‹ Le guide des pécheursChapitre 42 sur 142 · CHAPITRE VJIÎ · texte numérisé non relu

CHAPITRE VJIÎ

'Huitième raison par iaquctle l'homme est obligé de tendre à ia vertu ; savoir , ie jugement final ) la seconde des quatre dernières fins.

Après la mort suit le jugement particulier de chatîun , et après celui-là viendra le jugement général de tous les hommes ensemble , lorsque s'accomplira ce que dit l'Apôtre ( 2 Cor. 5 , v.io ) : « Il faut que » nous soyons tous présentés devant le tribunal de Jé- » sus-Christ, afin que chacun rende compte dvi bien » et du mal qu'il a fait en son corps. » Mais parce que nous avons traité en un autre lieu des signes épouvantables qvii doivent précéder ce grand jugement , nous ne parlerons maintenant que du compte exact et rigoureux qui nous y sera demandé , et de ce qui doit arriver ensuite , afm que l'homme connaisse par là combien il est obligé de se rendre vertueux.

Cette recherche exacte que Dieu fera de nos actions 5 «st si redoutable , qvi'une des choses dont le saint homme Job s'étonnait le plus , était de voir que l'homme étant une créature si fragile , un si grand Dieu pouvait néanmoins exercer une telle rigueur envers lui , et qu'il n'y avait ni paroles , ni pensées , ni mouvemens qu'il n'écrivît dans le livre de sa justice , pour en demander un compte très-particulier. Après s'être étendvi fort amplement sur cette matière , il poursuit ( Joh. i3 , v. 24 ) : « Pourquoi, Seigneur, » me cachez-vous votre face, et me traitez- vous com- » me votre ennemi ? Voulez-vous faire paraître votre

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n puissance sur une feuille qui se meut à tout vent , » et poursuivre une paille desséchée ? Vous avez écrit » les peines que vous réservez à mes péchés , et vous » voulez me perdre et m'anéantir à cause des erreurs » de ma jeunesse ! Vous avez enchaîné mes pieds ; » vous avez observé attentivement tous les sentiers de » ma vie , et vous avez considéré la trace de mes pas , » quoique }e ne sois que comme la pourriture qui se » consume, et comme un vêtement que les vers dé- » vorent. »

« L'homme né de la femme , n*a que peu de temps » à vivre , et néanmoins il est rempli de beaucoup de » misères : il paraît comme une fleur qui se flétrit en » un instant ; il fuit comme l'ombre , et jamais il ne » demeure dans un même état : et quoiqu'il soit si » peu de chose , vous n'estimez pas indigne de votre » grandeur d'arrêter sur lui vos yeux , et d'entrer » avec lui en jugement ! Quel autre que vous seul , » mon Dieu , peut purifier une créature conçue dans B le péché ? )) Surpris et étonné de la sévérité que la justice divine exerce contre une misérable et faible créature , si portée à toutes sortes de vices et de péchés , Job proférait ces redoutables paroles. Si Dieu usait de cette rigueur envers les anges , ces intelligences si pures, cela semblerait moins étrange ; mais qu'il l'exerce contre les hommes , dont les mauvaises inclinations sont sans nombre , et qu'avec cela sa justice demande un compte si exact de toute notre vie , qu'elle ne laisse pas une parole oisive , ni un moment mal employé sans l'examiner ; n'est-ce pas une chose qui doit surpasser toute l'admiration dont nos esprits sont capables ?Qui ne sera point étonné aprùs

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