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ie» a sur la vie de la nature , la bcaulô de Tainc sur la beauté du corps , les richesses intérieures sur les extérieures , et la force de l'esprit sur la force corporelle.
La raison de ceci est que tous les biens naturels sont limités et passagers , qu'ils n'ont de beauté que pour les yeux du corps , et n'ont besoin que du concours général de la puissance divine ; au lieu que les biens surnaturels ont besoin d'un concours particulier et spécial. On ne saurait les appeler temporels , puisqu'ils nous conduisent à l'éternité ; ni miéme les appeler simplement finis, puisqu'ils nous font mériter l'infinité de Dieu auquel ils sont si chers etsi précieux, qu'ils le rendent amoureux de leur beauté. A tant de biens , Dieu a voulu ajouter toutes les vertus infuses , et les sept dons du Saint-Esprit ; ainsi l'ame . non-seulement en son essence, mais aussi en toutes ses puissances, est revêtue et parée de tous les ornemens du Ciel.
Ge n'est point encore assez : cette infinie bonté ,. cette libéralité sans mesure a mis le comble à tous ses dons par la présence du Saint-Esprit et de toute la très-sainte Trinité, qui descend dans l'ame de l'homme justifié , pour lui montrer de quelle sorte il doit user de ses richesses , conuTie un bon père qui , ne se contentant pas de laisser tous ses biens à sesenfans, les pourvoit encore d'un tuteur pour en avoir la conduite : de sorte que , tandis que l'ame de celui qui est en péché est une retraite de vipères, de dragons et de serpens, c'est-à-dire, d'une infinité d'esprits malins qui y habitent , selon ce que Jésus-Christ dit dams saint Mail bieu [Malt. 12. Luc. 31 ) , au con.-
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traire, le Saint-Esprit et la très-sainle Trinité remplissent l'ame justifiée de leur présence. Le Sauveur 'a expressément témoigné par ces paroles ( Joan. 1 4 > ^'. 23 ) : « Si quelqu'un m'aime , il gardera mes ; commandemens , et il sera aimé de mon Père ; 1 nous viendrons en lui , et nous ferons en. lui noi Ire demeure. » Les saints Pères , et avec eux les -docteurs scolasliques , concluent qu'en vertu de ces paroles, le Saint-Esprit habile dans L'ame justifiée'; <listinguant le Saint-Esprit et ses dons , ils confessent qae, non- seulement cette ame jouit des dons du Saint-Esprit, mais qu'elle jouit du Saint-Esprit méane, qui entre en elle pour en faire son temple et sa demeure : il la lave et la sanctifie lui-même, etTeni- .beliit de tous ses dons , afin qu'elle soit plus digne de le recevoir.
XJne dès suites les plus admirables de cette présent ce du Saint-Esprit , c'est que tous les justifiés sont miCmbres vivans de Jésus-Christ, au lieu qu'auparar- V ant ils étaient des membres morts , et incapables de recevoir les influences de sa grâce. De là naissent plur sieurs autres nouvelles et grandes prérogatives ; il s'ensuit que le Fils de Dieu les aime , et qu'il prend le même soin d'eux que de ses propres membres; il répand continuellement sa vertu sur eux , comme le chef sur ses membres , et le Père éternel les regarde avec des yeux d'amour , parce tju'il les considère comme les membres vivans de son Fils unique , unis et incorporés avec lui par la participation de son Esprit ; toutes leurs actions lui sont agréables celles sent aussi méritoires , étant faites par les membre» vivans de IS. S. , qui opère toutes sortes dcbieus en çux.
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Lorsque ceux qmi sont ainsi^justidés demandent à Dieu quelque grâce , ils le font avec une parfaite confiance ;, parce qu'ils savent que ce n'est pas Jant pour eux qu'ils la demandent , que pour le Fils de Dieu même , qui est en eux , et qui est honoré et glorifié avec eux : car il est certain que le bien qui se fait aux mentibres , se fait aussi au chef; et comme les justes ont Jésus-Christ pour chef, ils ne sauraient rien désirer pour eux , qu'ils ne le désirent pour lui. S'il est vrai , comme dit l'Apôtre ( Act. 9 ) , que ceux qui pèchent contre les membres de Jésus-Christ , pèchent contre Jésus-Christ même , et que Notre-Seigneur se tient outragé quand ses membres sont outragés à son occasion , c'est une conséquence que ses membres étant honorés , il le soit aussi en eux.
Cette vérité étant indubitable , quelle confiance n'auront point les justes en leurs prières , lorsqu'ils considéreront qu'en demandant pour eux, ils demandent aussi en quelque sorte les grâces du Père éternel pour son Fils bien-aimé ! puisqu'il est certain que lorsqu'une grâce s'accorde aux prières d'un autre, elle semble faite plutôt à celui qui la demande, qu'à celui qui la reçoit , comme nous voyons que celui qui sert le pauvre pour l'amour de Dieu , ne sert pas tant le pauvre que Dieu.
