‹ Le guide des pécheursChapitre 38 sur 142 · LIVRE I. CIIAP. VU. Sa · texte numérisé non relu

LIVRE I. CIIAP. VU. Sa

leur ont autrefois donné le plus de joie, leur causeront alors le plus de douleur ? La vue de ses enfans , de ses amis , de sa maison , de ses biens , et de tout ce qu'il aime , est vm objet très-agréable à celui qui jouit de la vie; mais celte lumière se convertira alors en ténèbres, parce que toutes ces choses donneront au mourant plus d'afïliction , et seront les plus cruels bourreaux de ceux qui s'y sont unitjuement attachés. Plus la présence d'une chose nous donne de joie , plus sa privation nous cause de tourment : aussi voyons-nous que l'on écarte les enfans du lit de leur père mourant ; que la femme affligée s'éloigne de son mari , afin de ne pas se causer mutuellement les plus cruelles douleurs }, ce départ pour un si long voyage et pour un si long temps , rendant toutes les civilités superflues , celui qui s'en va ne se met guère en peine de prendre congé de ses amis. Si vous vous êtes jamais vu en cet état , vous reconnaîtrez bien que je ne dis rien qui ne soit véritable. Mais si vousne l'avez pas encore éprouvé , croyez-en ceux qui y ont passé ; «puisque , comme dit le Sage (Ecci. 43. » v. 26 ) , il appartient à ceux qui ont voyagé sur la » mer, d'en raconter les périls.»

Si les accidens qui précèdent la mort sont si effroyables , quels seront ceux qui la suivent ! Le malade n'a pas sitôt fermé les yeux, qu'il lui faut rendre son compte devant le tribunal de Dieu, exact et redoutable vengeur des offenses que l'on a commisescontre lui. Pour vous éclaircir de ces importantes vérités , il ne faut pas vous adresser aux hommes du monde , qui habitant dans l'Egypte, c'est-à-dire, vivant dans les ténèbres d'une ignorance très -profonde, vivent

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aussi dans dos erreurs et des aveiigîemens incroyables ; mais allez aux saints qui habitent dans la terre de Jessen , ils y sont sans cesse éclairés des lumières de la vérité. Ils vous apprendront , non - seulement par leurs paroles , mais beaucoup mieux par leurs actions , combien redoutable est ce jugement.

La sainteté de David a été grande ; et néanmoins il était tellement pénétré de la juste appréhension du compte qu'il avait à rendre , qu'il ne cessait de prier î)ic\i{Psal. 1^2, V. 2 ) : «Qu'il n'entrât point en ju- » genient avec son serviteur , parce qu'il n'y avait » personne entre les vivans qui se pût justifier devant » sa face. »

Arsène était aussi un grand saint ; il avait passé plusieurs années au désert, dans une vie très-innocente et très-austère : néanmoins , se voyant sur le point de mourir , il fut tellement saisi de la terreur de ce jugement , que ses disciples , qui étaient assemblés autour de lui , s'apercevant de sa crainte , ne purent s'empêcher de lui dire : Eh quoi , rt\on père , vous craignez tnainlcnant ! A quoi le saint honmie répondit : Mes en fans , ia crainte en iaquelle vous me v&yez n'est pas nouvelle ; je V ai toujours eue durant ie cours de tna vie.

On rapporte encore desaint Agathon , que se trouvant, en ce même passage , plein des mêmes frayeurs, on lui demanda quel sujet il pouvait avoir de craindre , ayant passé sa vie avec tant d'innocence, il répondit : Parce que les jugeniens de Dieu sont bien dijférens de ceux des hommes.

Saint Jean Climaque raconte un autre exemple d'un saint religieux ; et parce que la chose est for»^

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