujours devant » vos yeux , afin que par ce moyen vos jours soient B multipliés , et ceux de votre postérité , dans la terre » que Dieu vous donnera. »

O saint prophète ! que vojiez-vous, que trouviczvous dans l'observance de ces commandemens, pour la recommander de cette sorte ? Sans doute , comme vous étiez un grand prophète et un des prncfpaux secrétaires des conseils divins , vous connaissiez la grandeur des biens que la loi de Dieu pouvait produire :

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VOUS saviez que c'était en elle que consistaient tous les biens préseus et à venir , temporels et éternels , spirituels et corporels , et qu'en accomplissant les devoirs qu'elle nous prescrit , tout le reste demeurait accompli ; vous connaissiez que lliomme occupé à faire la volonté de son Dieu , ne perdait pas son travail ; mais que c'était véritablement labourer sa vigne 5 arroser son jardin , augmenter son bien , et faire ses plus importantes affaires , puisque servir Dieu c'est lui confier le soin de tout ce qui nous intéresse. En effet tel est le traité qui est entre Dieu et les hommes; pendant que ceux-ci s'appliqueront à observer sa loi, il s'appliquera à la conservation de leiu*s biens. Et certainement il ne faut point craindre que le contrat manque de la part de Dieu; au contraire , si l'homme est bon'serviteur, Dieu sera encore meilleur maître. C'est là cette seule chose que le Sauveur disait être nécessaire, connaître et aimer Dieu ; car qui sait plaire à Dieu doit être assuré de tout le reste. « La piété, dit saint Paul, est utile à toutes choses,. » parce que toutes les promesses de la vie présente et î» de la vie à venir sont pour elle. » Voyez combien l'Apôtre promet à la piété, qui est le culte et l'adoration de Dieu ! non-seulement les biens de l'autre vie^ mais aussi ceux de celle-ci , en tant qu'ils peuvent nous aider à parvenir à réternité; cependant ce!te confiance, ne dispense pas l'iiomme de son travail ni de soji devoir.

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Des nécessités et de ta pauvreté des méchans.

Que celui au contraire qui voudra connaître la pauvreté des méchans, lise le vingt-huitième chapitre du Deutéronome ; il verra des choses terribles : « Si vous ne voulez pas écouter la voix du Seigneur » votre Dieu , dit Moïse ( Deut. 28), ni obéir à ses 3» commandemens, voici les malédictions qui tombe- 3> ront sur vous, et tjui vous accableront. Vous serez » m^^audits à la ville et aux champs ; maudit sera vo- » tre cellier et les restes de votre table ; maudit sera » le fruit de votre ventre", maudits le fruit de votre » terre, vos troupeaux de bœufs et ceux de brebis ; » vous serez maudits en toutes vos contrées et en » toutes vos sorties, et en tout ce que vous toucherez » de vos mains : le Seigneur enverra sur vous la sté- » rilité et la famine, et mettra la confusion en toutes

> les œvivres de vos mains, jusqu'à vous détruire; il » vous enverra la peste qui vous consumera , et qui » vous chassera de la terre dont vous allez prendre

> possession. Que le Seigneur vous châtie par lapau- » vreté, par les fièvres, parle froid, par le chaud et » par l'air corrompu, jusqu'à ce que vous périssiez ; » que le ciel, qui est sur votre tête , soit pour vous » de bronze et de fer; que le Seigneur couvre de y> poussière la terre que voios labourez, au lieu de » l'arroser d*eau, et qu'il tombe d'en haut tant de » cendre que vous en soyez étouffés ; q\ie le Seigneur » vous livre à la puissance de vos ennemis ; que vous

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