Finissons parle dernier et par le plus important de tous ces biens, et par celui qui est comme le terme auquel tous les autres se rapportent , le droit qu'ont tous les justifiés au bonheur du Ciel. Comme Dieu , qui est aussi miséricordieux qu'il est juste, condamne tous les pécheurs impénilens à des tourmcns éternels . il conduit aussi tous les véritables pénitcns à la
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vie éternelle. Quoiqu'il pût pardonner les péchés des hommes, et leur donner part en son amitié et en sa grâce , sans les élever à la participation de sa gloire , il ne Ta néanmoins pas voulu ; mais , par un excès de miséricorde ( Rom. 8) , il a justifié ceux à qui il a pardonné ; il a fait enfans de Dieu ceux qu'il a justifiés; et ceux qu'il a faits ses enfans , il les a aussi rendus ses héritiers . et les a reçus en partage de ses biens avec son Fils unique.
Celte espérance vive qui réjouit les justes dans toutes les afflictions , naît de ces gages qui leur sont donnés par avance du bonheur qui les attend ; quoiqu'ils se voient environnés de toutes parts des travaux , des infirmités et des misères de cette vie , ils sont assurés ( lùid. ) que tout ce qu'ils peuvent souffrir de maux en ce monde, ne saurait entrer en comparaison avec la gloire qui leur est préparée dans l'autre ; et qu'au contraire { 2 Cor. 4- v. 17) , « Les af-
■ flictions de cette vie , quoique momentanées et lé-
■ gères , produisent un poids de gloire éternelle que » l'on ne saurait assez estimer. »
Voilà donc tous les biens que comprend en soi cet inestimable bien dé la justification. Saint Augustin ( Tract. 72 in Joan. ) le préfère , avec beaucoup de raison , à celui de la création du monde entier ; parce qu'avec une seule parole Dieu créa tout l'univers ; miais pour justifier l'homme criminel, il répandit tout son sang, et souffrit des douleurs et des tourmens incroyables. S'il est vrai que nous soyons si étroitement obligés à la bonté de Dieu pour le don de la création , combien lui serons -nous plus redevables pour celui
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de la sanctification dont la reconnaissance doit être proportionnée à ce qu*il a coûté.
Quoique personne ne puisse évidemment connaître s'il est justifié, on peut néanmoins Tespérer , principalement si nous pouvons nous rendre le témoignage que notre vie est changée, et que nous avons autant d'horreur du péché , qu'autrefois nous avions de facilité à le commettre. Que celui qui se trouve en cet heureux état, juge combien il est obligé de servir son Seigneur , qui l'a ainsi sanctifié, l'ayant en même temps délivré de tous les maux, et comblé de toug les biens que nous avons exprimés. Et si par malheur quelqu'un de ceux qui liront ce discours est dans le déplorable état du péché , je ne vois rien qui puisse plus puissamment exciter dans son ame le désir de s'en retirer , que la vue des maux que le péché attire après lui , et des trésors que cette grâce incomparable de la justification apporte avec elifi.
Des autres effets que te Saint-Esprit produit dans l'anie de V homme justifié , et du sacrement de i" Eucharistie.
Quelque grandes que soient les grâces que nous venons d'énumérer , là ne se bornent point les eflfets que produit le Saint - Esprit dans l'ame de celui qui est justifié. Car il ne se contente pas de nous prêter son secours pour entrer dans le chemin de la justice , il nous aide encore à nous y avancer par les meilleures voies , jusqu'à ce qu'au travers des tempêtes et des orages de ce monde ^ il nous ait conduits en as-
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surance dans le port de notre salut. Aussi ne demeure-t-il pas oisif lorsqu'il est entré dans Tame par la grâce de la justification : il ne lui suffit pas d'honorer seulement cette ame par sa présence ; il la sanctifie par sa vertu , faisant en elle et avec elle tout ce qui est nécessaire pour son salut. Il y habite comme un père de faïuille dans sa maison pour la régler , comme un précepteur dans son école pour la diriger,comme un jardinier dans son jardin pour le cultiver , comme un roi dans son Etat pour le conduire , comme le soleil dans le monde pour Téclairer , et enfin comme l'auie dans le corps pour lui donner la vie.
Que peut -on désirer de plus précieux que d*àvoir en soi un tel hôte , un tel gardien , une telle compagnie, un tel gouverneur, un tel tuteur et une telle lumière ? Comme il est en effet toutes ces choses , il les opère dans l'ame où il établit sa demeure. Aussi voit-on que comme un feu il éclaire l'entendement, il échavifl'e la volonté , et nous élève de la terre jusqu'au Ciel. C'est lui qui , comme une colombe nous fait simples , paisibles , doux , et amis les un« des autres ; c'est lui qui , comme une nuée , nous défend contre les ardeurs de notre chair , qui modère la fureur de nos passions, et qui , comme un vent violent et impétueux, pousse et fait pencher nos volontés vers le bien , les éloignant de toutes les affections qui pourraient lès porter au mal. Par la faveur de ses grâces , ceux qui ont été justifiés ont en horreur tous les vices qu'ils avaient aimés avant la réforme de leur vie, et ils aiinent les vertus (pi'ils avaient en horreur auparavant.
David nous donne en sa personne un module de celle